scène, amené par Capi. Si j'avais oublié mon rôle
le chien me l'aurait rappelé. Au moment voulu, il
me tendit la patte et m'introduisit auprès du général.
Celui-ci, en m'apercevant, leva les deux bras d'un
lo air désolé. Eh quoi! c'était là le domestique qu'on
lui présentait? Puis il vint me regarder sous le nez
et tourner autour de moi en haussant les épaules.
Sa mine fut si drolatique que tout le monde éclata de rire: on avait compris qu'il me prenait pour un is parfait imbécile; et c'était aussi le sentiment des spectateurs.
La pièce était, bien entendu, bâtie pour montrer cette imbécilité sous toutes les faces; dans chaque scène je devais faire quelque balourdise nouvelle, 20 tandis que Joli-CœUr, au contraire, devait trouver une occasion pour développer son intelligence et son adresse.
Après m'avoir examiné longuement, le général, pris de pitié, me faisait servir à déjeuner. 25 — Le général croit que quand ce garçon aura mangé il sera moins bête, disait Vitalis, nous allons voir cela.
Et je m'asseyais devant une petite table sur laquelle le couvert était mis, une serviette posée sur 30 mon assiette.
il S êpasjâte, b seneral, e il komàset a rule da groz j0 kom kelkœ ki va^s metr â koleir, il sa morde le leivr e frape la teir dy pje.
o trwazjem ku^d pje, 5a dvez âtre â S
S8:n, amne par kapi. si 3 avez ublije mô rotl, I9 Sjê m 1 ore raple. o momà vuly, il ma tàdi la pat e m êtrodqizit opre dy seneral.
salqi si, â m apersavâ, lava le d0 bra d œn eir dezole. e kwa! s ete la la domestik ko 10
Iqi prezâte? pqiz il vê m ragarde suj ne e turne otuir da mwa â osa lez epoil.
sa min fy si drolatik ka tii l môid eklata d ri:r. on ave kôpri k il ma prane pur œ parfet êbesil; e s etet osi l sâtimâ de 15
spektatœir.
la pjes ete, bjên âtâdy, bâti pur môtre set êbesilite su tut le fas; dà Sak sem sa^dve feir kelka balurdiiz nuvel, tàdLk 3oli kœir, o kôtreir, dave truve 2on
yn okazjô pur devbpe son êtelisâis e son adres.
âpre m avwair egzamine lôigmâ, la seneral, pri 4 pitje, ma faze serviir a de50ne.
— la seneral krwa ka kâ s garsô ora 25
mâ^e il sra mwê be:t, dize vitalis, nuz alô vwair sla.
e 5 m aseje davât yn patit taibl syr lakel la kuveir ete mi, yn servjet poze syr mon asjet. 3°
46 A FRENCH READEB
Que faire de cette serviette?
Capi m'indiquait que je devais m'en servir.
Après avoir bien cherché, je me mouchai dedans.
Là-dessus le général se tordit de rire, et Capi S tomba les quatre pattes en l'air, renversé par ma stupidité.
Voyant que je me trompais, je contemplais de nouveau la serviette, me demandant comment l'employer, lo Enfin une idée m'arriva; je roulai la serviette et m'en fis une cravate.
Nouveaux rires du général, nouvelle chute de Capi.
Ainsi de suite, jusqu'au moment où le général exaspéré m'arracha de ma chaise, s'assit à ma place 15 et mangea le déjeuner qui m'était destiné.
Ah! il savait se servir d'une serviette, le général. Avec quelle grâce il la passa dans une boutonnière de son uniforme et l'étala sur ses genoux. Avec quelle élégance il cassa son pain, et vida son verre! 20 Mais où ses belles manières produisirent un effet irrésistible, ce fut lorsque, le déjeuner terminé, il demanda un cure-dent et le passa rapidement entre ses dents.
Les applaudissements éclatèrent de tous les côtés 25 et la représentation s'acheva dans un triomphe.
Comme le singe était intelligent ! comme le domestique était bête!
En revenant à notre auberge, Vitalis me fit ce compliment, et j'étais déjà si bien comédien, que je 30 fus fier de cet éloge.
ka feir d9 set servjet?
kapi m êdike k9 5 dave m à serviir.
aprez avwair bjê Ser^e, 59 ma muSe^ddà.
la^^sy I9 5eneral sa tardLd riir, e kapi tôba le kat pat â 1 eir, râverse par ma 5
stypidite.
vwajôji 5a,jïi trôpe, 5a kôtàple^d nuvo la servjet, ma^dmàdà komà 1 âplwaje.
âfê yn ide m ariva; 5a rule la servjet e 10
m â fiz yn kravat.
nuvo riir dy seneral, nuvel Syt da kapi.
èsi^d sqit, 5ysk o momâ uj 5eneral egzaspere m ara^a^d ma $e:z, s asit a ma plas e mà5a l de50ne ki m ete destine. 15
a:! il save s serviir d yn servjet, la seneral. avek kel grais il la pasa dâz yn butanjeir da son ynifann e 1 étala syr se 3nu. avek kel elegâis il kasa sô pë, e vida sô veir!
mez u se bel manje:r pradqiziirt œn efe 20
irrezistibl, sa fy brska, la de30ne termine, il damâda œ kyir dâ e l pasa rapidmât âtra se dâ.
lez aplodismâ eklateir da tu le kote e la^rprezàtasjô s aS^îa dâz œ trijôrf. 25
kom la se 15 etet èteli5â! kom la domestik ete be:t!
â ravnât a natr obers, vitalis ma fi^ kôplimâ, e 3 ete desa si bjê komedjê, ka^^ fy fjeir da set eb:3. 30
48 A FKENCH READER
Vitalis a été condamné à la prison pour avoir défendu Rémi contre les brutalités d'un agent de police. Rémi reste seul avec les chiens et Joli-Cœur. Il ne peut pas jouer dans les villes parce qu'il n'a pas la 5 permission de la police et il n'a plus un sou pour acheter du pain pour sa troupe. Zerbino, tenté par la faim, vole un morceau de viande dans une maison et se sauve.
Ma situation devenait critique: si je m'en allais/ lo Zerbino pouvait très bien se perdre et ne pas nous rejoindre; si je restais, je ne trouvais pas l'occasion de gagner quelques sous et de manger.
Et précisément le besoin de manger devenait de
plus en plus impérieux. Les yeux des chiens s'at-
15 tachaient sur les miens désespérément et Joli-Cœur
se brossait le ventre en poussant des petits cris de
colère.
Que faire?
Il fallait inventer quelque chose qui pût nous oc- 2o cuper tous les quatre et nous distraire.
Si nous pouvions oublier que nous avions faim, nous aurions assurément moins faim pendant ces heures d'oubli.
A quoi nous occuper?
25 Comme j'examinais cette question, je me souvins que Vitalis m'avait dit qu'à la guerre quand un régi-
1 si je partais.
â bato
vitalis a ete kôdane a la prizô pur avwair defâdy remi kôtra le brytalite d œn asô^d polis, remi resta sœl avek le Sje e soli kœir. il na p0 pa 5we dà le vil pars k il n a pa la permisjô^d la polis e il n a plyz œ su pur S
a^te dy pê pur sa trup. zerbino, tâte par la fè, vol œ morso^d vjàid dàz yn mezô e
S9 SOÎV.
ma sitqasjô dovne kritik. si 5 m un aie, zerbino puve trc bjê s perdr e n pa lo
nuj'swêidr; si^5 reste, 30 Ji truve pa 1 okazjô do gajie kelko su e d mà^e.
e presizemâ lo bazwê^d mà*,e dovne do plyz 5 plyz êperj0. lez j0 de 5jê s ata^e syr le mjê dezesperemâ e soli kœir 15
sa brosej vâitr â pusâ de pti kri^d koleir.
ko feir?
il falet êvâte kelko So:z ki py nuz okype tu le katr e nu distreir. 20
si nu puvjôz ublije k nuz avjô fê, nuz orjôz asyremâ mwê fê pàdà sez ce:r d ubli.
a kwa nuz okype?
kom 3 egzamine set kestjô, 50 jn suvê 25
ko vitalis m ave di k a la geir kât œ resimâ
ment était fatigué par une longue marche, on faisait jouer la musique, si bien qu'en entendant des airs joyeux, les soldats oubliaient leurs fatigues.
Si je jouais un air gai, peut-être oublierions-nous 5 tous notre faim; en tous cas, si j'étais occupé à jouer et les chiens à danser avec Joli-Cœur, le temps passerait plus vite pour nous.
Je pris ma harpe, .qui était posée contre im arbre, et tournant le dos au canal, après avoir mis mes
lo comédiens en position, je' commençai à jouer un air de danse, puis après une valse. -^''^'- -
Tout d'abord mes acteurs ne semblaient pas très disposés à la danse, il était évident qu'un morceau de pain leur eût été plus agréable, mais peu à peu ils
15 s'animèrent, la musique produisit son effet obligé, nous oubliâmes tous le morceau de pain que nous n'avions pas et nous ne pensâmes plus qu'à jouer et qu'à danser.
Tout à coup j'entendis une voix claire, une voix
20 d'enfant crier: «bravo!» Cette voix venait de derrière moi. Je me retournai vivement.
Un bateau était arrêté sur le canal; les deux chevaux qui le traînaient avaient fait halte sur la rive opposée.
25 C'était un singulier bateau, beaucoup plus court que ceux qui servent ordinairement à la navigation sur les canaux, et au-dessus de son pont était construite une sorte de galerie vitrée; à l'avant de cette galerie se trouvait une véranda ombragée par des
30 plantes grimpantes; sous cette véranda j'aperçus
ete fatige par yn lô:g mar^, ô fgze
3we la myzik, si bjè k an àtàdâ dez eir
3waj0, le solda ublije lœr fatig.
si 38 3wez œn eir ge, p0t ejtr ublirjô nu tus notra fè; â tu ka, si 5 etez okype a 3we s
e le Sjê a dâse avek 30!! kœir, la ta pasre ply vit pur nu.
59 pri ma arp, ki ete poze kôitr ôën arbr, e turnôj do o kanal, aprez avwair mi me komedjê â pozisjô, 39 komâse a 3we ôén e:r 10
d9 dàîs, pqiz âpre yn vais.
tu d aboir mez aktœir ng sable pa tre dispoze a la dâis, il etet evidâ k œ morso^d pê lœr yt ete plyz agreaibl, me p0 a p0 il s animeir, la myzik prodi^izi son efe obli3e, 15
nuz ublijam tus la morso(^ pê k9 nu n avjô pa e nu^ pàsam ply k a 3we e k a dâse.
tut a ku 3 âtâdiz yn wva kleir, yn vwa d âfâ krije: «bravo!» set vwa vne d9 derjeir 20 mwa. 39 jn r9turne vivmâ.
œ bato etet arête syr I9 kanal; le d0 Sfo kLl trene ave fe ait syr la riiv opoze.
s etet œ sêgylje bato, boku ply ku:r 25
ka s0 ki serv ordinermâ a la navigasjô syr le kano, e o dgsy^^ sô pô ete kôstnjit yn sort dg galri vitre; a 1 avâ 4 set galri S9 truvet yn veràda ôbrase par de plâ:t grêpâit; su set veràda 5 apersy 30
deux personnes: une dame jeune encore, à l'air noble et mélancolique, qui se tenait debout, et un enfant, un garçon à peu près de mon âge qui me parut couché.
S C'était cet enfant sans doute qui avait crié «bravo.»
Remis de ma surprise je soulevai mon chapeau afin de remercier celui qui m'avait applaudi.
— C'est pour votre plaisir que vous jouez? me 10 demanda la dame, parlant avec un accent étranger.
— C'est pour faire travailler mes comédiens et aussi . . . pour me distraire.
L'enfant fit un signe et la dame se pencha vers 15 lui.
— Voulez-vous jouer encore? me demanda la dame en relevant la tête.
Si je voulais jouer! Jouer pour un public qui m'arrivait si à propos! Je ne me fis pas prier. 2o — Voulez-vous une danse ou une comédie? dis-je.
— Oh! une comédie! s'écria l'enfant.
jMais la dame interrompit pour dire qu'elle préférait une danse.
En réfléchissant, j'étais bien aise qu'on eût refusé
25 la comédie, car j'aurais été assez embarrassé pour
organiser la représentation, d'abord parce que Zer-
bino me manquait et aussi parce que je n'avais pas
les costumes et les accessoires nécessaires.
Je repris donc ma harpe et je conmiençai à jouer 30 une valse; aussitôt Capi entoura la taille de Dolce
d0 person: yn dam 3œn ôkoir, a 1 esr nobl e melàkolik, ki^s tane^dbu, e œn âfâ, œ garsô a p0 pre^d mon 0:3 kijn pary ku^e.
s ete set âfâ sa dut ki ave krije S
«bravo.»
rami^d ma syrpriiz 3a suive mô Sapo afê^d ramersje salqi ki m avet aplodi.
— se pur votra pleziir ka vu 5we?
m9 dmâda la dam, parlât avek ôén aksâ 10 etrâ3e.
— se pur fe:r travaje me komedjè e osi . . . pur ma distreir.
1 âfâ fit œ siji e la dam sa pâ^a veir Iqi. iS
— vule vu 3we âkoir? ma^dmâda la dam â ralvâ la te:t.
si 3 vule 3we! 3we pur œ pyblik ki m arive si a prapo! 3a n ma fi pa prije.
— vule vu yn dâ:s u yn kamedi? di!3. 20
— Oî! yn komedi! s ekrija 1 âfâ.
me la dam èterôpi pur di:r k el preferet yn dois.
â refle^isâ, 3 ete bjên eiz k on y^rfyze la kamedi, kair 3 arez ete asez âbarase pur 25
organize la rprezâtasjô, d abair pars ka zerbino ma mâke e osi pars ka 3 n ave pa le kastym e lez akseswair nesesejr.
59 rapri dô ma arp e 5 kamâse a 3we yn vais; osito kapi âtura la taij da dais 3©
avec ses deux pattes et ils se mirent à tourner en mesure. Puis Joli-Cœur dansa un pas seul. Puis successivement nous passâmes en revue tout notre répertoire. Nous ne sentions pas la fatigue. Mes S comédiens avaient assurément compris qu'un dîner serait le paiement de leurs peines, et ils ne s'épargnaient pas.
Tout à coup, au milieu d'un de mes exercices, je vis Zerbino sortir d'un buisson, et quand ses camalo rades passèrent près de lui, il se plaça effrontément au milieu d'eux et prit son rôle.
Tout en jouant et en surveillant mes comédiens, je regardais de temps en temps le jeune garçon, et, chose étrange, il ne bougeait pas: il restait couché, 15 allongé, dans une immobilité complète.
Êtait-il paralysé? il semblait qu'il était attaché sur une planche.
Insensiblement le vent avait poussé le bateau contre la berge sur laquelle je me trouvais et je 20 voyais maintenant l'enfant comme si j'avais été sur le bateau même près de lui : il était blond de cheveux, son visage était pâle, son expression était la douceur et la tristesse avec quelque chose de maladif.
— Combien faites-vous payer les places à votre 25 théâtre? me demanda la dame.
— On paye selon le plaisir qu'on a éprouvé.
— Alors, maman, il faut payer très cher, dit l'enfajit.
Puis il ajouta quelques paroles dans une langue 30 que je ne comprenais pas.
avek se d0 pat e il sa miirt a turne
cLmzyir. pqi 3oli kœir dâsa œ pa sœl. pqi
syksesivmâ nu pasaraz ô^^'y tu notra
repertwair. nu^n sàtjô pa la fatig. me
komedjê avet asyremâ kôpri k œ dine S
srej pemâ do lœr pein, e il no s eparjie
tut a ku, o milj0 d œ^d mez egzersis, 5a vi zerbino sortiir d œ bqisô, e kâ se kamarad paseir pre^d Iqi, il sa plasa efrôtemâ 10
0 milj0 d 0 e pri sô roil.
tut à 5wà e â syrvejâ me komedjê, Sa^garde da tâz à ta la 5œn garsô, e, Soiz etrâi5, il no buse pa: il reste ku^e, alôse, dàz yn immobilité kôplet. 15
etet il paralize? il sable k il etet ata^e syr yn plài^.
êsâsiblomâ la va ave puse l bato kôtra la ber5 syr lakel 5a m truve e 5 vwaje mêtnâ 1 âfâ kom si 5 avez ete syr 20
la bato meim pre^d Iqi: il ete blô^d S9V0, sô viza!5 ete pa:l, son ekspresjô ete la dusœir e la tristes avek kelka Soiz da maladif.
— kôbjê fet vu peje le plas a votra
teaitr? ma^dmùda la dam. 25
— ô pe salôj pleziir k on a epruve.
— alojr, mâmà, il fo peje tre Se:r, di
1 âfâ.
pqiz il asuta kelka paroi dàz yn làig ka 3a n kôprane pa. 30
— Arthur voudrait voir vos acteurs de plus près, me dit la dame.
Je fis un signe à Capi, qui prenant son élan, sauta dans le bateau. S — Et les autres? cria Arthur.
Zerbino et Dolce suivirent leur camarade.
— Et le singe !
Joli-Cœur aurait facilement fait le saut, mais je n'étais jamais sûr de lui.
lo — Est-il méchant? demanda la dame.
— Non, mais il n'est pas toujours obéissant et j'ai peur qu'il ne se conduise pas convenablement.
— Eh bien! embarquez avec lui.
Disant cela, elle fit signe à un homme qui se 15 tenait à l'arrière, et aussitôt cet homme passant à l'avant jeta une planche sur la berge.
C'était un pont. Il me permit d'embarquer sans risquer le saut périlleux, et j'entrai dans le bateau gravement, ma harpe sur l'épaule et Joli-Cœur dans 20 ma main.
— Le singe! le singe! s'écria Arthur.
Je m'approchai de l'enfant, et, tandis qu'il flattait et caressait Joli-Cœur, je pus l'examiner à loisir.
Chose surprenante, il était bien véritablement 25 attaché sur une planche, comme je l'avais cru tout d'abord.
— Vous avez un père, n'est-ce pas, mon enfant? me demanda la dame.
— Oui, mais je suis seul en ce moment. 30 — Pour longtemps?
— artyir vudre vwair voz aktœir da ply pre, ma di la dam.
38 fiz œ siji a kapi, ki pranâ son elâ, sota dôj bato.
— e lez o!tr? krija artyir. S zerbino e dois sqiviir lœr kamarad.
— ej sê!3!
3oli kœir ore fasilmà fej so, m8^3 n ete 3am8 syir da Iqi.
— et il me^â? damàda la dam. lo
— nô, mez il n e pa tu5uir obeisâ e
3 e pœir k il na^s kôdiiiiz pa kôvnablamâ.
— e bjê! abarke avek Iqi.
dizâ sla, el fi siji a œn om ki^s tonet a 1 arjeir, e osito set om posât a iS
1 avâ 39ta yn plâiS syr la ber3.
s etet œ pô. il ma permi d âbarke sa riskej so perij0, e 3 âtre dàJL bato gravmâ, ma arpa syr 1 epoil e 3oli kœir dû ma mê. 20
— lo sêi3! lo 8613! s ekrija artyir.
30 m aproÇe^d 1 âfâ, e tâdi k il flate e karese 3oli kœ:r, 30 py 1 egzamine a Iwaziir.
Soîz syrpronâit, il ete bjê veritablomâ ata^e syr yn plâiS, kom 30 1 ave kry tu 25
d abosr.
— vuz avez œ peir, n e^s pa, mon ôfâ? mo^dmâda la dam.
— wi, me 30 sqi soel â s momâ.
— pur lôtâ? 30
— Pour deux mois.
— Deux mois ! Oh ! mon pauvre petit ! comment seul ainsi pour si longtemps à votre âge !
— Il le faut bien/ madame!
S — Votre maître vous oblige sans doute à lui rapporter une somme d'argent au bout de ces deux mois?
— Non, madame; il ne m'oblige à rien. Pourvu que je trouve à vivre avec ma troupe, cela suffit.
lo — Et vous avez trouvé à vivre jusqu'à ce jour? J'hésitai avant de répondre: je n'avais jamais vu une dame qui m'inspirât un sentiment de respect comme celle qui m'interrogeait. Cependant elle me parlait avec tant de bonté, sa voix était si douce, 15 son regard était si affable, si encourageant, que je me décidai à dire la vérité.
Je lui racontai donc comment j'avais dû me séparer de Vitalis, condamné à la prison pour m'avoir défendu, et comment depuis que j'avais quitté 20 Toulouse je n'avais pas pu gagner un sou.
Pendant que je parlais, Arthur jouait avec les chiens, mais cependant il écoutait et entendait ce que je disais.
— Comme vous devez tous avoir faim ! s'écria- 25 t-il.
A ce mot, qu'ils connaissaient bien, les chiens se mirent à aboyer et Joli-Cœur se frotta le ventre avec frénésie.
— Oh ! maman, dit Arthur.
30 La dame comprit cet appel : elle dit quelques mots 1 C'est nécessaire.
— pur d0 mwa.
— d0 mwa! o:! mô povra pati! komâ sœl êsi pur si lôtâ a votr 015!
— il b fo bjê, madam!
— votr9 meitr vuz obli:5 sa dut a Iqi S raporte yn som d ar^à o bu^d se d0
mwa?
— nô, madara; il na m obli!5 a rje. purvy ka^S truîv a viivr avek ma trup, sla syfi.
— e vuz ave truve a vi:vr 53'sk a sa suir? 10 5 ezite avcLd repôidr: 5a n ave 5ame vy
yn dam ki m êspira œ sàtimcL-d respe
kom sel ki m êterase. sapàdà el ma
parle avek tô^d bôite, sa v\\'a ete si dus,
sô^gair ete si afa:bl, si âkura5â, ka^3 15
ma deside a di:r la vérité.
5a Iqi rakôte dô kamâ 5 ave dy m separe^d vitalis, kôdane a la prizô pur m avwair defâdy, e komâ dapqijc 3 ave kite tuluiz 3a n ave pa py gajie ce su. 20
pàdâ k 3a parle, artyir 3wet avek le Sjê, me sapàdà il ekute e àtàde^s ka 3 dize.
— kom vu^dve tus avwair fê! s ekrija
t il. 2s
a sa mo, k il konese bjê, le $jè sa mi:rt a abwaje e 3oli kœ:r sa frota^l vôitr avek frenezi.
— oî! mâmâ, dit artyir.
la dam kôpri set apel: el di kelka mo 30
60 A FEENCH READER
en langue étrangère à une femme qui montrait sa tête dans une porte entr'ouverte et presque aussitôt cette femme apporta une petite table servie.
— Asseyez-vous, mon enfant, me dit la dame.
S Je ne me fis pas prier, je posai ma harpe et m'assis vivement devant la table; les chiens se rangèrent aussitôt autour de moi et Joli-Cœur prit place sur mon genou.
— Vos chiens mangent-ils du pain? me demanda lo Arthur.
S'ils mangeaient du pain! Je leur en donnai à chacun un morceau qu'ils dévorèrent.
— Et le singe? dit Arthur.
Mais il n'y avait pas besoin de s'occuper de Joli- 15 Cœur, car tandis que je servais les chiens, il s'était emparé d'un morceau de croûte de pâté avec lequel il était en train de s'étouffer sous la table.
A mon tour, je pris une tranche de pâté, et si je ne m'étouffai pas comme Joli-Cœur, je dévorai au 20 moins aussi gloutonnement que lui.
— Pauvre enfant! disait la dame en emplissant mon verre.
Quant à Arthur, il ne disait rien, mais il nous regardait les yeux écarquillés, émerveillé assurément 25 de notre appétit, car nous étions aussi voraces les uns que les autres.
— Et où auriez-vous dîné ce soir si nous ne nous étions pas rencontrés? demanda Arthur.
— Je crois bien que nous n'aurions pas dîné. 30 — Et demain où dînerez-vous?
5 lâig etrâ58ir a yn fam ki môtre sa te:t dâz yn port âtruvert e presk osito set fam aporta yn patit taibla servi.
— as8Je vu, mon àfâ, ma di la dam.
3a^ ma fi pa prije, 5a poze ma arp e m asi s vivmâ davâ la ta:bl; le Sjê^s râ58:r osito otuir da mwa e 5oli kœ:r pri plas syr mô 3nu.
— vo Sjê mâist il dy pê? mo dmâda
artyir. lo
s il mà58 dy pê! 3a lœr à done a $akœn œ morse k il devoreir.
— ej sê:3? dit artyir.
mez il n j av8 pa bazwë da s ok^^pe^d 5oli kœir, kair tâdi ka 5 serve le Sje, il s etet 15
âpare d œ morso^d krut da pâte avek lakel il etet â tre^^ s etufe su la taibl.
a mô tuir 3a priz yn trà:S da pâte, e si 5a n m etufe pa kom 5oli kœ:r, 30 dévore o mwê osi glutonmàjc li^i. 20
— posvT âfâ! dize la dam an âplisâ mô veir.
kat a artyir, il na dize rjè, mez il nu^garde lez j0z ekarkije, emen^je asyremà da notr apeti, kair nuz etjôz osi voras lez 25
œ k lez o:tr.
— eu orje vu dine sa swair si nu n nuz etjô pa rôkôtre? damàda artyir.
— 3a krwa bjê k nu n orjô pa dine.
— e^dmê u dinre vu? 30
— Peut-être demain aurons-nous la chance de faire une bonne rencontre comme aujourd'hui.
Sans continuer de s'entretenir avec moi, Arthur
se tourna vers sa mère, et une longue conversation
S s'engagea entre eux dans la langue étrangère que
j'avais déjà entendue; il paraissait demander une
chose qu'elle n'était pas disposée à accorder ou tout
au moins contre laquelle elle soulevait des objections.
Tout à coup il tourna de nouveau sa tête vers
lo moi, car son corps ne bougeait pas,
— Voulez-vous rester avec nous? dit-il.
Je le regardai sans répondre, tant cette question me prit à l'improviste.
— ]\Ion fils vous demande si vous voulez rester 15 avec nous.
— Sur ce bateau!
— Oui, sur ce bateau: mon fils est malade, les médecins ont ordonné de le tenir attaché sur une planche ainsi que vous voyez. Vous demeurerez
20 avec nous. Vos chiens et votre singe donneront des représentations pour Arthur qui sera leur public. Et vous, si vous le voulez bien, mon enfant, vous nous jouerez de la harpe. Ainsi vous nous rendrez service, et nous, de notre côté, nous vous serons
25 peut-être utiles. Vous n'aurez point chaque jour à trouver un public, ce qui pour un enfant de votre âge n'est pas toujours très facile.
En bateau! Je n'avais jamais été en bateau, et c'avait été mon grand désir. J'allais vivre en ba-
30 teau, sur l'eau, quel bonheur!
— p0t eitra damé orô nu la 5ô!S da feir yn bon ràkôitr kom 05urdqi.
sa kôtinqe d s àtratniir avek mwa, artyir S9 turna ve:r sa meir, e yn lô:g kôversasjô s ùgasa àtr 0 dâ la lâig etrâ58:r ka 5
5 ave de5a âtâdy; il parese^dmàde yn $o:z k el n ete pa dispoze a akorde u tut o mwê kôtra lakel el suive dez obseksjô.
tut a ku il turna da nuvo sa teit ver mwa, kar sô ko:r na bu5e pa. lo
— vule vu reste avek nu? dit il.
3aJ ragarde sa repôidr, ta set kestjô
ma prit a 1 êpravist.
— mô fis vu^dmâid si vu vule reste
avek nu. 15
— syr sa bato !
— wi, syr sa bato: mô fis e malaid, le metsê ôt ordone daj taniir ata^e syr yn plà:5 êsLk vu vwaje. vu damcerrez
avek nu. vo 5jê e votra sê:5 donrô 20
de^rprezâtasjô pur artyir ki sra lœr pyblik.
e vu, si vii^l vule bjè, mon âfâ, vu
nu 5ure d la arp. êsi vu nu rûdre
servis, e nu, da notra kote, nu vu srô
p0t e:tr ytil. vu n ore pwê Çak 5u:r a 25
truve œ pyblik, sa ki pur ôën cifô^d votr