CONSEIL SUPÉRIRUR DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
des programmes ; ils furent remplacés par une étude plus approfondie des textes, par des lectures plus nombreuses et plus étendues des auteurs.
L'enseignement secondaire classique fut ainsi divisé en trois cycles, séparés par des examens de passage, sur la sévérité desquels le conseil a souvent Insisté.
Dans la division élémentaire (classe préparatoire, 8' et 7' ; enfants de 8, 9 et 10 ans ou moins), langue française, langues vivantes, histoire et géographie de la France, premières notions d'arithmétique et de géométrie, éléments des sciences expérimentales et naturelles.
Dans la dioîsion de grammaire (6*. 5> et 4' ; onze k treize ans), langue française et langues vivantes, histoire ancienne, géographie générale, reprise avec développements de l'arithmétique, de la géométrie, de la physique, de la chimie, de l'histoire naturelle. De plus, en sixième apparaît l'étude de la langue latine, en quatrième celle du grec.
Dans la dioision supérieure (3*. 2", rhétorique, philosophie), langues et liltéfatures française et étrangères, prédominance des langues et des littératures anciennes, étude approfondie de l'histoire et de la géographie de la France et de l'Europe, géométrie, éléments d'algèbre, physique, chimie. Enfin, en philosophie, à l'enseignement classique de la psychologie, de la logique, etc., s'ajoutent des notions d'économie politique, des études sur l'anatomie et la physiologie animale et végétale.
EDUCATION PUBUQUE
On voit que chacun de ces cycles — sauf un trop graiii] nombre d'exceptions, sur quelques-unes desquelles je dirai un mot tout à l'heure — forme un tout, un système harmonique et clos, dans lequel les différentes parties de l'enseignement reparaissent successivement, avec un développement progressif; si bien qu'après chacun d'eus l'enfant peut quitter le lycée emportant un bagage restreint, à coup sûr, mais complet en sot.
Prenons un exemple, celui qui m'est le plus familier; les sciences naturelles. Dans la division élémentaire, il ne s'agit que d'enseignement par l'aspect. Le professeur devra s'eff'orcer d'intéresser les enfants (8 à 10 ans) à l'étude des choses de la nature ; il les préparera à profiter de leurs lectures, de leurs promenades, de leurs vacances, et surtout il essayera de développer chez eux l'esprit d'observation, stimulant leur curiosité, disciplinant l'usage de leurs sens.
En 5' et en 4', i! s'agit de garçonnets (12 et 13 ans) à l'esprit plus rassis, mais doués encore de la merveilleuse mémoire de l'enfance. Ici, les notions précédemment enseignées et celles qui auront 6té acquises par le travail personnel seront classées, mises en ordre. On leur montrera comment les êtres vivants innombrables ont pu être rangés, dénommés, réduits à un petit nombre de types, rapprochés suivant leurs affinités naturelles. Avec l'esprit d'observation on développera ainsi l'esprit de méthode.
Enfin, l'élève de philosophie sera initié aux théories qui tendent à expliquer les origines et les mo-