‹ A l'assaut des pays nègresChapitre 14 sur 45 · SORTIE DE L'OUGOGO · texte numérisé non relu

SORTIE DE L'OUGOGO

fléaux ; les autres, bons, trouvent les coupables et leur font subir le châtiment qu'ils méritent. Ils croient aussi , dit-on, qu'après leur mort ils passent dans le corps d'une hyène. Du reste, on ne voit pas de signes religieux auprès de leurs tembés.

Jeudi 22 août. — Au moment où nous allions quitter cette région inhospitalière, nos porteurs se sauvent à toutes jambes, sans autre motif que celui de se débarrasser de leurs ballots et d'arriver plus vite chez eux1. Nos soldats se mettent à leur poursuite, et, aidés par les gens du pays, ils en font rentrer les trois quarts dans le camp. Nous nous efforçons de calmer les esprits; nous y parvenons, grâce à l'intervention visible de la Providence, et nos pagazis nous promettent de nous être fidèles jusqu'au bout.

Restaient encore cent mzigos qui n'avaient plus de porteurs, et dont nous ne voulions pas faire cadeau à des gens qui nous avaient déjà extorqué la valeur de mille piastres. Après maints pourparlers avec le sultan de Moukondoukou, nous pûmes engager le nombre de pagazis qui nous était nécessaire : car ces messieurs ont toujours sous la main de nombreux déserteurs de caravanes qu'ils emploient à leurs cultures. Pour faire porter les ballots des fuyards jusqu'à Toura, premier village de l'Ounyamouézi , nous dûmes débourser environ mille dotis, valeur égale à six mille francs.

Enfin nous sortons de l'Ougogo. Nous avons subi bien des pertes et passé de très mauvais jours en le traversant. Nous remercions Dieu de nous avoir délivrés de la tyrannie des pillards qui l'habitent. Pauvre peuple! comme il paraît dégradé! comme il est éloigné de toute idée de civilisation et surtout de christianisme! Notre Père... que votre règne arrive !

Après avoir marché dans la forêt jusqu'à midi, nous campâmes dans un lieu appelé Simbo. — Le reste de la journée se passa à payer les pagazis engagés au dernier camp.

1 Pareille mésaventure arriva, également au sortir de l'Ougogo, au capitaine Speke. ( Voyage aux sources du Nil.)

Vendredi 23 août. — Nous ne partons qu'à midi par un soleil ardent, et nous voyageons jusqu'à six heures, toujours dans la forêt. Cette tirikéza est très pénible, non seulement à cause de la chaleur, mais aussi de la difficulté du sentier, très étroit, et bordé de fourrés épineux qui nous arrêtent à chaque pas.

Un peu au sud se trouve un village de Wangouana, que le sultan de Zanzibar a envoyés comme colons dans ces parages. Ils sont au nombre de cent cinquante ; mais leur établissement ne pourra guère prospérer, l'eau étant très rare. Ils habitent un tembé splendide surmonté du drapeau de Saïd B a mâche.

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