LE CUMUL ET L'EDUCATIO.V
taite à ce sentiment, lorsque, en 1879, j'ai donné ' démission de conseiller général de l'Yoïine. ' ^^(ais si j'ai pu agir ainsi sans hésitation, c'est que tais sûr d'être remplacé par un républicain. Or, B certitude a dû manquer à beaucoup de mes Bègues ; elle est l'explication, j'ai presque envie fcdire l'excuse, du cumul par eux brigué.
— i. Car les autres raisons sont fort mauvaises. A vrai -aire, elles m'ont toujours semblé n"être que des prétextes destinés à dissimuler le besoin de dominer «ODS contrôle les fonctionnaires locaux, et la crainte ,1e voir diminuer une influence prépondérante dans ) affaires de l'arrondissement.
ais, je le répète, souvent le membre du Parlet qui se présente au conseil général accomplit En devoir. Et à ceux qui lui reprochent son cumul, il peut répondre : « Qui mettriez-vous à ma place si je ne me présentais pas? »
Il est vrai que s'il ne se présentait pas, on chercherait, on s'ingénierait, on découvrirait peut-être des candidats qui- s'ignorent eux-mêmes. Mais enfin j'accepte l'explication, qui incontestablement et malheureusement s'applique dans un trop grand f .nombre de cas.
Et je me dis: D'où \ient cette disette de candi- Latsî D'oti vient que le disponible d'hommes poli- Kgues ne grandit pas en ce pays, et tant s'en faut, ttir beaucoup d'entre nous se demandent, et de très jonno foi, ce qui adviendrait dans leur arrondissement si la mort les frappait.
On a mis en avant la violence des luttes électo-
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^4 EDUCATION PUbLIQUE
raies, les procédés d'une polémique passionnée, la crainte des interpellations publiques, des diffamations ou même des calomnies. Il y a du vrai dans cette explication, surtout quand il s'agit du Conseil général, dont les sièges sont souvent recherchés par des gens modestes, timorés, d'épiderme très sensible, et que ne talonnent ni l'ambition ni la passion politique. Elle est particulièrement exacte, je le reconnais, dans les élections actuelles, où les attaques et les outrages viennent assaillir, par la gauche, de vieux républicains traités de cléricaux par des dignitaires de la Société de Saint-François- Xavier, dénommés pour Tinstant « intransigeants. »
Mais allons au fond des choses. Pourquoi cette modestie^ cette timidité, cette susceptibilité des hommes qui devraient être des candidats, que désignent pour ce rôle leur situation sociale et leur instruction?
Pourquoi pareille pénurie de champions politiques ne se fait-elle sentir ni en Suisse, ni en Angleterre, où cependant les luttes électorales ne sont pas caractérisées par le bon goût des polémiques et la modération des réunions publiques ?
Il en est, à mon avis, de cette question comme de toutes les questions graves touchant aux mœurs nationales : c'est dans l'éducation publique qu'il faut en aller chercher la solution.
Or, que fait notre système d'éducation publique pour préparer des citoyens actifs et militants ? Que fait spécialement notre enseignement secondaire, chargé de former les officiers de l'armée électorale ?