‹ A French readerChapitre 8 sur 19 · n e pa tu3u:r tre fasil · texte numérisé non relu

n e pa tu3u:r tre fasil

â bato! 3a n ave 3amez ete â bato, e s avet ete mô grâ dezi:r. 3 aie ^-iivr à bato, syr 1 o, kel bonœir! 30

Je pris la main de la dame et la baisai.

Elle parut sensible à ce témoignage de reconnaissance et affectueusement, presque tendrement, elle me passa à plusieurs reprises la main sur le front. 5 — Pauvre petit ! dit-elle.

Alors je pris mon instrmnent et j'allai me placer tout à l'avant du bateau, puis je commençai à jouer.

Le bateau qui s'était éloigné de la berge commençait à filer sur les eaux tranquilles du canal, enlo traîné par les chevaux, et de chaque côté les arbres fuj'aient derrière nous éclairés par les rayons obliques du soleil couchant.

Rémi a maintenant douze ans. Vitalis est mort. Rémi et son ami, Mattia, parcoureîit la France avec 15 Capi, qui seul de tous les animaux de la troupe est encore vivant. Ils gagnent leur vie à jouer de la musique dans les rues.

Notre situation prospère m'inspira des idées ambitieuses.

20 Aller chez mère Barberin pour l'embrasser, c'était m'acquitter de ma dette de reconnaissance envers elle, mais c'était m'en acquitter bien petitement et à trop bon marché. Si je lui portais quelque chose? Maintenant que j'étais riche je lui devais un 25 cadeau.

Il y en avait un plus que tout qui la rendrait heu-

39 pri la mê d la dam e la beze.

cl pary sâsi:bl a^ temwajia:5 da^konesâis e afektii0ziiiâ, preska tàdramà, el ma pasa a plyzjœir ropriiz la mê syr lo frô.

— po!VT8 p3ti! dit el.

ab:r 39 pri mon êstrymâ e 5 ale^m plase tut a 1 avâ dy bato, pqi 59 komùse a 5we.

la bato ki s etct elwafie d la ber5 komàset a file syr lez o trâkil dy kanal, àtrene par Ie 5fo, e d9 ^ak kote lez arbra fqijc derjeir nu eklere par le rejôz oblik dy soleij kuSâ.

la vaS dy prê:s

remi a mêtnâ du:z à. vitalis e mo:r. remi e son ami, matja, parkuir la frais avek kapi, ki sœl d9 tu lez animo^d la trup et 15

âko:r vivâ. il gaji lœr vi a 5we d la myzik dà le ry.

notr9 sitijasjô prospeir m êspira dez ide âbisj0:z.

aie 5e meir barb9rê pur 1 âbrase, s ete 20

m akite d9 ma det da rkanesà:s àverz d, me s ete m cm akite bjè ptitmà e a tro bô mar^e. si 3 lui porte kelka 5o!z? mêtnô^k 3 ete ri^ 5a IqLdvez œ kado. 25

il j an avet œ ply ka tu ki la ràdret œr0!z;

reuse; non seulement dans l'heure présente, mais dans toute sa vieillesse — une vache pour remplacer la pauvre Roussette.

Quelle joie pour mère Barberin, si je pouvais lui 5 donner une vache, et aussi quelle joie pour moi! Avant d'arriver à Chavanon j'achèterais une vache et IMattia, la conduisant par la longe, la ferait entrer dans la cour de mère Barberin.

— IMadame Barberin, dirait Mattia, voici une lo vache que je vous amène.

— Une vache ! vous vous trompez, mon garçon.

— Non, madame, vous êtes bien madame Barberin de Chavanon? Eh bien! c'est chez madame Barberin que le prince (comme dans les contes de

15 fées) m'a dit de conduire cette vache qu'il vous offre.

— Quel prince?

Alors je paraîtrais et je me jetterais dans les bras de mère Barberin.

20 Quel beau rêve! Seulement pour le réaliser, il fallait pouvoir acheter une vache. Ce que je voulais ce n'était pas une trop grande, une trop grosse vache. D'abord parce que plus les vaches sont grosses, plus leur prix est élevé; puis ensuite, plus

25 les vaches sont grandes, plus il leur faut de nourriture, et je ne voulais pas que mon cadeau de\ant une cause d'embarras pour mère Barberin.

L'essentiel pour le moment, c'était donc de connaître le prix des vaches. La première fois que je

30 questionnai un bouvier, il me répondit en me riant

nô sœlmâ dà 1 œ:r prezâ:t, me

dd tut sa vjejes — yn va^ pur râplase

la poivro ruset.

kel 5wa pur me:r barbare, sLo puvc Iqi done yn vaS, e osi kel 5wa pur mwa! S

avâ d arive a ^avanô 5 a$etre yn va$ e matja, la kôdqizà par la 10:5, la fret àtre dâ la kuir da meir barbare.

— madam barbare, dire matja, vwsisi jm

va5 ka 5 vuz amem. 10

— yn vaS ! vu vu trôpe, mô garsô.

— nô, madam, vuz et bjê madam barbare da 5avanô? e bjê! s e Se madam

barbare ka la prêis (kom dû le kô:t da

fe) m a dLd kôdqiir set va$ k il vuz 15

ofr.

— kel prêts?

aloir 59 paretre e 3a ja 3etre dû le bra^d meir barbare.

kel bo reiv! sœlmâ pur la realize, il 20

fale puvwair a^te yn vaS. sa ka 5 vule sa n ete paz yn tro grâ;d, yn tro grois va^. d aboir pars ka ply le va5 sô grois, ply lœr pri et elve; pqiz âsqit, ply le va5 s5 grôid, plyz il lœr fo d nurityir, 25

e 59^ vule pcL,k mô kado davêt yn koiz d âbara pur meir barbare.

1 esâsjel pur la momâ, s ete dô da koneitra la pri de va^. la pramjeir fwa ka§ kestjone <3b buvje, il ma repôdi ô ma rjût 30

au nez. Mais je ne me laissai pas décourager, et à la fin, il voulut bien me répondre et même entrer en discussion avec moi.

Il avait justement mon affaire, une vache douce, 5 donnant beaucoup de lait, un lait qui était une crème, et ne mangeant presque pas; pour cent cinquante francs, la vache était à moi.

Cent cinquante francs, j'étais loin d'avoir une si

grosse somme.

lo Était-il impossible de la gagner? Il me sembla

que non,i et que si la chance de nos premiers jours

nous accompagnait, je pourrais, sou à sou, réunir

ces cent cinquante francs. Seulement il faudrait

du temps.

15 Le résultat de notre campagne fut vraiment merveilleux; toutes nos dépenses payées, nous eûmes assez vite gagné soixante-huit francs.

Soixante-huit francs et cent quarante-six que nous avions déjà, cela faisait deux cent quatorze francs.

20 L'heure était venue de nous diriger sans plus tarder vers Chavanon en passant par Ussel, où devait se tenir une foire importante pour les bestiaux. Une foire, c'était notre affaire; nous allions pouvoir acheter enfin cette fameuse vache dont nous par-

25 lions si souvent et pour laquelle nous avions tant économisé.

Notre vache serait blanche, c'était le souhait de Mattia; elle serait rousse, c'était le mien, en souvenir de notre pauvre Roussette; elle serait douce.

■* H me sembla que ce n'était pas impossible.

0 ne. me 39 n m9 lèse pa dekurase, e a la fè, il vuly bjê^m repôidr e meim àtre â diskysjô avek mwa.

il ave- systamâ mon afeir, yn vaS dus, donâ boku^d le, œ le ki etet yn 5

kreim, e ji mâ3â preska pa; pur sa sèkàit frâ la va$ etet a mwa.

sa sëkâit frâ, 3 ete Iwê d avwair yn si groîs som.

etet il èposibla da la gajie? il ma sabla 10

ka nô, e ka si la ^âis da no pramje 3Uîr nuz akôpajie, 5a pure, su a su, reyniir se sa sêkâjt frâ. sœlmâ il fodre

dy ta.

la rezylta da notra kâpaji fy vremâ 15

mervej0; tut no depâis peje, nuz ymz ase vit gajie swasàit v\i frâ.

swasâît i(i frâ e sa karâit sis ka nuz avjô de^SL, sla faze d0 sa katorza frâ.

1 œir ete vny da nu diri3e sa ply tarde 20 veir Savanô 5 pasâ par y sel, u dave s

taniir yn fwair êportâit pur le bcstjo. yn

fwa:r, s ete notr afeir; nuz aljô puvwa:r

a^te ôfè set fam0iz vaS dô nu parljô

si suvâ e pur lakel nuz avjô tât 25

ekonomize.

notra vaÇ sare blâiS, s ete la swe^^d matja; el sare rus, s ete l mjê, â suvniir da notra poivra ruset; el sare dus,

70 A FKENCH READER

elle donnerait beaucoup de lait, tout cela était superbe et charmant.

Mais, comment la choisir? Je ne savais pas à quels signes on reconnaît une bonne vache, et Mattia 5 était aussi ignorant que moi.

Ce qui redoublait notre inquiétude c'étaient les histoires singulières dont nous avions entendu le récit dans les auberges. Un paysan achète à la foire une vache qui a une queue magnifique; il rentre chez

lo lui triomphant; le lendemain matin il va la voir,

elle n'a plus de queue du tout; celle qui pendait

derrière elle si noblement était une queue postiche.

Un autre en achète une qui a des cornes fausses.

Parmi les histoires qui nous avaient été contées,

15 il y en avait une dans laquelle un vétérinaire jouait un rôle terrible, du moins à l'égard du marchand de vaches. Si nous prenions un vétérinaire pour nous aider, sans doute cela nous serait une dépense, mais combien cela nous rassurerait!

20 Nous nous arrêtâmes à ce parti, et nous continuâmes gaiement notre route. La distance n'est pas longue du Mont-Dore à Ussel; nous mîmes deux jours à faire la route et nous arrivâmes de bonn« heure.

25 Après avoir déposé nos sacs et nos instruments à

l'auberge, nous nous mîmes à la recherche d'un

vétérinaire. Quand celui-ci eut entendu notre

demande, il commença par nous rire au nez.

— Mais il n'y a pas de vaches savantes dana le

30 pays, dit-il.

el donre boku„d le, tu sla ete sjqDerb e Samià.

me, komà la Swaziir? 59 n save paz a kel siji ô^rkonet yn bon va$, e matja etet osi ijiDrô^k mwa. S

sa ki rduble notr èkjetj'd s ete lez istwair sègyljesr dô nuz avjôz âtàdy l resi dâ lez ober5. œ pejizà a^et a la fwair yn va$ ki a yn k0 majiifik; il râitra $6 \\\\ trijôfà; la làdmê maté il va la vwair, lo

el n a ply d k0 dy tu; sel ki pàde derjeir el si nobbmâ etet yn k0 posti^. œn o:tr an a^et yn ki a de korna fois.

parmi lez istwair ki nuz avet ete kôte, il j ân avet yn dà lakel œ veterineir 5wet 15

œ roîl teribl, dy mwê a 1 egair dy mar$â d vaÇ. si nu pranjôz œ veterineir pur nuz ede, sa dut sla nu sret yn depàis, me kôbjê sla nu rasjTre!

nu nuz aretaimz a s parti, e nu kôtinqam 20

gemà notra rut. la distàis n e pa lô:g dy mô doir a ysel; nu mim d0 3u:r a fe:r la rut e nuz arivam da bon œir.

aprez avwair depoze no sak e noz êstrymâ a 25 1 ober3, nu nu mimz a la^r^er^ d œ veterineir. kà salqi si yt àtcidy notra damâid, il komàsa par nu ri;r o ne.

— mez il n j a po^d va5 savait dàJL peji, dit il. 3°

— Ce n'est pas une vache qui sache faire des tours qu'il nous faut, c'en est une qui donne du bon lait.

— Et qui ait une vraie queue, ajouta Mattia, que 5 l'idée d'une queue collée tourmentait beaucoup.

— Enfin, monsieur le vétérinaire, nous venons vous demander de nous aider de votre science pour nous empêcher d'être volés par les marchands de vaches.

ïo — Et pourquoi diable voulez-vous une vache? demanda le vétérinaire.

En quelques mots je lui expliquai ce que je voulais faire de cette vache.

— Vous êtes de bons garçons, dit-il; je vous ac- 15 compagnerai demain matin sur le champ de foire,

et je vous promets que la vache que je vous choisirai n'aura pas une queue postiche.

— Ni des cornes fausses? dit Mattia.

— Ce sera une belle et bonne vache; mais pour 20 acheter il faut être en état de payer.

Sans répondre, je dénouai un mouchoir dans lequel était enfermé notre trésor.

— C'est parfait; venez me prendre demain matin à sept heures.

25 — Et combien vous devrons-nous, monsieur le vétérinaire?

— Rien du tout; est-ce que je veux prendre de l'argent à de bons enfants comme vous?

Je ne savais comment remercier ce brave homme.

— S8 n e paz yn vaS ki saS feir de tuir k il nu fo, s an et yn ki don dy bô le.

— e ki et yn vre k0, asuta matja, ka

1 ide d yn k0 kole turmâte boku. S

— âfê, m8SJ0 l veterineir, nu^vnô vu^dmâde da nuz ede d votra sjâis pur nuz àpe^e d etra vole par le marScL.d vaS.

— e purkwa djaibl vule vuz yn vaS? lo domàdaj veterineir.

â kelka mo 5a Iqi eksplike sa ka 5 vule fe;r da set va^.

— vuz et da bô garsô, dit il; 3a vuz akôpajire damé mate syr la Sck d fwair, 15 e 5 vu prome ka la vaS ka^3 vu Swazire

n ora paz yn k0 posti$.

— ni de korna fois? di matja.

— sa sra yn bel e bon vaS,; me pur

a^te il fot eitr an eta^d peje. 20

sa repôidr, 3a denwe œ mu^wair dôjkel etet âferme notra trezoïr.

— separfe; vane m pràidr demê maté a set œir.

— e kôbjê vu davrô nu, masj0 l 25 veterineir?

— rjê dy tu; es ka 3 v0 prâidra da 1 ar3â a da bôz âfâ kom vu?

3a^n save komâ ramersje sa braiv om.

Le lendemain matin, après une demi-heure de promenade nous avions trouvé dix-sept vaches qui nous convenaient tout à fait, celle-ci pour une qualité, celle-là pour une autre; trois parce qu'elles S étaient rousses, deux parce qu'elles étaient blanches: ce qui, bien entendu, souleva une discussion entre Mattia et moi.

A sept heures nous trouvâmes le vétérinaire qui nous attendait, et nous revînmes avec lui au champ lo de foire en lui expliquant de nouveau quelles qualités nous exigions dans la vache que nous allions acheter.

Elles se résumaient en deux mots: donner beaucoup de lait et manger peu.

15 — En voici une qui doit être bonne, dit Mattia en désignant une vache blanche.

— Je crois que celle-là est meilleure, dis-je en montrant une vache rousse.

Le vétérinaire nous mit d'accord en ne s'arrêtant

20 ni à l'une ni à l'autre, mais en allant à une troisième.

C'était une petite vache, rouge de poil, avec les

oreilles et les joues brunes, les yeux bordés de noir,

et un cercle blanc autour du mufle.

— Voilà une vache qui est justement ce qu'il 25 vous faut, dit-il.

Un paysan la tenait par la longe; le vétérinaire lui demanda combien il voulait vendre sa vache.

— Trois cents francs.

Alors une discussion s'engagea. Le vétérinaire 30 offrit 150 francs; le paysan diminua dix francs.

la lâdmê maté, aprez yn dami œ:r da promnad nuz avjô truve dis se va^ ki nu kôvne tut a fe, sel si pur yn kalite, sel la pur yn oitr; trwa par^s k elz ete rus, d0 par^s k elz ete blàiS: 5

sa ki, bjên âtàdy, sulva yn diskysjô âtra matja e mwa.

a set œir nu tnivam la veterineir ki nuz atàde, e nu ravêmz avek Iqi o Sô^di fwair â Iqi eksplikà da nuvo kel kalite ïo

nuz egzi5Jô dâ la vaS ka nuz aljôz aSte.

el sa rezymet à d0 mo: done boku d le e mà5e p0.

— à vwasi yn ki dwat etra bon, di matja 15 â dezijiàt yn vaS blâi^.

— 3a krwajc sel la e mejœir, di:5 â môtràt j'n va^ rus.

la veterineir nu mi d akoir ô^n s aretà ni a 1 yn ni a 1 oitr, mez an alàt a yn trwazjem. 20 s etet yn patit va$, rui5 da pwal, avek lez oreij e le 5U bryn, lez j0 borde^d nwair, e dé serkla blâ otur dy myfl.

— vwala j'n va5 ki e systamâ sa k il

vu fo, dit il. 25

ôé pejizâ la^tne par la lô!3; la veterineir Iqi dmâda kôbjën il vule vàidra sa va^.

— trwa sa frâ.

ab:r yn diskysjô s âgasa. la veterineir ofri sa sêkâit frâ; la pejizâ diminiia di frâ. 30

Le vétérinaire monta à 170; le paysan descendit à 280.

Enfin, de diminution en diminution, il arriva à

deux cent douze francs, mais il y resta. Pendant ce

S temps Mattia tournant derrière la vache lui avait

arraché un long poil à la queue et la vache lui avait

donné un coup de pied. Cela me décida.

— Va pour deux cent douze francs, dis-je, croyant tout fini.

lo Et j'étendis la main pour prendre la longe, mais le paysan ne me la céda pas.

— Vous avez apporté un licou? me dit-il; je vends la vache, je ne vends pas son licou.

Cependant, comme nous étions amis, il voulait 15 bien me céder le licou pour vingt sous, ce n'était pas cher.

Il nous fallait un licou pour conduire notre vache.

J'abandonnai les vingt sous, calculant qu'il nous en

resterait encore vingt. Je comptai donc les deux

2o cent treize francs et pour la deuxième fois j'étendis

la main.

— Où donc est votre longe? demanda le paysan. Je vous ai vendu le licou. Je ne vous ai pas vendu la longe.

25 La longe nous coûta vingt sous, nos derniers vingt sous, et la vache nous fut enfin livrée avec son licou et sa longe.

Nous avions une vache, mais nous n'avions plus un sou pour la nourrir et nous nourrir nous-mêmes.

io — Nous allons travailler, dit Mattia; les cafés

la veterineir môta a sa swasàit dis; b pejizâ desùdit a d0 sa katra vê.

àfê, da diminysjô â diminysjô, il ariva a d0 sa duz frâ, mez il i resta, pàdâ sa ta matja turnâ derjeir la va^ li^i avet S

ara^e dé lô pwal a la k0 e la va$ Iqi ave done œ ku^d pje. sla^jn desida.

— va pur d0 sa duz frâ, di:5, krwajâ tu fini.

e 5 etâdi la më pur prâidra la lô!3, me l lo

pejizâ na^jn la seda pa.

— vuz avez aporte dé liku? ma dit il ; 5a va la va5, 5a^ va pa sô liku.

sapâdà, kom nuz etjôz ami, il vule bjê m sede la liku pur vê su, s^n ete pa 15

Se:r.

il nu falet œ liku pur kôdiiiir notra va$. 3 abâdone le vê su, kalkylà k il nuz à restret âkor vê. 5a kôte dô le d0 sa treiz frâ e pur la d0zjem fwa 3 etâdi 20

la mê.

— u dôîk e votra 10:3? damâda l pejizâ. 33 vuz e vâdyj! liku. 33^ vuz e pa vâdy la IÔÎ5.

la 10:3 nu kuta vê su, no dernje vê 25

su, e la va5 nu fyt âfê livre avek sô liku e sa IÔ15.

nuz avjôz yn va^, me nu n avjô plyz ce su pur la nuriir e nu nuriir nu meim.

— nuz alô travaje, di matja; lo kafe 3°

sont pleins de inonde; en nous divisant nous pouvons jouer dans tous, et nous aurons une bonne recette ce soir.

Et après avoir conduit notre vache dans l'écurie de

S notre auberge, nous nous mîmes à travailler, et le soir, quand nous fîmes le compte de notre recette, je trouvai que celle de ^lattia était de quatre francs cinquante centimes et la mienne de trois francs.

lo Avec sept francs cinquante centimes nous étions riches.

Le lendemain matin nous étions levés avec le soleil et tout de suite nous nous mettions en route pour Chavanon.

15 Vers dix heures, ayant trouvé un endroit où l'herbe était verte et épaisse, nous mîmes les sacs à bas, et nous fîmes descendre notre vache dans le fossé.

Tout d'abord je voulus la tenir par la longe, mais

20 elle se montra si tranquille que bientôt je lui enroulai la longe autour des cornes et m'assis pour manger mon pain.

Naturellement nous eûmes fini de manger bien avant elle, et quand elle nous vit venir à elle, elle

25 se mit à tondre l'herbe à grands coups de langue, comme pour nous dire qu'elle avait encore faim.

— Attendons un peu, dit Mattia.

— Tu ne sais donc pas qu'une vache mange toute la journée?

30 — Un tout petit peu.

sô plê^d mô:d; à nu divizâ nu puvô 3we dâ tus, e nuz orôz yn bon raset sa swair.

e aprez avwair kôdqi notra va5 dâ 1 ekjTi^d notr obers, nu nu mimz a travaje, e b 5

swair, kâ nu fini la kôit da natra raset, 3a truve ka sel da matja ete da kat frâ sêkâît sâtim e la mjen da trwa frà.

avek se frâ sêkâît sâtim nuz etjô lo

riS.

la lâdmê maté nuz etjôjve avek la soleij e tu d sqit nu nu metjôz â rut pur 5avanô.

ver diz œir, ejâ truve œn âdrwa u is

1 erb ete vert e epeis, nu mim le sak a ba, e nu fim desâidra notra va^ dâ l fose.

tu d abosr 3a vuly la tni:r par la IÔ15, mez el sa môtra si trâkil ka bjêto 5a Iqi ârule 20

la 10:5 otur de karn e m asi pur mâse mô pê.

natyrelmâ nuz ym fini d mâ^e bjên avât el, e kât el nu vi vni:r a el, el sa mit a tôidra l erb a grâ ku d lâig, 25

kom pur nu diir k el avet âkoir fê.

— atâdô œ p0, di matja.

— ty n se dô pa k yn vaS mâî3 tut la 3urne?

— œ tu^pti p0. 30

Tout en attendant, nous reprîmes nos sacs et nos instruments.

— Si je lui jouais un petit air de cornet à piston? dit Mattia, qui restait difficilement en repos; elle s aime peut-être la musique. Et Mattia se mit à jouer.

Aux premières notes, notre vache leva la tête; puis tout à coup, elle partit au galop.

Aussitôt nous partîmes après elle, galopant ausfi lo de toutes nos forces en l'appelant.

C'était à deux kilomètres environ avant d'arriver à un gros village que nous nous étions arrêtés pour manger, et c'était vers ce village que notre vache galopait. Elle y entra naturellement avant nous, et 15 comme la route était droite, nous pûmes voir, malgré la distance, que des gens lui barraient le passage et s'emparaient d'elle.

Alors nous ralentîmes un peu notre course. Je m'imaginais que je n'avais qu'à réclamer ma vache, 20 mais, au lieu de me la donner, on nous entoura et l'on nous posa question sur question: «D'où venionsnous, où avions-nous eu cette vache?»

Nos réponses étaient aussi simples que faciles, cependant elles ne persuadèrent pas ces gens. Deux 25 ou trois voix s'élevèrent pour dire que nous avions volé cette vache. Un gendarme arriva; en quelques mots on lui conta notre affaire et il déclara qu'il allait mettre notre vache en fourrière et nous en prison.

LA VACHE t)U PRINCE 81

tut an atâdâ, nu rapriin no sak e noz êstrjTnâ.

— si 59 Iqi 5we œ ptit eir dd korne a pistô? di matja, ki reste difisilmàt cLjpo; el eim p0t etra la myzik. e matja sa mit a S

3we.

o pramjeir not, notra vaS lava la te:t; pqi tut a ku, el partit o galo.

osito nu partim aprez el, galopât osi da tut no fors à 1 aplà. lo

s etet a d0 kibmetr àvirô avâ d arive a de gro vilais ka nu nuz etjôz arête pur mâ5e, e s ete ve:r sa vila:5 ka notra vaÇ galope, el i àtra natjTelmât avâ nu, e kom la rut ete drwat, nu p>^n vwair, 15

maigre la distâis, ka de 5a Iqi bare l pasa!5 e s âpare d el.

ab:r nu ralâtim œ p0 notra kurs. 5a m imasine ka 5 n ave k a reklame ma vaS, me, o lj0 d ma la done, ô nuz âtura e 20

1 ô nu poza kestjô syr kestjô: «d u vanjô nu, u avjô nuz y set va^?»

no repôis etet osi sêipl ka fasil, sapàdâ el na persqadeir pa se 5a: d0z u trwa vwa s elveir pur disr ka nuz avjô 25

vole set vaÇ. œ 5âdarm ariva; 5 kelka mo ô Iqi kôta notr afe:r e il deklara k il aie metr notra va^ à furjeir e nu à prizô.

82 A FEENCS READER

Nous étions en prison. Pour combien de temps?

Mattia se mit à pleurer. Alors je le consolai en lui expliquant que notre position n'était pas bien grave, nous n'avions rien fait, et il ne nous serait pas S bien diflScile de prouver que nous avions acheté notre vache, le vétérinaire d'Ussel serait notre témoin,

— Et si l'on nous accuse d'avoir volé l'argent avec lequel nous avons payé notre vache, comment

lo prouverons-nous que nous l'avons gagné? Tu vois bien que quand on est malheureux on est coupable de tout. Et quand nous sortirons de cette prison, et si l'on nous rend notre vache, est-il certain que nous trouverons mère Barberin?

15 — Pourquoi ne la trouverions-nous pas?

— Depuis le temps que tu l'as quittée, elle a pu mourir.

Je fus frappé au cœur par cette crainte. C'était vrai que mère Barberin avait pu mourir, 20 — Pourquoi ne m'as-tu pas dit cela plus tôt? demandai-je.

— Parce que, quand je suis heureux, je n'ai que des idées gaies dans ma tête stupide, tandis que quand je suis malheureux je n'ai que des idées

25 tristes.

Plusieurs heures se passèrent, et plus le temps marchait, plus nous nous désolions. Enfin notre porte s'ouvrit et nous vîmes entrer un vieux monsieur à cheveux blancs, dont l'air ouvert et bon

30 nous rendit tout de suite l'espérance.

nuz etjôz â prizô. pur kôbjê^d ta?

matja sa mit a plœre. abir 59^ kôsole à Iqi eksplikâ ka notre pozisjô n ete pa bjê gra:v, nu n avjô rjê fe, e il na nu src pa bjê difisil da pruve ka nuz avjôz a^te notra va$, la veterineir d ysel sre natra temwê.

— e si 1 ô nuz akyiz d avwair vole 1 ar5a avek lakel nuz avô peje notra vaS, komâ pruvrô nu ka nu 1 avô gajie? ty vwa

bjê ka kât on e malœr0 on e kupaibla da tu. e kâ nu sortirô 4 set prizô, e si 1 ô nu râ notra va$, et il sertê ka nu truvrô meir barbare?

— purkwa^n la truvarjô nu pa?

— dapqij tô^ ty 1 a kite, el a py muriir.

5a fy frape o kœ:r par set krêit. s ete vre ka me:r barbare ave py muriir.

— purkwa^n m a ty pa di sla ply to? damâde:5.

— pars ka, kcL,3 sqiz œr0, 5a n ojk dcz ide ge dâ ma teit stypid, tâdi ka kà 5 sqi malœr0 5a n O: dea ide trist.

plyzjœirz œir sa paseir, e plyj ta mar$e, ply nu nu dezoljô. âfê notra port s uvri e nu vimz âtre ce vj0 ma6J0 aj))î0 blâ, dô 1 c!r uveir e bô nu>^di tu^d sqit 1 espérais. 30

— Allons, coquins, dit le geôlier, levez-vous, et répondez à M. le juge de paix.

— C'est bien, c'est bien, dit le juge de paix en faisant signe au geôlier de le laisser seul, je vais

S interroger celui-là — il me désigna du doigt — emmenez l'autre et gardez-le, je l'interrogerai ensuite.

— Comme moi, monsieur le juge de paix, dis-je, il vous racontera la vérité, toute la vérité.

— C'est bien, c'est bien, interrompit vivement le lo juge de paix.

Mattia sortit.

— On vous accuse d'avoir volé une vache, me dit le juge de paix en me regardant dans les deux yeux.

Je répondis que nous avions acheté cette vache à 15 la foire d'Ussel, et je nommai le vétérinaire qui nous avait aidés dans cet achat.

— Cela sera vérifié. Et dans quelle intention avez-vous acheté une vache?

— Pour la conduire à Chavanon et l'offrir à la 20 femme qui a été ma nourrice, en reconnaissance de

ses soins et en souvenir de mon affection pour elle.

— Et comment se nomme cette femme?

— Mère Barberin.

— Est-ce la femme d'un ouvrier maçon qui, il y a 25 quelques années, a été estropié à Paris?

— Oui, monsieur le juge de paix.

— Cela aussi sera vérifié.

Mais je ne répondis pas à cette parole. Voyant

mon embarras, le juge de paix me pressa de ques-

30 lions, et je dus répondre que s'il interrogeait mère

— alô, kokê, dL.1 5o:lje, love vu, e repôde a mosj0j 57:3 da pe.

— se bjê, s e bjê, dij ôy^ô da pe â fgzâ siji o 50 il je daj lèse sœl, 59 vez

êterose sali^i la — il ma dezijia dy dwa — âmne 5 1 oitr e garde la, 5a 1 êtero5re âsqit.

— kom mwa, masj0j 5yi5 da pe, di:3, il vu rakôtra la vérité, tut la vérité.

— se bjê, s e bjê, êterôpi vivmâ la

3713 da pe. 10

matja sorti.

— ô vuz akyiz d avwair vole yn va$, ma di^l 5yi3 da pe cUn ragardà dâ le d0z j0.

3a repôdi ka nuz avjôz a$te set va$ a la fwair d ysel, e 3a nome^l veterineir ki nuz 15 avet ede dà set a^a.

— éla sra verifje. e dâ kel êtâsjô ave vuz a$te yn va$?

— pur la kôdqiir a ^avanô e 1 ofriir a la

fam ki a ete ma nuris, â rkonesâ:s da 20

se swë e â suvnisr da mon afeksjô pur el.

— e komâ sa nom set fam?

— me:r barbare.

— eis la fam d œn uvrije maso ki, il j a kelkaz ane, a ete estropje a pari? 25

— wi, masj0j 5y:5 de pe.

— sla osi sra verifje.

me 5a,^ repôdi paz a set paroi, vw^ajâ mon âbara, lo 5y!5 da pe ma presa^4 kestjô, e 50 dy repôidr l:o s il êtero5e meir 30

86 A FREXCH READER

Barberin, le but que nous nous étions proposé se trouvait manqué; il n'y avait plus de sui'prise.

Cependant au milieu de mon embarras j'éprouvais une vive satisfaction: puisque le juge de paix S connaissait mère Barberin, cela prouvait que mère Barberin était toujours vivante.

Cela me rendit si joyeux que je trouvai des paroles persuasives pour le convaincre que la déposition du vétérinaire devait suffire pour prouver lo que nous n'avions pas volé notre vache.

— Et où avez-vous eu l'argent nécessaire pour acheter cette vache?

— Xous l'avons gagné.

— Où? Comment?

15 J'expliquai comment nous l'avions gagné et amassé sou à sou.

Quand j'eus achevé mon récit, le juge de paix me regarda avec des yeux doux et attendris. Je m'imaginais qu'il allait me dire qu'il nous rendait 20 la lil3ert€; mais, sans rien dire,^ il me laissa seul. Il revint avec IVIattia.

— Je vais faire prendre des renseignements à Ussel, dit-il, et si, comme je l'espère, ils confirment vos récits, demain on vous mettra en liberté.

25 — Et notre vache? demanda Mattia.

— On vous la rendra.

Aussitôt que le juge de paix fut parti, j'annonçai à ]\Iattia la grande nouvelle qui m'avait fait oublier que nous étions en prison: mère Barberitt 30 vivante.

* without saying anythiiig.

barbare, la by kd nu nuz etjô propoze sa truve mâke; il n j ave ply^d syrpriiz.

sapàdâ o milj0 d mon âbara 5 epruvez yn viiy satisfaksjô: puiska la 5y:5 da pe kanese meir barbare, sla pruve ka meir 5

Imrbarê ete tu5Uir vivait.

sla^jn râdi si 5waj0 ka 5a truve de parai persqaziiv pur la kôvêikr ka la depozisjô dy veterineir dave syfiir pur pruve ka nu n avjô pa vale notra va$. 10

— eu ave vuz y 1 ar5â neseseir pur a$te set va$?

— nu 1 avô gajie.

— u? komû?

3 eksplike komû nu 1 avjô gajie e is

amase su a su.

kà 5 yz a^fe mô resi, la 5y:5 da pe ma^rgarda avek dez j0 duz e atâdri. 3a m imasine k il ale m diir k il nu rade la liberté; me, sa rjë diir, il ma lésa sœl. 20

il ravêt avek matja.

— 3a ve fe:r pràidra de rûsejimâ a

ysel, dit il, e si, kom 5a 1 espeir, il kôfirm vo resi, dame ô vu metra â liberté.

— e notra va5? damâda matja. 25

— ô vu la râdra.

osito ka l 5y!5 da pe fy parti, 3 anôse a matja la grâid nuvel ki m ave fet ublije ka nuz etjôz à prizô: meir barbare vivait. 30

A huit heures du matin notre porte s'ouvrit, et nous vîmes entrer le juge de paix, suivi de notre ami le vétérinaire. Le juge de paix me donna un beau papier timbré.

5 — Vous avez été des fous, me dit-il amicalement, de vous embarquer ainsi sur les grands chemins; voici un passeport, ce sera désormais votre sauvegarde. Bon voyage, les enfants.

Encore dix kilomètres, encore huit, encore six. lo Nous étions enfin arrivés sur la hauteur oii commence la route qui conduit à Chavanon, en passant devant la maison de mère Barberin.

— Prends la longe, dis-je à jMattia.

Et d'un bond je sautai sur le parapet; rien n'avait 15 changé dans notre vallée; elle avait toujours le même aspect; entre ses deux bouquets d'arbres, j'aperçus la maison de mère Barberin.

A ce moment un petit flocon de fumée jaune s'éleva au-dessus de la cheminée.

20 — Mère Barberin est chez elle, dis-je. Descendons vite.

— Si mère Barberin est chez elle, comment allonsnous arranger notre surprise? demanda Mattia.

— Tu vas entrer seul, tu diras que tu lui amènes 25 une vache de la part du prince, et quand elle te

demandera de quel prince il s'agit, je paraîtrai.

Comme nous arrivions à l'un des tournants de la route qui se trouvait juste au-dessus de la maison de mère Barberin, nous vîmes une coiffe blanche

a qit œ:r dy maté notro port s uvri, e nu vimz âtre b 57:5 da pe, sqivi da notr aiaij. veterincir. b 5715 do pe ma dona œ bo papje tèbre.

— vnz avez ete de fu, ma dit il amikalmâ, s do vuz âbarke êsi syr le grâ Smê;

vwasi œ paspoir, sa sra dezorme votra sovgard.

bô vwaja:5, lez âfâ.

âkoir di kilometr, àkoir i^it, âkoir sis.

nuz etjôz âfs arive syr la otœir u komâis 10

la rut ki kôdiiit a $avanô, à pasâ davâ la mezô^d meir barbare.

— prâ la 10:3, di!5 a matja.

e d œ bô 5a sote syr la parape; rjê n ave 5â5e dâ notra vale; el ave tu5u:r la 15

me:m aspe; âïtra se d0 buke d arbr, 3 apersy la mezô d meir barbare.

a s momâ œ^pti flokô d fyme 30m s clva o dasy d la $mine.

— meir barbare e Sez cl, di:5. desàdô ao vit.

— si meir barbare e Sez el, komât alô nu arâ5e notra syrpriiz? damâda matja.

— ty vaz âtre sœl, ty dira k ty Iqi amen

yn va5 da la pair dy prêis, e kât el ta^dmâdra 25 da kcl prêis il s asi, 3a paretre.

kom nuz arivjôz a 1 dé de turnô^d la rut kLs tru:vc 3yst o dosy d la mezô da meir barbare, nu vimz yn kwaf blâsS

apparaître dans la cour; c'était mère Barberin, elle ouvrit la barrière et, sortant sur la route, elle se dirigea du côté du village.

Nous nous étions arrêtés et je l'avais montrée à S iMattia.

— Elle s'en va, dit-il, et notre surprise?

— Nous allons en inventer une autre.

— Laquelle?

— Je ne sais pas. lo — Si tu l'appelais?

La tentation fut vive, cependant j'y résistai. Nous ne tardâmes pas à arriver devant la barrière de mon ancienne maison. Connaissant bien les habitudes de mère Barberin, je savais que la porte

15 ne serait pas fermée, et que nous pourrions entrer; mais avant tout il fallait mettre notre vache à l'étable. J'allai donc voir dans quel état était cette étable et je la trouvai encombrée de fagots. J'appelai Mattia, et après avoir attaché notre vache, nous

20 nous occupâmes à empiler vivement les fagots dans un coin, ce qui ne fut pas long.

— Maintenant, dis-je à Mattia, nous allons entrer dans la maison, je m'installerai au coin du feu pour que mère Barberin me trouve là; comme la barrière

25 fera du bruit quand elle la poussera pour rentrer, tu

auras le temps de te cacher derrière le lit avec Capi,

et elle ne verra que moi; crois-tu qu'elle sera surprise!

Les choses s'arrangèrent ainsi, nous entrâmes

dans la maison et j'allai m'asseoir dans la cheminée.

30 De ma place je voyais la barrière, et il n'y avait

apareitra dà la kuir; s ete meir barbare, el uvri la barjeir e, sortà syr la rut, el sa dirisa dy kote dy vilai5.

nu nuz etjôz arête e^5 1 ave môtre a matja. S

— el s 5 va, dit il, e notro syrpriiz?

— nuz alôz an êvâte yn o:tr.

— lakel?

— 59 n se pa.

— si ty 1 aple? lo la tâtasjô fy viiv, sapàdâ 5 i reziste.

nu^n tardam paz a arive davà la barjeir do mon âsjen mezô. konesâ bjê lez abityd da meir barbare, 5a save k la port na sre pa fenne, e k nu pui'jôz âtre; 15

mez avâ tu il fale metr notra va$ a 1 etaibl. 5 aie dô \'^'air dû kel eta ete set etaibl e 5 la truve àkôbreL,^ fago. 5 aple matja, e aprez avwair ata$e natra vaÇ, nu nuz okj'pam a cipile vi\'mâ le fago dùz 20

ce kwê, sa ki^n fy pa lô.

— mêtnâ, diis a matja, nuz alôz âtre

dâ la mezô, 5a m êstalre o kwè dy f0 pur

ka me:r barbarê^i truiv la; kam la barjeir

fra dy brqi kât el la pusra pur râtre, ty 25

oraj ta da t kaÇe derjeir la li avek kapi,

e el na vera^k mwa; krrva ty k el sra syrpriiz!

le Soiz s arâseirt êsi, nuz âtram dâ la mezô e 5 aie m aswair dâ la^Çmine.

da ma plas 5a vwaje la barjeir, e il n j ave 30

pas à craindre que mère Barberin arrivât à l'impro viste.

Tout à coup j'aperçus une coiffe blanche.

— Cache-toi vite, dis-je à Mattia.

La porte s'ouvrit; du seuil mère Barberin m'aperçut.

— Qui est là? dit-elle.

Je la regardai sans répondre, et de son côté elle

me regarda aussi.

Tout à coup ses mains furent agitées par' un tremblement.

— Mon Dieu! murmura-t-elle, mon Dieu, est-ce possible, Rémi!

Je me levai, et courant à elle je la pris dans mes bras.

— Maman!

— Mon garçon, c'est mon garçon!

Il nous fallut plusieurs minutes pour nous remettre et pour nous essuyer les yeux.

20 — Bien sûr, dit-elle, si je n'avais pas toujours pensé à toi je ne t'aurais pas reconnu.

Un petit sifflement me rappela que Mattia était caché derrière le lit; je l'appelai, il se releva.

— Celui-là c'est Mattia, dis-je, mon frère.

25 — Ah! tu as donc retrouvé tes parents? s'écria mère Barberin.

— Non, je veux dire que c'est mon camarade, mon ami, et voilà Capi, mon camarade aussi et mon ami ; salue la mère de ton maître, Capi !

30 Capi se dressa sur ses deux pattes de derrière, et

paz a krêîdr ko me:r barbare arivat a 1 èprovist.

tut a ku 5 apersyz yn kwaf blù:S.

— kaS twa vit, di:5 a matja.

la port s uvri; dy sœij meir barbare

m apersy.

— ki 8 la? dit el.

33 la jgarde sa repôîdr, e da sô kote el

ma^rgarda osi.

tut a ku se mê fyirt a5ite par œ trùblamâ.

— mô dj0! myrmyra t el, mô dj0, e s posibl, remi!

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