LA SUPPRESSION DES HACCALADRÉATS
leur situation plus difllcile, on a augmenté leur travail et grandi leur responsabilité. A-t-on du moins simultanément accru leurs ressources !
Hélas ! la réponse est bien connue de tous. A l'heure où j'écris ces lignes, 54,000 instituteurs et institutrices, sur 90,000, ont moins de mille francs de traitement ; en outre, 21,000 ont moins de 1,300 francs. Rien n'est changé dans leur situation depuis de longues années. Je me trompe ; la loi sur la gratuité a rendu la plupart des avancements illusoires, ce qui ne permet plus de récompenser mérites et services. Et la Chambre a repoussé la loi qui devait remédier à ces misères.
Comment s'étonner que, dans ces conditions, beaucoup d'instituteurs ne fassent pas tous les efforts nécessaires pour que la loi de 1882 produise ses effets î C'est trop demander au dévouement professionnel. Si l'on veut que les réformes votées ou décrétées deviennent des réalités vivantes, il faut de toute nécessité soutenir énergiquement les instituteurs dans la lutte où la loi les engage, et les tirer d'une situation précaire et misérable.
(8 octobre 1884.)