‹ A l'heure des mains jointesChapitre 14 sur 20 · BONHEUR CRÉPUSCULAIRE · texte numérisé non relu

BONHEUR CRÉPUSCULAIRE

Et c'est le bonheur d'être assises Toutes deux, auprès du foyer, Et de voir le feu rougeoyer En tes calmes prunelles grises.

C'est de taire les vains aveux Et d'oublier les autres femmes, En regardant luire les flammes A travers tes profonds cheveux.

C'est de voir s'embraser l'automne Dans l'âtre aux multiples reflets Où croulent des tours, des palais, Des façades et des colonnes...

Dans mon cœur qui frissonne un peu.

Un sanglot d'autrefois persiste...

Vois comme le bonheur est triste, Les soirs d'hiver, auprès du feu...

TÊiT^ITEC^TES ESTcdGlT^OLES

E repentir songeur n*use plus leurs genoux.

Parmi les champs malsains et les villes malades Elles dansent, ainsi que de noires Ménades.

Parfois le vent du soir éteint leurs cierges roux.

Elles ont coupé leurs chevelures altières; Le cilice a mordu leurs seins endoloris, Leurs psaumes, soupires ou jetés à grands cris, S'accompagnent du son rauque des grelottières.

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lOO A L^HEURE DES MAINS JOINTES

Pourtant, il dort au fond de leurs yeux espagnols Des souvenirs qui sont comme un jardin mauresque Où le jet d'eau retrace une blanche arabesque, Où s'exaltent les voix de mille rossignols.

Et c'est en vain que ces lascives pénitentes Lancent publiquement leurs clameurs de remords... Jusqu'au jour où les vers rongeront leurs yeux morts. Leur chair n'oubliera pas ses langueurs consentantes.

Leurs flancs meurtris sont prêts encore aux pâmoisons. Et leur bouche d'amante ouvre sa rose tiède, Car le vent de Grenade et le vent de Tolède Mêlent leurs sourds parfums au bruit des oraisons.

Elles ne verront point, de leurs yeux de fiévreuses. Le ciel où Ton n'a plus de souvenirs d'amour, D'où, froide en sa blancheur, l'éternité du jour Chasse les voluptés aux ferveurs ténébreuses.

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