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tresse si absolue, si poignante qu'il sentit lus I Lrines !<■ eragner.
— Pauvre enfant '. tnurmura-t-il, je sais que un sacrifice bien terrible... .Je saisqu'il est
tout pour \ ous sur la terre.
— Oui, dit-elle faiblement, et la vie va être bien longue.
— ( '<• que uous appelons la vie est bien peu de «lu tse . . . une ombre . . . une fumée légère . . .. Les années passent comme des instants, Gisèle, et bientôt et- monde aura disparu pour nous.
Ali. lit elle, comme se parlant à elle-même, qu'il est triste de n'espérer plus qu'en la mort !
Et, se coin rant le visage de ses mains, elle pleura silencieusement.
— Mon enfant, dit le religieux après un instant, écoutez-moi... Voudriez-vous lui ravir le bonheur et la gloire de sa vocation religieuse ?..t
Comme elle pleurait toujours sans rien répondre, il poursuivit :
La vocation religieuse, il l'a, soyez-en sûre. Sans cette force divine qui est la grâce même de la vocation, il n'aurait pu tenir. Ditesmoi, avez-vous jamais songé à ce jeuni' homme • le l'Evangile que Jésus-Christ appelait et qui refusa delesuivre 1 ... Voudriez-vous que Charles lit comme lui ' . . .
a l'œuvre et a l'épreuve 125
— Non, dit-elle, se redressant avec une force soudaine, je ne veux pas son malheur. Si Jésus- Christ l'appelle, qu'il le suive, qu'il m'abandonne, qu'il me foule aux pieds, j'y consens.
Et, se rejetant sur le sofa, elle cacha son visage dans la soie des coussins et sanglota convulsivement. Le religieux la regardait attendri jusqu'au fond du cœur. Quand elle fut un peu calmée, il reprit :
— Vous avec l'âme généreuse, Gisèle, et cela m'encourage. Aimer quelqu'un, c'est vouloir son bonheur, n'est-ce pas '. Eh bien, si vous le vouliez, je crois que vous arracheriez à mon père le consentement que Charles a tant de fois imploré en vain . .
Voilà, mon enfant, la plus grande, la plus noble preuve d'affection que vous lui puissiez jamais donner, et je voulais vous le dire.
Gisèle Méliand aimait Charles Garnier de l'un de ces amours, profonds, ardents, exclusifs qu'il est donné à si peu de connaître.
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Lui de moins dans sa vie, il n'y avait plus rien. La terre n'était plus qu'une effroyable solitude.
Kl le le savait parfaitement ; mais le lendemain, quand le soleil vint éclairer sa chambre, sa résolution était prise.
< le jour-là, surmontant sa faiblesse, elle se leva, s'habilla soigneusement et fit prier son tuteur de monter à sa chambre.
Le magistrat, qui vint aussitôt, la trouva à demi couchée sur un pliant. Son attitude rigide et tranquille lui fit une pénible impression ;mais, sans en rien laisser voir, il la baisa au front, et s'asseyant à côté d'elle :
— Vous avez à me parler ? ma chère petite, dit-il.
— Oui, répondit-elle, levant sur lui ses beaux yeux tristes. J'ai une chose à vous demander.
— Qu'est-ce que c'est 1 fit-il avec la plus grande douceur, mais en détournant la tête, car l'expression de sa physionomie lui faisait mal.
— Je voudrais retourner à Port-Royal, dit lentement < ïisèle.
— Vous voulez retourner à Port-Royal ! s'écria le magistrat se penchant vers elle, avec l'air d'un homme qui croit avoir mal compris.
— Oui, dit-elle fermement. Puisque je suis une cause de division et de souffrance, puisque vous voulez forcer votre fils à m'épouser, je ne resterai pas chez vous plus longtemps, et je vous demande la permission de retourner à Port- Royal. Où voulez-vous que j'aille?
Les traits du magistrat se contractèrent violemment ; une flamme de colère jaillit de ses yeux, et, se levant brusquement, il marcha vers la fenêtre qu'il faillit faire voler en éclats. Ses tempes battaient avec une force terrible et les sentiments les plus violents, les plus contradictoires se partageaient son cœur.
Le visage caché clans ses oreillers, mademoiselle Méliand attendit en silence.
Elle attendit bien des minutes.
Enfin, revenant vers elle :
— Gisèle, dit-il amèrement, nous serions si heureux. J'aurais tant aimé à vous nommer ma fille.
— Je le serai, dit-elle, se jetant dans ses bras- Pendant quelques instants, elle pleura sans
contrainte, la tête appuyée sur son épaule. Puis, relevant son visage, auquel la douleur donnait une expression sublime :
— Vous le laisserez libre de faire ce qu'il veut ? murmura-t-elle. Vous me le promettez ?
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— Oui. dit le magistral sanglotant sans s'en apercevoir. < mi, je voua le promets. . . .Vous ne maure/ pas donné, en vain, un si grand exemple de générosité. Pauvre enfant! c'est surtout pour vous que ce sacrifie est terrible.... Nous autres, notre vie est bien avancée, niais la vôtre est tout entière devant vous.