‹ À l'amie perdueChapitre 14 sur 19 · I. ACCEPTATION · texte numérisé non relu

I. ACCEPTATION

Avant que les ravons ne lilanehissent les voiles Des vaisseaux, sur la mer où Tombre flotte encore. Dans les cieux pâlissants où meurent les étoiles, Tout défaille à riiiblani ({ui jii-éciMlr Taurore ;

Les astres, qui paraient la nuit de leurs llyures, Se sont évanouis, et la lune elle-même. Brillante au milieu d'eux dans les heures obscures, Solitaire à présent, comme un fantôme blême

l'ixpire, se dissout dans la pâleur livide

]'lt froide qui s"étend sur le firmament vide.

Mais ce n"est (pie Tangroisse et le spasme du jour :

Au premier battement du vaste cœur du monde, I/air tressaille, la vie éclate, et tout s'inonde Du flot irrésistible et rose de Tamour.

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Quand riiiver sur le pôle a clos sa longue nuit. Tout semble à jamais mort ; un linceul ténébreux A recouvert le monde insensible et détruit, Sous le déroulçmeiit de ses j)lis monstrueux ;

La lumière d'un g-lol)e inanimé reluit

Sur un chaos blafard de sépulcres neigeux.

Et seuls les craquements des glaces font un bruit

Funèbre dans les airs lourds et silencieux.

Mais, par degrés, le ciel reprend un peu d'aurore,

Cette aurore indécise et pâle se colore,

JKt, sous le glissement des molles avalanches,

Eclatent, tout à coup, comme un clair météore, Des bouleaux tout joyeux de redresser leurs branches. Et des lits azurés et riants de pervenches.

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Los coursiers emportés que l'Aurore oonduit. Et qu'elle excite encore avec ses rênes d'or, Bondissant dans le ciel d'un triomphal essor, Galoj^ent à travers les déltris d<^ la nuit.

L'ombre surprise et qui trop lentement s'enfuit Roule sous leurs sabots enflammés et se tord ; Elle saigne, écrasée ; et ce sang jusqu'au bord Emplit le firmament qui s'illumine et luit ;

Car bientôt ces rougeurs se changent en clartés, Et ce flot douloureux devient de la lumière. En est-il parmi vous, ô coeurs ensanglantés

Sur lesquels a passé le Devoir votre roi. Qui transforment ainsi leurs peines en prière, Leui's reffrets en sas-esse , et leurs douleurs en foi ?

200 A I/AMIE PERDIE.

VlIT

Je te vis clans un rêve après un triste adieu : Tu marchais dans les plis pesants et niai^nifiques D'une robe en vel(Mirs d"un pins céleste hlen Que celui di'^ ^-lacicrs ou des Uol?; allanlii[iies

Quand vers l'orient idair jaillit un premier feu ; Une p:org-one d'or aux cruels yeux trag-i({ues L'agrafait à ton cou, mais un doux désaveu Descendait de tes yeux azurés et pudiques ;

Derrière toi luisait une mer de lapis

Dont les flots étag-és montaient comme un parvis

Vers un grand ciel limpide aux bleuâtres splendeurs ;

Tu tenais dans tes mains de frais myosotis,

Sans me dire un seul mot tu me tendis ces fleurs,

Et j'y plongeai mon front pour y cacher mes pleurs.

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