‹ À l'amie perdueChapitre 13 sur 19 · L'ACCEPTATION · texte numérisé non relu

L'ACCEPTATION

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Comme un soldat blessé tu peux panser la plaie, La chair est décliirée, et le san^' euule euenr, rit, pendant de lon<^rs mois, il rou<^-ira la claie Où ton corps douloureux et délaissé s'endort.

Bande-la de blanc lin<j;;e, et lave-la d'eau fraîche ; Sur ses bords toujours prêts à s'ouvrir, si le sanj^- Pendant un court instant coagulé se sèche, In battement du cœur te rouvrira le flanc.

Pourtant, il faut qu'un jour ta blessure guérisse. Que tu vives, que tu marches, pâle mais dioil. Xon pour ne plus souffrir, mais pour porter sur toi

Le brave et haut orgueil de cette cicatrice.

Qu'en un jour douloureux, dont la douleur s'accroît.

T'ont faite les divins rrlaives du sacrifice.

l'.>4 A l'aMIK l'ElilJUE.

Les vieux soldats romains, lorsque dans la cité Ils passaient en montrant leur poitrine meurtrie, Ne la découvraient point pour leur propre fierté , Mais ainsi qu'un trophée offert à la patrie.

Ces marques n'étaient point ])0ur conter leurs exploits Ils n'en avaient l'orgueil que comme d'une offrande Dont ils avaient dépôt durant leurs jours étroits, A la gloire de Rome, auguste, sainte, et grande.

Ainsi faut-il que toi tu portes ta blessure.

Non pour ton propre honneur, mais bien comme un hommage

A Tamour tout-puissant pour qui tu fus frappé.

Pour qui ton cœur saignant de pourpre fut drapé, Et qui daigne laisser paraître un témoignage De son culte immortel sur ta poitrine obscure.

l'acceptation. 1*)5

Dans la salle où je vis, dont la larg-e fenêtre

Laisse voir les flots gris et roulants de la mer,

l'^t la plage déserte où pleure un vent d'hiver,

A l'heure où, dans la nuit qui vient, tout s'enchevêtre,

Je suspends mon travail et fixe longuement, Dans ses ors embrunis, le portrait où persiste L'anxieuse lueur d'un regard tendre et triste. Il me suit, mais bientôt, dans l'envahissement

Cruel, inexorable et froid du crépuscule. Semblant presque mouillé de larmes, il recule ; Et c'est comme un adieu déchirant chaque soir.

Alors pensif, le coude au bord de mon pupitre. Et le front dans la main, je contemple, sans voir, Les constellations qui trerablont sur la vitre.

A I. AMIE l'ERDLE.

Lorsque le o-]aive (1*01' du iiiatiii extermine

Les débris attardés des téuèiires fiivantes.

Kt que le jour, i^dissaut dans les bois, illumine

Sous leurs rochers verdis les sources plus bruyanffs

L'impalpable bonheur dont je vis se termine : Sitôt que les vapeurs se traînent sup[)liantes Et meurent, il pâlit, fuit et se dissémine, Evaporé parmi les ombres ondoyantes.

Car c'est un rêve, il veut la lumière indécise

Que la lune voilée et douteuse tamise

Sur le* vallons baignés d'une brume bleuâtre ;

El j"v crois voir passer, chérissant ma méprise, Une forme qui va. plus blanche que l'aUjâlre. Dans de vayues bdscjuets de myrte et de cytise.

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