‹ A key to the exercises in Ollendorff's new method of learning to read, write, and speak the French languageChapitre 102 sur 107 · Deux cent-dix-huitième Thème · texte numérisé non relu

Deux cent-dix-huitième Thème

Y a-t-il long-temps que tous apprenez le français ?•— Non, Monsieur, je ne l'apprends que depuis six mois. — Est-il possible! vous parlez assez bien pour si peu de temps. — Vous plaisantez ; je n'en sais pas encore beaucoup. — En vérité, vous parlez déjà bien. — Je crois que vous me flattez un peu. — Pas du tout, vous parlez comme il faut. — Pour parler comme il faut, il faut en savoir plus que je n'en sais. — Vous en savez assez pour vous faire comprendre.-^ Je fais encore beaucoup de fautes. — Cela ne fait rien, il ne faut pas être timide , d'ailleurs vous n'avez pas fait de fautes dans tout ce que vous venez de dire. — Je suis encore timide, parce que j'ai peur qu'on ne se moque de moi. — Il faudrait être bien impoli pour se moquer de vous. Qui serait assez impoli pour se moquer de vous ? Ne savez-vous pas le proverbe? — Quel proverbe? — Celui qui veut bien parler, doit commencer par mal parler. Comprenez-vous tout ce que je vous dis ? — Je l'entends et le comprends fort bien ; mais je ne peux pas encore bien m'exprimer en français, parce que je n'ai pas l'babitude de le parler. — Cela viendra avec le temps. — Je le souhaite de tout mon cœur.

Voyez-vous quelquefois mon frère ? — Je le vois quelquefois ; quand je le rencontrai l'autre jour, il se plaignit de vous. • " S'il s'était mieux comporté et s'il avait été plus économe," disait-il, " il n'aurait pas de dettes, et je n'aurais pas été fâché contre lui." Je le priai d'avoir pitié de vous, en lui disant, que vous n'aviez pas même assez d'argent pour acheter du pain. " Dites* lui, quand v,ous le verrez," me répliqua-t-il, "que nonobstant sa mauvaise conduite envers moi, je lui pardonne. Dites-lui aussi," continua-t-il, " qu'on ne se moque pas do ceux à qui l'on a des obligations. Ayez la bonté de faire cela et je vous serai fort obligé," ajouta-t-il en s'éloignant.

219* — Deux cent-dix-neuvième Thème.

Voulez-vous prendre une tasse de thé? — Je vous remercie, je n'aime pas le thé. — Aimez-vous le café ? — Je l'aime, mais

je viens d'en prendre. — Ne vous ennuyez-* ous pas ici ?— Comment pourrais -je m'ennuyer dans cette agréable société ? — Quant à moi je m'ennuie toujours. — Si vous faisiez comme moi vous ne vous ennuieriez pas ; car j'écoutg tous ceux qui me disent quelque chose. De cette manière j'apprends mille choses agréables et je n ai pas le temps de m'ennuyer ; mais vous ne faites rien de tout cela, voilà pourquoi vous vous ennuyez. — Je ferais tout comme vous, si je n'avais pas sujet d'être triste. — Ayez-vous vu M. Lambert ? — Je l'ai vu ; il m'a dit que ses sœurs seraient ici dans peu de temps, et il m'a prié de vous le dire. Quand elles seront arrivées vous pourrez leur donner les bagues d'or que vous avez achetées ; elles se flattent que vous leur en ferez présent : car elles vous aiment sans vous connaître personnellement. — Ma sœur vous a-t-elle déjà écrit ? — Elle m'a écrit ; je vais lui répondre — Faut-il lui dire que vous êtes ici ? — Dites-le-lui, mais ne lui dites pas que je l'attends avec impatience. — Pourquoi n'avez-vous pas amené votre sœur ? — Laquelle ? — Celle que vous amenez toujours, la cadette. — Elle ne voulait pas sortir, parce qu'elle a mal aux dents.— J'en suis bien fâché, car c'est une fort bonne fille.-— Quel âge a-t-elle ? — Elle a près de quinze ans.— Elle est trèsgrande pour son âge. — Quel âge avez-vous ? — J'ai vingt-deux ans; — Est-il possible ! je croyais que vous n'en aviez pas encore vingt.

220* — Deux cent-vingtième Thème.

Quelle heure est-il? — Il est une heure et demie.— Vous dites qu'il est une heure et demie, et à ma montre il n'est que midi et demi. — Il va bientôt sonner deux heures. — Pardonnezmoi, il n'a pas encore sonné une heure. — Je vous assure qu'il est une heure vingt-cinq minutes, car ma montre va très-bien. —Mon Dieu ! Que le temps passe vite dans votre société. — Vous me faites un compliment auquel je ne sais que répondre. — Avez-vous acheté votre montre à Paris ? — Je ne l'ai pas achetée, mon oncle m'en a fait présent.— Cette femme que vous a-t-elle confié? — Elle m'a confié un secret d*un grand comte qui est dans un grand embarras à cause du mariage de

EXERCISES CCXXI, CCXXII. 155

l'une de ses filles. — Quelqu'un la demande-t-il en mariage ?— - Celui qui la demande en mariage est un gentilhomme du voisinage. — Est-il riche? — Non, c'est un pauvre diable qui n'a pas le sou. — Vous dites que vous n'avez pas d'amis parmi vos condisciples, mais n'est-ce pas votre faute ? Vous avez mal parlé d'eux, et ils ne vous ont pas offensé. Ils vous ont fait du bien, et néanmoins vous les avez querellés. Croyez-moi, celui qui n'a pas d'amis ne mérite pas d'en avoir.

221* — Deux cent-vingt et unième Thème.

Dialogue entre un tailleur et son garçon. — Charles, avez- vous porté les habits à monsieur le comte de Narissi ? — Oui, Monsieur, je les lui ai portés. — Qu'a-t-il dit ? — Il n'a rien dit, sinon qu'il avait grande envie de. me donner des soufflets, parce que je ne lés avais pas apportés plus tôt. — Que lui répondîtesvous ? — Monsieur, lui dis-je, je n'entends point cette plaisanterie: payez-moi ce que vous me devez; et si vous ne le faites pas sur le champ, je prendrai d'autres mesures. A peine eus-je dit cela, qu'il porta la main à son épée, et je pris la fuite.

222* — Deux cent-vingt-deuxième Thème.

De quoi vous étonnez-vous ? — Je m'étonne de vous trouver encore au lit.— Si vous saviez combien je suis malade, vous n'en seriez pas étonnée. — Midi est-il déjà sonné ? — Oui, Madame, il est déjà midi et demi. — Est-il si tard ? est-il possible ? — Ce n'est pas tard, c'est encore de bonne heure. — Votre montre va-t-elle bien ? — Non, Mademoiselle, elle avance d'un quart d'heure — Et la mienne retarde d'une demi-heure. — Peut-être s'est-elle arrêtée ? — En effet, vous avez raison. — Est-elle montée ? — Elle est montée, et pourtant elle ne va pas. — Entendez-vous ? il sonne une heure. — Alors je vais régler ma montre et m'en aller chez moi. — De grâce, restez encore un peu !— Je ne puis, car nous dînons à une heure précise — Adieu donc, au revoir.

156 EXERCISES CCXXIII, CCXXIV.

223* — Deux cent-vingt-trcrisième Thème.

Qù'avez-vous, mon cher ami ? Pourquoi avez-vous l'air si mélancolique ? — Je n'ai rien. — Auriez-vous par hasard quelque chagrin ? — Je n'ai rien, et même moins que rien, car je n ai pas le sou, et je dois beaucoup à mes créanciers. Ne suis-je pas très-malheureux ? — Quand on se porte bien et qu'on a des amis, on n'est pas malheureux. — Oserai-je vous demander un service ? — Que désirez-vous ? — Ayez la bonté de me prêter cinquante écus. — Je vous les prêterai de tout mon cœur, mais à condition que vous renoncerez au jeu, et serez plus économe que vous n'avez été jusqu'ici. — Je vois maintenant que vous êtes mon ami, et je vous aime trop pour ne pas suivre votre conseil.

Jean ! — Que vous plaît-il, Monsieur ? — Apporte du vin* — A l'instant, Monsieur. — Henri ! — Madame ? — Faites du feu. — La servante en a déjà fait. — Apportez-moi du papier, des plumes et de l'encre. Apportez-moi aussi de la poudre ou du papier brouillard, de la cire à cacheter et de la lumière. Allez dire à ma sœur de ne pas m'attendre ; et soyez de retour à midi pour porter mes lettres à la poste .—Bien, Madame,

224* — Deux cent-vingt-quatrième Thème.

Monsieur, oserai-je vous demander où demeure le comte de B. ? — Il demeure près du château, au delà de la rivière.—» Pourriez-vous me dire quel chemin je dois prendre pour y aller î— Suivez le long de la rive, et quand vous serez au bout, prenez une petite rue à droite, qui vous conduira directement à sa maison. C'est une belle maison ; vous la trouverez facilement. — Je vous remercie, Monsieur. — Le comte N., demeure-t-il ici ? — Oui,, Monsieur, donnez-vous la peine d'entrer, s'il vous plaît. — Le comte est-il chez lui? Je désire avoir l'honneur de lui parler. — Oui, Monsieur, il est chez lui ; qui aurai-je l'honneur d'annoncer ? — Je suis de B., et je m'appelle F-

Quel est le chemin le plus court pour aller à l'arsenal ?— Suivez cette rue, et quand vous serez au bout, tournez a

exercise c:uv. 157

gauche; vous trouverez un carrefour que vous traverserez; ensuite vous entrerez dans une rue plus étroite, qui voua mènera à une grande place, où vous verrez un cul-de-sac .— Par lequel je passerai ? — Non, car* il n'y a pas d'issue. Vous le laisserez à droite, et vous passerez sous les arcades qui sont à côté. — Et puis ? — Et puis vous demanderez. — Je vous suis fort obligé. — Il n'y a pas de quoi. — Pouvez-vous traduire une lettre anglaise en français? — Je le puis. — Qui vous Vu appris ? — Mon maître, de français m'a mis en état de le faire.

225* — Deux cent-vingt-cinquième Thème.

■ Pourquoi Madame votre mère s'inquiète-t-elle ?— Elle s'inquiète de ne pas recevoir de nouvelles de son fils qui est 3 l'armée. — Elle n'a pas besoin de s'inquiéter de lui, car toute» les fois qu'il s'attire de mauvaises affaires, il sait s'en tirer. L'été dernier, quand nous étions ensemble à la chasse, la nuit nous surprit à dix lieues au moins de notre maison de campagne. — Eh bien, où passâtes-vous la nuit? — J'étais d'abord très-inquiet, mais votre frère pas le moins du monde ; au contraire, il me tranquillisait, de sorte que je perdis mon inquiétude. Nous trouvâmes enfin une cabane de paysan, où nous passâmes la nuit. Là j'eus occasion de voir combien votre frère est habile. Quelques bancs et une botte de paille lui servirent à fairo un lit commode ; une bouteille lui servit de chandelier, nos gibecières nous servirent d'oreillers et nos cravates de bonnets de nuit. Quand nous nous éveillâmes le matin, nous étions aussi frais et bien portants, que si nous avions dormi sur le duvet et sur la soie. — Un candidat demandait au roi de Prusse un emploi. Ce prince lui demanda où il était né. •' Je suis né à Berlin," répondit-il. " Allez-vousen," dit le monarque, " tous les Berlinois ne sont bons à rien.'' " Je demxnde pardon à votre majesté," répliqua le candidat, " il y en a de bons, et j'en connais deux." " Qui sont ces deux ?" demanda le roi. " Le premier," répliqua le candidat, " c'est votre majesté, et le second c'est moi." Le roi ne put s'empêcher de rire de cette réponse, et accorda la demande.

158 EXERCISES CCXXVI, CCXXVII.

226* — Deux cent-vingt-sixième Thème.

Un voleur étant entré un' jour dans une pension, vola trois manteaux. En sortant il fut rencontré par un pensionnaire qui avait un beau manteau galonné. En voyant tant de manteaux, il demanda à cet homme où il les avait pris. Le voleur répondit froidement qu'ils appartenaient à trois messieurs de la maison qui les lui avaient donnés à dégraisser. "Dégraissez donc aussi le mien, car il en a grand besoin," dit le pensionnaire ; "mais," ajouta-t-il, "il faut me le rendre à trois heures." " Je n'y manquerai pas, Monsieur," répondit le voleur, en emportant les quatre manteaux qu'il n'a pas encore rapportés. — Vous chantez, Messieurs, mais il ne s'agit pas de chanter ; vous devriez vous taire et écouter ce qu'on vous dit. — Nous sommes embarrassés. — Quel est votre embarras ? — Je vais vous le dire : il s'agit de savoir comment nous passerons notre temps agréablement.— -Faites une partie de billard ou une partie d'échecs. — Nous nous sommes proposé d'aller à une partie de chasse ; êtes-vous des nôtres ? — Je ne puis, car je n'ai pas encore fait mon devoir, et si je le néglige, mon ' maître me grondera. — Chacun à son gré ; si vous aimez mieux rester à la maison que d'aller à la chasse, nous ne saurions vous en empêcher. — Monsieur B. vient-il avec nous ?— Peut-être. — Je n'aimerais pas à aller avec lui, car il est trop bavard. A cela près il est bonnête homme.

Qu'avez-vous ? vous avez l'air fâché. — J'ai lieu d'être fâché, car il n'y a pas moyen de se procurer de l'argent à présent. — Avez-vous été chez Monsieur A. ? — J'ai été chez lui, mais il n'y a pas moyen de lui er. emprunter. Je me doutais bien qu'il ne m'en prêterait pas, voilà pourquoi je n'ai pas voulu lui en demander ; et si vous ne m'aviez pas dit de le faire, je no me serais pas exposé à un refus.

227* — Deux cent-vingt-septième Thème

Je me doutais bien que vous auriez soif et que Mademoiselle votre sœur aurait faim ; voilà pourquoi je vous ai amenés ici.

—Je suis fâché pourtant de ne pas voir Madame votre mère. — Pourquoi ne prenez-vous pas votre café ? — Si je n'avais pas sommeil, je le prendrais. — Tantôt vous avez sommeil, tantôt froid, tantôt chaud, et tantôt quelque autre chose. Je crois que vous pensez trop au malheur qui est arrivé à votre amie. — Si je n'y pensais pas, qui y penserait ? — A qui Monsieur votre frère pense-t-il ? — Il pense à moi ; car nous pensons toujours l'un à l'autre, quand nous ne sommes pas ensemble.

J'ai vu aujourd'hui six joueurs qui gagnaient tous en même temps. — Cela ne se peut ; car un joueur ne peut gagner que lorsqu'un autre perd. — Vous auriez raison si je parlais de joueurs de cartes ou de billard ; mais je parle de joueurs de flûte et de violon. — Faites-vous quelquefois de la musique ? — Très-souvent, car je l'aime beaucoup. — De quel instrument jouez-vous ? — Je joue du violon et ma sœur joue du clavecin. Mon frère qui joue de la basse nous accompagne, et Mademoiselle Stolz nous applaudit quelquefois.— Ne joue-t-elle pas aussi de quelque instrument de musique? — Elle joue de la harpe, mais elle est trop fière pour faire de la musique avec nous.— Une ville assez pauvre fit une dépense considérable en fêtes et en illuminations à l'occasion du passage de son prince. Celui-ci en parut lui-même étonné. " Elle n'a fait," dit un courtisan, " que ce qu'elle devait." " Cela est vrai," reprit un autre, " mais elle doit tout ce qu'elle a fait."

228* — Deux cent'vingt-huitième Thème.

Avez-vous fait votre composition française ? — Je l'ai faite. — Votre instituteur en a-t-il été content ? — Il ne l'a pas été. J'ai beau faire de mon mieux, je ne puis rien faire à son gré. — Vous avez beau dire, personne ne vous croira. — Pouvez-vous, sans vous gêner, me prêter cinq cents francs ? — Comme vous en avez toujours bien usé avec moi, j'en userai de même. avec vous : je vous prêterai l'argent qu'il vous faut, mais à condition que vous me le rendrez la semaine prochaine. — Vous pouvez y compter. — Comment mon fils s'est-il comporté envers vous ? — Il s'est bien comporté envers moi; car il se comporte bien envers tout le monde. Son père lui disait souvent : " La con-

160 EXERCISE CCXXIX.

duite des autres n'est qu'un écho de la nôtre. Si nous nous comportons bien envers eux, ils se comporteront bien aussi envers nous ; mais si nous en usons mal avec eux, nous ne devons pas attendre mieux de leur part." — Puis-je voir Messieurs vos frères ? — Vous les verrez demain. Comme ils ne font que d'arriver d'un long voyage, il leur tarde de dormir, car ils sont très-fatigués. — Ma sœur qu'a* -elle dit? — Elle a dit qu'il lui tardait de dîner parce qu'elle avait grand' faim.— Etes-vous bien à votre pension ? — J'y suis très-bien. — Avezvous fait part à Monsieur votre frère de ce que je vous ai dit? — Comme il était très-fatigué, il lui tardait de dormir, de sorte que j'ai remis à demain à lui en faire part.

229* — Deux cent-vingt-neuvième Thème.

J'ai l'honneur de vous souhaiter le bonjour. — Comment vous portez-vous? — Très-bien, à vous rendre mes devoirs. — Et comment se porte-t-on chez vous ? — Assez bien, Dieu merci. — Ma sœur a été un peu indisposée, mais elle est rétablie ; elle m'a chargé de bien des compliments pour vous. — Je suis charmé d'apprendre qu'elle se porte bien. Quant à vous, vous êtes la santé même ; vous avez la meilleure mine du monde.— Je n'ai pas le temps d'être malade ; mes affaires ne me le permettraient pas. — Donnez-vous la peine de vous asseoir; voici une chaise. — Je ne veux pas vous distraire de vos occupations ; je sais que le temps est précieux à un négociant. — Je n'ai rien de pressé à faire maintenant ; mon courrier est déjà expédié.— Je ne m'arrêterai pas davantage. J'ai voulu seulement, en passant par ici, m'informer de votre santé. — Vous me faites beaucoup d'honneur. — Il fait bien beau temps aujourd'hui. — Si vous le permettez, j'aurai le plaisir de vous revoir cette après-dînée, et si vous avez le temps, nous irons faire un pjtit tour ensemble. — Avec le plus grand plaisir. — Dans ce cas je vous attendrai. — Je viendrai vous prendre vers les sept heures. — Adieu donc, au revoir. — J'ai l'honneur de voua saluer.

ÏX CROISES CCXXX, CCXXXJ. 161

230* — Deux cent-trentième Thème.

La perte du temps est une perte irréparable. — On ne peut plus recouvrer une seule minute pour tout For du monde. Il est donc de la dernière importance de bien employer le temps qui ne consiste qu'en minutes, dont il faut tirer parti. On n'a que le présent ; le passé n'est plus rien et l'avenir est inceitain. — Une infinité d'hommes se ruinent à force de vouloir se faire dulnen. Si 1* plupart des hommes savaient se contenter de ce qu'ils ont, ils seraient heureux ; mais leur avidité les rend assez souvent malheureux. Pour être heureux, il faut oublier le passé, ne pas s'inquiéter de l'avenir, et jouir du présent. — J'étais fort triste lorsque mon cousin vint chez moi. " Qu'avez-vous ?" me demanda-t-il. " Ah ! mon cher cousin," lui répondis-je, " en perdant cet argent, j'ai tout perdu." " Ne vous inquiétez pas," me dit-il, " car j'ai trouvé votre argent."

231* — Deux cent-trente et unième Thème.

Pourquoi avez-vous joué un tour à cet homme? — Parce qu'il trouve toujours à redire à tout ce qu'il voit. — Qu'est-ce que cela veut dire, Monsieur ? — Cela veut dire que je n'aime pas à faire des affaires avec vous, parce que vous y regardez de trop près. — Je voudrais bien savoir pourquoi votre frère n'a pas fait son devoir. — Il était trop difficile. Il a veillé toute la nuit et n'a pas pu le faire, parce que ce devoir était hors de sa portée. — Aussitôt que M. Flausen me voit, il commence à parler anglais pour s'exercer, et me comble d'honnêtetés, de sorte que souvent je ne sais que lui répondre. Ses frères en font autant: cependant ils ne laissent pas d'être de fort bonne gens ; non seulement ils sont riches et aimables ; mais ils sont aussi généreux et bienfaisants. Ils m'aiment sincèrement; c'est pourquoi je les aime aussi, et par conséquent je ne dirai jamais rien à leur désavantage. Je les aimerais encore davantage, s'ils ne faisaient pas tant de cérémonies ; mais chacun a se? défauts, et le mien, c'est de trop parler de leurs cérémonies.

162 exercises ccxxxn, ccxxxra.

232» — Deux cent-trente-deuxième Thème.

Les ennemis se sont-ils rendus ? — Ils ne se sont pas rendua, car ils ne préféraient pas la vie à la mort ; ils n'avaient ni pain, ni viande, ni eau, ni armes, ni argent, et nonobstant ils ont mieux aimé mourir que de se rendre. — Pourquoi êtes-vous si triste ? — Vous ne savez pas ce qui m'inquiète, ma chère amie. — Dites-le-moi ; car je vous assure que je partage vos peines aussi bien que vos plaisirs. — Je suis sûre Tme vous prenez part à mes peines, mais je ne puis vous dire en ce moment ce qui m'inquiète. Je vous le dirai cependant à l'occasion. Parlons d'autre chose (changeons de discours) maintenant. Que pensez-vous de l'homme qui nous parla hier au concert ? — C'est un homme de beaucoup d'esprit, et il n'est pas du tout infatué de son mérite. Mais pourquoi me demandez-vous cela? — Pour parler de quelque chose. — On dit : Contentement passe richesse ; soyons donc toujours contents. Partageons ce que nous avons et demeurons toute notre vie amis inséparables. Vous serez toujours le bienvenu chez moi, et j'espère l'être aussi chez vous. Si je vous voyais heureux je le serais aussi, et nous serions plus contents que les plus grands princes, qui ne le sont pas toujours. Nous serons heureux quand nous serons parfaitement contents de ce que nous avons ; et si nous faisons bien notre devoir, le bon Dieu aura soin du reste. Le passé n'étant plus rien, ne nous inquiétons pas de l'avenir, et jouissons du présent.

233* — Deux cent-trente-troisième Thème.

Regardez, Mesdames, ces belles fleurs au teint si frais et si éclatant; elles ne boivent que de l'eau. Le lis blanc a la couleur de l'innocence; la violette marque la douceur; on peut la voir dans les yeux de Louise. La germandrée a la couleur du ciel, notre demeure future, et la rose, la reine des fleurs, est l'emblème de la beauté et de la joie. On voit tout cela personnifié, en voyant la belle Amélie. Que la verdure fraîche est belle ' Elle fait du bien à nos yeux, et elle a la couleur de

Pespérance, notre amie la plus fidèle, qui ne nous quitte jamais, pas même à la mort. — Encore un mot, mon cher ami.— Que vous plaît-il? — J'ai oublié de vous prier de faire mes compliments à Madame votre mère. Dites-lui, s'il vous plaît, que je regrette de ne m'être pas trouvé à la maison, lorsque dernièrement elle m'honora de sa visite. — Je vous remercie de sa part, je n'y manquerai pas. — Adieu donc.

234* — Deux cent-trente-quatrième Thème.

Mademoiselle votre sœur est-elle sortie aujourd'hui ? — Elle est sortie pour faire quelques emplettes.— Qu'a-t-elle .acheté ? — Elle s'est acheté une robe de soie, un chapeau de velours, et un voile de dentelle. — Qu'avez-vous fait de mon pot d'argent ? — Il est sur la table de cuisine avec la bouteille à l'huile, le pot au lait, le pot à l'eau, le pot à moutarde et le moulin à café. — Demandez-vous une bouteille à vin ? — Non, je demande une bouteille de vin et non pas une bouteille à vin. — Si vous voulez avoir la bonté de me donner la clef de la cave au vin, j'irai en chercher une. — Cet homme qu'exige-t-il de moi ? — Il n'exige rien ; mais il acceptera ce que vous lui donnerez, car il manque de tout. — Je vous dirai que je ne l'aime pas, car sa conduite fait naître des soupçons dans mon esprit. Il outre tout ce qu'il dit et tout ce qu'il fait. — Vous avez torj d'en avoir si mauvaise opinion, car il vous a tenu lieu de père. — Je sais ce que je dis. Il m'a trompé en petit et en grand, et toutes les fois qu'il vient me voir, il me demande quelque chose. C'est ainsi qu'il m'a demandé tour à tour tout ce que j'avais : mon fusil de chasse, ma ligne à pêcher, ma montre à répétition et mes chandeliers d'or. — Ne vous abandonnez pas tant à la douleur, sinon vous me ferez fondre en larmes.

Démocrite et Heraclite étaient deux philosophes d'un caractère bien différent : le premier riait des folies des hommes, et l'autre en pleurait. — Ils avaient raison tous deux, car les folios des hommes méritent qu'on en rie et qu'on en pleure.

164 EXERCISES CCXXXV, CCXXXVT.

235* — Deux cent'trente-cinquième Thème.

% Avez-vous vu Mademoiselle votre nièce ? — Oui, c'est une très-bonne fille qui écrit bien et qui parle encore mieux le français : c'est pourquoi elle est aimée et honorée de tout le monde. — Et son frère, que fait-il ? — Ne me parlez pas de lui, (ne m'en parlez pas ;) c'est un méchant garçon, qui écrit toujours mal et qui parle encore plus mal le français : aussi n'estil aimé de personne. Il aime beaucoup les bons morceaux ; mais les livres, il ne les aime pas. Quelquefois il se met au lit en plein jour, et se dit malade ; mais, quand on se met à. table, il est ordinairement rétabli. Il doit étudier la médecine, mais il n'en a aucune envie. Il parle presque toujours de ses chiens qu'il aime passionnément. Son père en est extrêmement fâché. Le jeune imbécile dit dernièrement à sa sœur : " Je me ferai enrôler, aussitôt que la paix sera publiée."

Mon cher père et ma chère mère dînèrent hier avec quelques amis au roi d'Espagne. — Pourquoi parlez-vous toujours anglais et jamais français ? — Parce que je suis trop timide. — Vous plaisantez ; est-ce qu'un Anglais est jamais timide ?— J'ai grand appétit: donnez-mof quelque chose de bon à manger. — Avez-vous de l'argent? — Non, Monsieur. — Alors je n'ai rien à manger pour vous. — Ne me donnez-vous pas à crédit? j'engage mon honneur. — C'est trop peu. — Comment Monsieur!

23(f» — Deux cent-trente-sixième Thème.

Voulez-vous me raconter quelque chose ? — Que voulez-vous que je vous raconte ? — Une petite anecdote, si vous voulez. — Un petit garçon demandait un jour à table de la viande; son père lui dit qu'il n'était pas honnête d'en demander, et qu'il devait attendre qu'on lui en donnât. Le pauvre petit garçon, voyant que tout le monde mangeait et qu'on ne lui donnait rien, dit à son père : *' Mon cher père, donnez-moi, s'il vous plaît, un peu de sel." " Qu'en veux-tu faire ?" demanda le père. ** C'est pour le manger avec la viande que vous me donnerez,* répliqua l'enfant. Tout le monde admira l'esprit du petit gar-

çon, et son père, s apercevant qu'il n'avait rien, lui donna de la viande, sans qu'il en demandât. — Qui était ce petit garçon, qui demanda de la viande à table ? — C'était le fils d'un de mes amis. — Pourquoi demanda-t-il de la viande ? — Il en demanda parce qu'il avait bon appétit. — Pourquoi son père ne lui en donna-t-il pas de suite ? — Parce qu'il l'avait oublié. — Le petit garçon eut-il tort d'en demander ? — Il eut tort, car il aurait dû attendre. — Pourquoi demanda-t-il du sel à sor père ? — Il demanda du sel, pour que son père s'aperçût qu'il n'avait pas do viande, et qu'il lui en donnât.

Voulez-vous que je vous raconte une autre anecdote?— Vous m'obligerez beaucoup. — Un homme faisant des emplettes chez un marchand, lui disait : " Vous me surfaites trop ; vous ne devriez pas me vendre aussi cher qu'à un autre, puisque je suis des amis de la maison." Le marchand répliqua : " Monsieur, il faut que nous gagnions quelque chose avec nos amis, car nos ennemis ne viendront jamais chez nous."

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