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L'intérieur offre-t-il un terrain accidenté, un pays roulé ? je l'ignore, je suis porté à le croire.
La troisième section paraît appartenir à une formation beaucoup plus récente ; les quelques pierres que l'on rencontre peuvent se classifier dans les différentes espèces de calcaires. Les épinettes, sui forment la grande majorité des essences forestières, ont perdu grandement de leurs dimensions. La glaise, pure et forte, n'est recouverte que d'une mince couche de terre végétale, formée par le détritus des grandes herbes, des feuilles mortes et des troncs d'arbres pourris. Les rôtes vont en s’abaissant jusqu'à ce que les grèves soient presque à fleur d'eau ; les marais sont nombreux ei tont le pays doit s’inonder au printemps. Les coquillages marins, que l'on trouve en certains endroits, laissent croire que la mer s’étendait anciennement jusqu'à Clay-fallis, où même jusqu'au Sextant, et qu'elle s’est retirée peiit à petit devant une terre d'alluvion, née des vases glaiseuses et des débris da silex pulvérisés, apportés par les flots.
Que penser des ressources agricoles de ce pays ? le problème jusqu'ici est diversement résolu, et il serait imprudent, pour inoi de vouloir hasarder un jugement définitif. Dans mon humble opinion, le plateau de la hauteur des terres, surtout sur le versant qui regarde la baie d'Hudson, ne sera jamais propice à la grande culture des céréales, parce que la saison d'été y est trop courte et que le sous-sol granitique rase de trop près la surface arable ; les patates, les navets et les autres légumes à la constitution forte et vigoureuse, pourront sans doute y venir assez sûrement. Je dirai la même chose de la troisième section de la rivière Abbitibi : la saison y est peut-être assez longue, mais le sol est froid, difficile à égoutteï, sujetaux inondations. Quant à la première et à la seconde section, c'est-à-dire depuis le luc Ahbitibi jusqu'à Clay-Falls, je ne doute pas que dans un avenir plus ou moins rapproché, quand les intérêts commerciaux ou les produits des mines auront ouvert des communications rapides avec la baie d'Hudson, ces forêts ne fassent place à des fermes riches et opulentes. Le sol y est généreux, le climat favorable ; du reste, l'expérience a apporté la
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preuve irrécusable des faits, par ce que l'on voit de culture tout-à-fait réussie à Vew-Post, dans une des parties les moins favorisées du pays en question.
“Mais, medirez-vous, cette contrée, dont vous parlez, n'estelle pas située au nord de la hauteur des terres que vous déclarez peu propre au rendement de l'agriculture.” C'est vrai. Cependant veuillez remarquer que le sol, en cet endroit, subit une dépression considérable ; sur une distance d'environ soixante lieues le niveau s'abaisse de 800 pieds, et, d'après les lois générales qui régissent les variations et les courants atmosphériques, le climat gagne plus par cet affaissement graduel et rapide de la plaine, qu'il ne perd par sa progression vers les glaces du pôle. De plus, comme tout le monde le sait, dans les pays septentrionaux, la végétation est plus rapide ; elle semble vouloir reprendre le temps perdu par un printemps paresseux. Le sol, gelé plus profondément, fournit aux racines une plus grande provision d'humidité ; et les plantes n'ont pas à souffrir, comme la chose arrive souvent en des climats plus tempérés, ces sécheresses précoces qui les retardent. Les chaleurs du jour, en juin et juillet, dans les environs de la Chute aux Iroquois, ne le cèdent en rien aux nôtres ; et les nuits généralement plus fraiches préparent, aux feuilles et aux herbes, une rosée ubondante qui les nourrit. Dans les mois d'été, le soleil est plus longtemps sur l'horizon, et le travail de germination et de développement se trouve d'autant prolongé.
On dit que cette zône fertile, large de 150 milles, plus ou moins, s'étend de l'ouest à l’est, depuis la rivière Nelson, au nord du lac Winnipeg, jusqu'au grand lac Mistassini, au nord du lac Saint-Jean, immense lisière de pays capable de nourrir des miilions d'habitants. C'est le domaine de nos gens, ils n'ont qu'à le vouloir pour s'emparer de cet héritage. O Canadiens! continuez de vous avancer vers le nord en bataillons serrés : crescile et multiplicamini, l'espace dans votre pays ne vous manque pas.
Avant que je ne ferme cette leitre, voulez-vous connaître le nombre et la longuenr des portages que vous anrez à faire sur la rivière Abbitibi, quand vous viendrez prendre une promenade de vacance à la baie d'Hudson ? Cette énumé-
ration ne comprend pas les marches forcées que les rapides plats, dans Ja saison des basses eaux, vous forceront de faire sur les grèves ; elle ne dit que les chutes, les saults et. les rapides que l'on rencontre en tout temps, ils sont au nombre de vingt-et-un : le Gotchÿi, 9 arpents ; les Deux-portages, le premier 2 arpents, le second 14 arpent ; la Chute aux Iroquois, 24 arpents ; la tête du Long Sault, 2 arpents ; le Pied du Long Sault, 53 arpents ; le Rapide de l'ile, 2 arpents ; la Chaudière, 24 arpents ; les Trois-Portages, 14 arpents ; le Portage de l'île, 8k arpents ; le Lop-stick, 2} arpents ; le Little Long, 154 arpents ; le Rocheux, 64 arpents ; un Portage dont je ne connais pas le nom, 2} arpents ; le Bouleau, 11} arpents ; la Canistre d'Huile, 4 arpents ; le Grand Portage, 58 arpents ; la Loutre, 69 arpents ; le Sextant, 154 arpents ; Clay falls, 174 arpents ; la Mattawan, 4 arpents.
Quand un lecteur a fini de parcourir une nomenclature aussi sèche, il a besoin de repos ; c’est pourquoi, ce soir, je vous fais grâce de plus de détails et je m'arrête, en vous donnant rendez-vous au fort de Moose.