LA SÉPARATION DE L'ÉGLISB KT DE L'ÉTAT
Mais ce n*est pas tout .
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Le budget des cultes supprimé, le Concordat dénoncé, il est des philosophes qui croient tout fini. Du jour où elle est séparée de TÉtat, PÉglise n'existe plus peureux. Ils ferment les yeux pour ne pas voir ses prêtres et ses moines. Ne leur parlez pas de sa puissance politique et de ses envahissements financiers: ils habitent un empyrée où leurs purs esprits ne s'inquiètent pas de ces misères. La liberté, le droit commun, répondent atout dans la bouche de ces sages. L'Église pourra, comme toute autre association, librement enseigner, prêcher et acquérir sans limites des biens meubles et immeubles.
Ne leur dites pas que le prêtre n'est qu'un serviteur passionné et désintéressé d'une cause impersonnelle et éternelle ; qu'il est à la fois isolé du monde par l'absence de famille et agrégé à un ensemble merveilleusement hiérarchisé. Ils ne voient en lui qu'un citoyen comme les autres, devant posséder les mêmes droits qu'un père de famille qui soutient seul pour lui et les siens le combat de la vie.
Ne leur dites pas que le mourant crédule, au.momeut où il voit, comme le héros de la fable, les deux routes fatales s'ouvrir devant lui, n'a rien à refuser à l'aiguilleur habile qui le dirige en gare du Paradis. Ne leur dites pas que, maître par le confessionnal des secrets et de l'honneur de ses ouailles, le prêtre peut faire ce qu'il veut de leur fortune. Ne leur dites pas que l'Église est comme une nasse où tout entre et d'où rien ne sort, jusqu'au jour où la colère popu-
laire vient la mettre en pièces. Ne leur dites pas qu*il ne peut y avoir liberté sans égalité, et que la partie n*est pas égale entre un citoyen isolé et cette immense machine à dompter les consciences et à accumuler les millions. Leur philosophie nes^abaisse pas à ces prosaïques préoccupations.
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Mais à l'inverse, s'indignant contre cette école qui paraît n'avoir en vue que la satisfaction de principes abstraits, d*autres partisans de la séparation ne peuvent se résoudre à laisser à l'Église la moindre liberté. La formule historique « l'Église libre dans l'État libre » n'est qu'un leurre à leurs yeux ; il faudrait sûrement la traduire bientôt par « l'Église maîtresse dans l'État asservi. »
Ce qu'ils veulent, c'est l'Église domptée, surveillée, dominée par l'État triomphant. Aucune mesure de protection ne leur paraît assez efficace ; aucun moyen décompression assez énergique. Et ils en arrivent à dire, par la bouche de mon cher et vénéré collègue Madier de Montjau, que l'Église, ayant ses lois propres, doit être mise « hors la loi civile. »
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11 s'en faut de beaucoup que tous ceux qui s'enrôlent sous la bannière séparatiste, se rallient à l'une ou à l'autre de ces solutions extrêmes. Et ici, chacun prend position suivant l'énergie de son tempérament.
Les uns, effrayés de la reconstitution possible de la main-morte, essayent de restreindre pour l'Église