‹ A. L. BaryeChapitre 46 sur 76 · LIONNE MARCHANT · texte numérisé non relu

LIONNE MARCHANT

LES ARTISTES CÉLÈBRES

Ce dernier trait, qui a d’autant plus de valeur qu’il émane de Barye lui-même, c’est-à-dire d’un homme qui s’était de tout temps exercé à tout étudier, à tout connaître, y compris lui-même, nous servira à compléter sa physionomie. Nous y voyons un incessant besoin de renseignements, d’observations. C’est l’aliment essentiel de la pensée. Car autrement c’est une terrible faculté, qui s’use et se nourrit d’elle-même si on ne prend soin de la renouveler par de continuels matériaux. Par les oreilles autant que par les yeux, l’inspiration pénétrait dans l’esprit de Barye. Si son profond silence trouvait sa cause dans les épreuves que la vie ménage à tout homme et qu’elle prodigue surtout aux mieux doués, il trouvait aussi son encouragement dans les enseignements qui viennent à l’homme qui sait se taire. Ce n’était pas seulement pour mieux entendre sa pensée qu’il se taisait, c’était aussi pour pénétrer celle des autres.

Ainsi ont presque toujours fait les grands artistes ; ils ont pour la plupart le surnom de contemplateurs. Et il semble que l’on surprenne ainsi une recette sûre pour faire des chefs-d’œuvre : regarder toujours, écouter toujours, travailler toujours!

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