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zois, un homme et moi, nous prenons les devants, marchant, comme autrefois les Israëlites, à pied sec dans le lit de la mer Rouge, je veux dire de la rivière, sur ua parquet de glaise bleue, élastique comme un caoutchouc, ridée en petits ondins réguliers comme la face d'un étang sous le souffle d'un vent léger.
Ayant parcouru sept milles, nous faisons halte à Hay- Creek, encore tout plein des tisons éteints, des cendres mouillées, des déchets et des tristes réminiscenres de notre dernier campement. Nous allumons un grand feu, pour donner à nos gens le signal convenu à travers les indécisions de la brume tombante, et aussi pour sécher nos pieds humides, ainsi que mes bottes que le Père Nédelec a jetées à l’eau, pour rire, comme si c'était bien drôle: mais enfin chacun est libre de prendre son plaisir où il le trouve.
À 9 heures, le canot nous reprenait à son bord ; à 10 heures, nous entrions sous le toit hospitalier de M. Cotter. Le maître et la maîtresse du lieu nous reçurent avec cet air aisé et cette grâce bienveillante, qui vous mettent de suite chez vous ; nous nous chauffions délicieusement devant la cheminée pétillante, nous tournant tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, comme des homards que l’on fait rôtir ; les nombreux enfants, heureux d’avoir de la visite, nous entouraient, frétillant de joie, avec leurs riants visages, leurs yeux pétillants, les plus âgés nous faisant mille questions, les plus petits mille amitiés. Pourquoi faut-il que la nuit avance ? pourquoi faut-il dormir ?
L'hospitalité, dans toute la saveur de son parfum, est la vertu des nations primitives, des peuplades isolées, ou des lieux solitaires, Dans les civilisations avancées, dans les grands centres de population, la piété envers les voyageurs s’'affaiblit; par nécessité peut-être, on y a fait que les lois sont plus hospitalières que les hommes ; c’est à elles de veiller sur l'étranger, sur ses biens et ses besoins. Quand les communications sont rares, difficiles, périllenses, le cœur s'émeut davantage à la vue d’un voyageur qui arrive de loin, et l'on se sent tout naturellement porté à remplir le précepte : “ Faites aux autres ce que vous voudriez que l'on vous fit à vous-mêmes.” Les Grecs antiques than dans
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l'étranger, un hôte sacré. Les patriarches de la Bible allaient au-devant de lui, lui ôtaient sa chaussure, et lui lavaient les pieds. Job dit de lui-même : “ Je n'ai point laissé l’étranger sur le chemin, et ma porte lui a toujours été ouverte.” La religion chrétienne a consacré ce sentiment naturel de compassion et de respect pour l’homme qui est loin de sa famille et de son pays ; saint Paul, énumérant les qualités qui doivent briller dans un évêque, place entre les perles de la chasteté et l'or de la doctrine, le diamant de l'hospitalité. “ Il faut qu'il soit pudicum, hospitalem, doctorem, chaste, hospitalier, capabie d’instruire.” Saint Pierre exhorte les premiers chrétiens à la charité, et il ajoute : “ Hospilales invicem sine murmuralione. ÆExercez entre vous l'hospitalité sans murmurer.”
M. Cotier, par trois fois, l’a exercée vis-à-vis de nous, avec joie. Que Dieu lui en tienne compte ! Il me semblait l'entendre nous répéter ces paroles de Philémon, dans Ovide : “ Arrêtez-vous ici; ne craignez pas, je vous en prie, de vous mettre sous mon toit à l'abri de la pluie etdu froid ; souvent les habitants du ciel sont entrés dans les plus humbles chaumières.”
Consistite, dixit, Nec dubitate, precor, tecto grave sidus et imbrem
{(Imber erât) vitare meo : subiere minores Sacpe casas Superi,