CH
PC
co o
Pour nous, nous n'eûmes point à subir ces vexations. On nous dit même que nous pourrions construire une maison au lieu et dans le temps qu'il nous plairait. De plus, ils nous envoient souvent de petits présents en riz, farine de froment, fruits, etc.. Cette bonne entente durera-t-elle? Nous l'ignorons. Peut-être nous créeront-ils des difficultés quand il s'agira de nous fixer d'une manière définitive. Peu importe, nous ne craignons rien : Si Deus pro nobis, quis contra nos ?
17 février. — Pluie d'orage; le thermomètre a varié depuis 20° jusqu'à 28°. Le charpentier qui s'est chargé de nos travaux de réparation vient enfin de placer une fenêtre, au grand regret de Soliman, notre propriétaire. Enfants de ténèbres, les Arabes ne peuvent comprendre combien les fils de lumière aiment le jour!
26 février. — Le chef de la mission anglaise part aujourd'hui pour faire une excursion d'une huitaine sur le lac, au grand déplaisir des Arabes, qui craignent que ces messieurs ne voient de trop près ce qui se passe sur les rives du Tanganika.
3 mars, — On se bat dans le Manyéma ; la guerre se fait entre les Arabes de Zanzibar et les Portugais métis venus de l'Atlantique. Les causes de cette lutte sont, dit-on, toutes commerciales : lïvoire et la traite , sans doute !
Un grand nombre de gens d'Oujiji qui se trouvaient au Manyéma rentrent chez eux.
6 mars. — A la limite de la province d'Oujiji, du côté du nord, à deux ou trois journées d'ici, commence la province de l'Ouroundi.
D'après tous les renseignements recueillis jusqu'à ce jour, l'Ouroundi pourrait offrir des chances de succès pour une mission si une fois nous pouvions y pénétrer. Du côté du sud, comme je l'ai dit, il faut aller très loin pour rencontrer les habitants; une partie de la côte est ravagée par les Rougas-Rougas. Ces détails, donnés par Stanley après son
dernier voyage, ont élé confirmés par tous les voyageurs que nous avons consultés.
L'Ouroundi, au contraire, est très peuplé, dit-on; c'est un immense pays qui comprend toute la partie nord-ouest et nord du lac, depuis l'Oujiji jusqu'à l'Ouvira. J'ignore ses limites dans l'intérieur.
8 mars. — Quoique Oujiji soit au pouvoir des Arabes, qui y exercent l'autorité la plus absolue, il y a aussi un indigène décoré du titre de sultan, à qui les Arabes donnent et retirent le pouvoir à volonté, suivant leur intérêt. Ce personnage habite loin d'Oujiji, dans l'intérieur; il ne vient jamais ici, car ses dieux lui défendent de voir la mer (le lac Tanganika). Il a un vizir ou agent qui le représente.
En parlant de l'Ounyanyembé, j'ai aussi fait mention d'un sultan qui est censé partager l'autorité avec le wali arabe et commander aux indigènes. Cette autorité n'existe que de nom, mais elle est d'un grand secours aux Arabes musulmans, qui savent admirablement s'en servir en flattant le plus qu'ils peuvent ce soi-disant sultan, afin d'agir à leur gré à l'égard des indigènes, sans que ce chef trouve rien à redire.
Aujourd'hui nous recevons la visite du vizir de ce sultan d'Oujiji. Il est accompagné d'Hassan et de Soliman, fils de Moini-Héri. Il venait chercher un présent. Hassan plaida sa cause le mieux qu'il put, en nous disant que nous avions affaire à un grand personnage. Pour toute réponse, nous dîmes que nous aussi nous étions des personnages, et que pourtant nous n'avions encore rien reçu du vizir, dont nous ignorions l'existence jusqu'à ce jour. Après cela il se retira.
Le surlendemain, le vizir nous envoya deux vieilles chèvres et un peu de riz. Ce que nous lui adressâmes en échange avait plusieurs fois la valeur d'un* présent si peu royal.
14 mars. — Un Arabe nous écrit de l'Ounyanyembé qu'il arrive de Zanzibar apportant plusieurs objets à notre adresse.
Les porteurs de ce courrier nous apprennent que trois blancs sont dans l'Ounyanyembé, et qu'un quatrième est parti pour venir à Oujiji. Nous interrogeons ces noirs, et nous leur
demandons des détails sur ce quatrième blanc. « C'est un homme à longues moustaches et monté sur un âne. » Ce fut là leur seule réponse.
15 mars. — Hassan vient traiter avec le Père Deniaud la question du logement, qui primitivement, au dire de ces bons Arabes, devait être gratuit.
Déjà Soliman avait dit que la location serait de quinze dotis (environ 80 francs) par mois. A son tour, le vieux fanalique, notre safiki sana (ami tout dévoué) vint demander combien nous voulions donner. « Dix dotis sont plus que suffisants, » lui répondit-on. Quant à lui, il ne voulut fixer aucun prix, disant qu'auparavant il devait faire chaouri (tenir conseil) avec lui-même.
« Demain, ajoula-t-il, je reviendrai.
— Non. pas demarn, lui dit le Père Deniaud, car c'est un grand jour (sikou mkouba).
— Alors après-demain, reprit Hassan.
— Pas cette semaine, nous serons en prières continuellement, nous ne recevrons personne. »
Le Père faisait allusion à la retraite annuelle que nous commencions le lendemain.
« C'est bien, reprit le vieux musulman, tu as raison, prie ; la prière est bonne, je ne viendrai pas te troubler. »
Puis il compta sur ses doigts en indiquant qu'il ne se présenterait qu'après huit jours.
Au sujet de la prière, le même Hassan, qui passe pour un des sages de la localité et qui est très versé dans la connaissance du Coran, fit plusieurs questions au Père Deniaud.
« Combien de fois pries-tu chaque jour?
— Sept fois.
— C'est bien; moi je prie cinq fois. Où sont tes prières?
— Dans ce livre. » Le Père lui indiquait* le bréviaire et ajouta : « Je prie sept fois chaque jour dans ce livre et fais plusieurs autres prières par cœur.
— Qui pries-tu?
— Allah.
— Comment pries-tu ? »
Le Père lui indiqua les différentes positions que l'on prend en priant.
« Quels livres as -tu?
— L'Évangile et tous les autres livres sacrés.
— As-tu les Psaumes, Moïse, Daniel, Salomon?
— Oui, j'ai toute la Bible.
— Mangerais -tu une chèvre qu'on n'aurait pas tuée en lui coupant le cou ?
— Sans doute, si elle était bonne.
— Moi, je n'en mangerais pas. »
Puis, changeant encore de sujet, il dit : « En France, achète-t-on des esclaves?
— Non.
— Pourquoi?
— Parce que tous les hommes, dans notre pays, naissent libres, tous travaillent. »
Ainsi se termina la conversation, et Hassan se retira.
16-24 mars. — Nous faisons tous ensemble les exercices de la grande retraite. Que le Seigneur daigne nous renouveler et nous confirmer dans son divin Esprit, qui est l'esprit de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété et de crainte de Dieu.
En arrivant à Oujiji, notre première pensée a été de donner immédiatement de nos nouvelles à nos supérieurs de Maison- Carrée et à M81 Lavigerie. Mais tous les efforts que nous avons faits pour faire partir nos lettres ont été vains. Les Anglais sont dans le même embarras que nous.
Nous ne savons rien non plus, ni de M. Debaize, qui est parti de l'Ounyanyembé trois semaines avant nous, par la route de Simba, ni de l'expédition belge, ni de M. Broyon, qui amène une caravane à la mission protestante d'Oujiji. Ce manque de nouvelles nous porte à croire qu'il y a des troubles graves dans l'Ounyanyembé.
24 mars. — Hassan revient et nous dit que nous payerons désormais quinze dotis par mois pour notre maison. Toute discussion est impossible. Il faut accepter ou déloger immédiatement.
Du reste, toutes les réparations que nous désirions, nous les avons fait faire à nos propres frais; nous sommes donc logés convenablement.
D'un autre côté, où trouverions- nous à Oujiji une autre maison pour ce prix-là? Enfin, avant tout, nous voulons la paix.
27 mars. — L'homme à « longues moustaches », et qui traversait naguère l'Ouvinza « monté sur un âne » , vient d'arriver à Oujiji ; c'est le Révérend Dodshun , de la Société des missionnaires de Londres. Il doit renforcer le poste d'Ou-
jiji-
Il était parti de la côte en compagnie de M. Broyon, qui
amenait une caravane pour sa mission.
A leur arrivée à Ouyouy, des envoyés de Mirambo s'emparèrent de leur caravane; cent quatre-vingts charges de pagazis furent enlevées ; à peine M. Broyon put-il en sauver quelques-unes et se réfugier chez les Arabes de l'Ounyanyembé, à huit lieues de là. Après ce désastre, M. Dodshun se réfugia en toute hâte à Oujiji avec quelques hommes seulement.
Avant de perdre leur caravane, MM. Broyon et Dodshun avaient failli être tués par les Wagogo , dans le lieu même où nous avons vu mourir le bon Père Pascal, et cela à cause d'un jouet d'enfant qu'ils avaient laissé par mégarde dans le camp précédent et auquel les indigènes attribuaient quelques pouvoirs magiques.
Trois hommes qui portaient à la côte le courrier des Anglais d'Oujiji avaient été récemment arrêtés et massacrés par les Wagogo. Les lettres dont ils étaient dépositaires avaient été dispersées. Quelques indigènes en ont recueilli un certain nombre et les ont fait parvenir à Zanzibar.
Nous apprenons encore que le lieutenant Vautier, de l'expédition belge, est mort à Hikongou; que le docteur Dutrieux, de la même expédition, se trouve à Tabora avec M. Gambier; que M. Penrose, un jeune Anglais de laChurch missionnary Society, qui se rendait dans l'Ouganda, a été tué dans la forêt de Toura par les Rougas-Rougas, irrités d'avoir eu quelques-
uns des leurs tués dans un engagement avec la caravane de M. Debaize.
28 mars, — Après avoir entendu le récit de toutes ces nouvelles, nous demandâmes à M. Dodshun pourquoi Mirambo, qui jusqu'alors avait été l'ami des blancs, s'était conduit à leur égard d'une manière si indigne.
« En voici la raison, nous dit-il : Mirambo avait envoyé à la côte, il y a plusieurs mois, une caravane dirigée par un Anglais nommé Morlon. Celui-ci vendit l'ivoire de Mirambo, et avec le prix de la vente composa une autre caravane.
« Tout était prêt pour le départ, quand tout à coup, pour des raisons que j'ignore1, on apprend que M. Morton venait de se suicider à Sadani (au nord de Bagamoyo). A cette nouvelle, ceux qui croyaient y avoir quelques droits, et même ceux qui n'en avaient aucun, tombèrent sur la caravane de Mirambo et la dissipèrent en partie. En apprenant cela, le sultan fut violemment irrité et accusa tous les blancs de l'avoir volé. C'est pour se venger qu'il a fait main basse sur la première caravane qui est entrée sur son terril oire. Le terrible sultan, dit-on, n'est pas satisfait; il veut encore mille charges de pagazis appartenant aux blancs. »
29 mars,. — En entendant le récit des désastres que je viens de rapporter très succinctement, nous éprouvions un profond sentiment de reconnaissance envers Dieu. Nous avions eu un long et pénible voyage, il est vrai; nous avions souvent été visités par la maladie, nous avions subi de grandes pertes, mais nous avions échappé à des dangers que d'autres n'avaient pu éviter. Et maintenant nous étions rendus au terme de nos désirs, heureux d'avoir été jugés dignes de souffrir quelque chose pour le nom de Jésus.
3 avril. — Vers deux heures après midi, M. Hore, de la mission protestante, vient nous apprendre la mort de M. Dodshun, le ministre arrivé depuis huit jours à Oujiji; il a succombé subitement aujourd'hui même à midi.
1 M. Morton s'est suicidé dans un accès de fièvre chaude, prise à la côte, en organisant sa caravane.
OL'JIJI 309
Nous tâchâmes de consoler M. Hore de notre mieux, comme ont coutume de le faire les catholiques, et surtout les missionnaires.
4 avril. — M. Hore est venu prier le Père Deniaud d'aller chez lui, afin de voir son confrère défunt avant qu'on fermât le cercueil. Le Père se rend à cette invitation. Gela fait, M. Hore va jusqu'à l'inviter à présider l'enterrement, qud doit avoir lieu dans la soirée. Naturellement le Père refuge. Nous aussi nous avions perdu un confrère, et dans des circonstances plus tristes encore ; mais les pensées de la foi nous soutenaient. Nous nous consolions mutuellement en répétant que nous avions au Ciel un protecteur et un ami qui, par ses prières, attirerait la bénédiction de Dieu sur notre œuvre et sur nous tous.
5 avril. — Depuis moins d'un an, la mission protestante d'Oujiji avait perdu deux de ses membres. M. Thompson était mort six mois après son arrivée ici, et M. Dodshun n'était resté qu'une semaine à Oujiji. TYms deux avaient été frappés subitement; ils étaient ministres l'un et l'autre. Quant à M. Hore, c'est un officier de marine envoyé ici pour faire un rapport sur le lac Tanganika ; son compagnon est charpentier de son état.
Ces deux messieurs se sont montrés jusqu'ici pleins d'égards et d'amabilité envers nous.
6 avril. — J'ai déjà parlé des difficultés de la mission anglaise avec les Arabes. A Zanzibar, on a été informé du fait, et Saïd Bargache a écrit au gouverneur d'Oujiji à ce sujet. Aujourd'hui les Arabes ont un grand Chaouri (conseil), et il a été décidé que les défenses qui pesaient sur les Anglais seraient levées. Cependant il ne leur est point permis d'entrer en relations avec les indigènes sans que la nature de ces rapports soit contrôlée par les Arabes.
7 avril. — Des bruits de guerre circulent de toute part ; on dit que Mirambo a fait alliance avec l'Ouvinza et s'avance du côté d'Oujiji. La terreur saisit les Arabes. Hassan vient en
toute hâte demander à emprunter nos fusils. Nous lui proposons de les lui vendre, mais non de les lui prêter; il refuse.
Les jours suivants, quelques Arabes, plus prudents, se préparent à faire voile vers l'Ouvira ou une autre plage, afin d'éviter la guerre. Leurs barques sont prêtes à partir au premier moment. D'autres fortifient leurs tembés en les entourant d'un fossé de trois pieds de profondeur. Ils font leurs plans de bataille : ici les soldats se déploieront en tirailleurs ; de ces tranchées partiront des nuées de flèches, et en quelques heures les troupes du terrible Mirambo seront taillées en pièces ; c'est vraiment amusant de voir le sérieux avec lequel on se prépare à la guerre. On dirait des enfants qui veulent jouer « aux soldats ».
8-10 avril. — Au commencement de cette grande semaine, notre pensée se reporte naturellement vers les belles cérémonies auxquelles nous avons pris part tant de fois. Ici, dans notre petite chapelle improvisée, nous imitons d'une manière bien imparfaite ce qui se passe à la Maison-Carrée pendant ces saints jours.
Quoi qu'il en soit, nous avons l'espérance que Notre-Seigneur tiendra compte de notre bonne volonté et nous rendra participants, ainsi que les peuples auxquels nous sommes envoyés, des souffrances qu'il a endurées pour tous.
13 avril, saint jour de Pâques. — C'est surtout aujourd'hui que nous voudrions déployer la pompe de nos églises de France; mais, encore une fois, tout en faisant notre possible, nous nous contenterons de désirer qu'un grand concours de peuples convertis à la foi de Jésus-Christ l'adorent un jour dans ce lieu et chantent Y Alléluia avec nous.
Depuis la mort du ministre protestant dont je viens de parler, M. Hore vient chaque jour passer quelques instants chez nous.
Un Arabe propose d'envoyer trois hommes à l'Ounyanyembé pour porter le courrier. Il paye un de ces hommes. La mission anglaise paye le deuxième, et le troisième reste à notre charge. Nous avons deux dotis à donner. Nous consentons à cet ar-
rangement. Mais le 19 avril, jour fixé pour le départ de nos messagers, ils demandent vingt-trois dotis au lieu de six. Voyant cela, M. Hore envoie trois de ses domestiques à TOunyanyembé avec son courrier et le nôtre, et prie le Wali de les expédier à la côte.
Cinq jours après leur départ, ces trois hommes rentraient à Oujiji et racontaient ce qui suit :
Arrivés sur les bords du Malagarazi, ils furent arrêtés par les Rougas-Rougas, qui leur enlevèrent leurs étoffes et les conduisirent chez le sultan de Loussounzou (province de l'Ouvinza). Celui-ci leur demanda où ils allaient. Sur leur réponse qu'ils étaient porteurs du courrier des blancs d'Oujiji, le sultan leur laissa la vie sauve, en ajoutant qu'il les épargnait parce qu'ils étaient les hommes des blancs; mais qu'il les aurait fait mettre à mort à l'heure même, s'ils avaient été envoyés par les Arabes. Puis il demanda à voir les lettres, les regarda et les rendit aux porteurs. Il les retint un jour ou deux et les renvoya à Oujiji, défense leur étant faite de continuer leur route vers FOunyanyembé.
Ces hommes, à leur retour, nous dirent aussi que Mirambo, qui s'était avancé du côté d'Oujiji, venait de retourner sur ses pas. Cette nouvelle a dû tranquilliser les Arabes.
15 avril -10 mai. — Période de fièvre à peu près générale.
10 mai. — Pour la troisième fois, nous essayons de louer une embarcation, afin d'explorer les rives du Tanganika. Le propriétaire se montre plus raisonnable et exige seulement environ vingt-cinq francs par quinzaine. Ce n'était pas tout, il fallait encore engager une dizaine d'hommes pour nous accompagner, car ce bateau comportait au moins huit rameurs.
S'il avait été difficile de le louer, il était au moins aussi difficile de trouver le personnel que nous désirions ; après maintes recherches, nous réunissons quelques Wajiji; mais les pourparlers avec eux ne finissent point; tantôt ils veulent bien nous accompagner, tantôt ils refusent. Ils désirent pour payement tantôt une chose, tantôt une autre. Ils discutent des
heures pour des riens, renvoient l'étoffe qu'on leur a donnée, puis la reprennent. Finalement ils acceptent.
Selon d'habiles ouvriers du pays, quelques heures suffisaient pour mettre notre bateau en état de prendre la mer; mais, au lieu de quelques heures, il a fallu trois grands jours.
15 mai. — A trois heures et demie de l'après-midi, les PP. Deniaud et Dromaux montent dans la petite embarcation avec leurs dix hommes d'équipage. Au moment de mettre à la voile, ils s'écrient d'une voix forte : Procedarnus in pace !
Les PP. Delaunay et Augier, qui restent à la garde du tembé, répondent en levant les yeux au ciel : In nomine Christi. Amen !