DE NEW-POST AU RAPIDE DE LA MATTAWAN
La l'ourche.—Le portuge de La Loutre.—Une messe dans les bois.—Rapides pluts.— Les coureurs de grève, — À la manière de saint François-Xavier, La Sextani.-Mines.—Clay Falls..Le laboratoire de la naiure —[Une soirée délicieuse.—La petite rivière Abbitibi.— Une nuit courte.-…Des géunis au milieu des nains, Les chenaux do la Mattawan.-- La rivière Moose,…—Une vue d'ensemble,—Du lse Abbitibi aux Trois-Portages … Des Trois-Portages à Clay Falis..…je Clay Falls à la rivière Moose, Res. sources agricoles,Le domaine de nos gensLa nomenclature des por. lages,
ILAPIDE DE LA MATTAWAN, ler JUILLET 18534,
Mon cher umi,
En voyant inscrit, en tête de cette lettre, le nom de Mur.
taiwan, n'allez pas croire que j'ai rebroussé chemin, et que, en deux jours, comme un oiseau léger, traçgant ma route à travers les airs, je so s revenu à vos portes ; des Mattaroans, il y en a partout en nays algonquin, le mot signifiant rencontre de deux rivières ; les voyageurs canadiens le traduisaient par “ La fourche.”
Nous sommes donc à la fourche de deux rivières importanies, campés dans une île, sur une belle grève de sable, en face des quatre ou cinq bouches, par lesquelles l'Abbitibi paie le tribut de ses eaux à son suzerain, le fleuve de Moose. Déjà les bises et les salins de In mer nous arrivent, vivifiants : pour nous, habitants de l’intérieur des terres, il y a ici dans l'air quelque chose de délicat, de délié et de tonique : les poumons, se dilatant avec suuvité, ne demandent qu'à respirer, et nous les laissons faire,
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Nous quittimes New-Post le 29 juin, à 8kh.p.m. Un courant rapide et de vigoureux coups d’aviron nous eurent, en quelques heures, transportés quinze milles plus bas, au Portage de la Loutre, qui a bien 69 arpents, de tous les portages réguliers le plus long que nous ayons rencontré dans le cours du voyage ; je dis portage régulier, car, par exception nous en avons fait d’autres, à côté desquels celui-ci, avec son sentier battu, n’est qu'un jeu d'enfants. Pourquoi ce nom de “ la Loutre ” ? Est-ce parce que, en cet endroit, la rivière brisée, tourmentée, blanche d'écume, par une suite de chutes et de rapides, par sauts et par bonds, court et s’enluit, comme une loutre hors d’haleine poursuivie par le chasseur ?...Les maringouins nous attendaient au débarcadère, pour nous faire une guerre de cannibales : c'était l'heure du campement, impossible de nous arrêter sur cette rive inhospitalière. Prenant sur notre dos tentes, cuisine et provisions, laissant en arrière le canot et le gros bagage, nous allâmes asseoir notre camp vers le milieu du portage, sous les grandes épinettes, sur les bords d'un clair ruisseau. L’ennemi, en bandes légères, nous y suivit pour nous harceler ; mais, avec un feu bien nourri et des tourbillons de fumée noire, nous réussimes à le mettre en fuite ; nous pûmes dormir tranquilles.
Le lendemain matin, pendant que nos hommes transportent le reste du bagage, un autel est établi, sous le couvert de la tente, sur la tête de trois cotlres superposés ; deux bâtons eflilés, fixés dans le sol, server. de ehandeliers ; nous nous agenouillons à l'entrée du sanctuaire improvisé, et Monseigneur, à demi caché sous la toile, murmure les paroles du sacrifice, mystérieusement, comme autrefois le Crand- Prêtre dans le secret du Suint des saints, pendant que le peuple se tenait prosterné à la porte du temple. Deux bouquets de fleurs sauvages exhalent leurs parfums, et font briller l’éclat de leurs modestes couleurs de chaque côté de l'Hostie sainte ; les plantes aromatiques, que nous foulons à nos pieds, font monter l'encens de leurs odeurs, et les granius vents, soufBant par rafales, gémissent dans le sommet des arbres comme dans les tuyaux d'un orgue immense : c'est la forét qui soupire et qui prie. À la communion, un sauvage