‹ A l'heure des mains jointesChapitre 16 sur 20 · MENSONGE DU SOIR · texte numérisé non relu

MENSONGE DU SOIR

Le présent despotique est comme un maître rude Qui tourmente Tesclave au sommeil harassé...

Mes chères, descendons la pente du passé En sentant que le soir est plein de lassitude.

Je songe à la fatigue, à l'ennui des retours Qui suivent les départs vers les terres charmantes... Allons ainsi jusqu'au futur, ô mes amantes!

Sachant que nous avons vécu nos plus beaux jours.

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1 u viendras, les yeux pleins du soir et de Thier... Et ce sera par un beau couchant sur la mer.

Frêle comme un berceau posé sur les flots lisses, Notre barque sera pleine d'ambre et d'épices.

Les vents s'inclineront, soumis à mon vouloir. Je te dirai : a La mer nous appartient, ce soir. »

Tes doigts ressembleront aux longs doigts des noyées. Nous irons au hasard, les voiles déployées.

Levant tes yeux surpris, tu me demanderas :

c Dans quel lit inconnu dormirai-je en tes bras ? »

Des oiseaux chanteront, cachés parmi les voiles. Nous verrons se lever les premières étoiles.

Tu me diras : « Les flots se courbent sous ma main... Et quel est ce pays où nous vivrons demain ? »

Mais je te répondrai : « L'onde nocturne est blême. Et nous sommes encor loin de Hle que j'aime.

« Ferme tes yeux lassés par le voyage et dors Comme en ta chambre close aux rumeurs du dehors...

a Telle, dans un verger, une femme qui chante, Le bonheur nous attend dans cette île odorante.

« Couvre ta face pâle avec tes cheveux roux.

L'heure est calme et la paix de la mer est sur nous.

« Ne t'inquiète point... Je suis accoutumée

Aux risques de la mer et des vents, Bien-Aimée... »

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