‹ A la baie d'Hudson ou Récit de la première visite pastorale de Mgr. N. Z. Lorrain [microforme]Chapitre 31 sur 41 · RE TRES · texte numérisé non relu

RE TRES

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ss PAR ERRMAR TR

ejus. Ce rivage, comme Bethel, est devenu sacré et terrible. O quam metuendus est locus iste ! N'est-il pas en ce moment la maison de Dieu et la porte du ciel ? Verè non est hic aliud, nisi domus Dei et porta cæli.

Ces paroles de la messe me frappaient : “ Spectaculum facti sumus mundo et angelis. Nous sommes donnés en spectacle aux hommes et aux anges.” Sans doute les anges sont descendus au milieu de nous, pour chanter les hosanna du ciel autour de ce calvaire improvisé. Benedicite, angeli Domini, Domino. Anges au Seigneur, bénissez le Seigneur. Bénissez le, soleil et lumière, rosée et chaleur, fontaines, mers et fleuves, collines et montagnes, poissons qui nagez dans l'eau et oiseaux qui nagez dans l'air, bêtes des forêts et enfants des hommes ; mais surtout bénissez le Seigneur, vous, prêtres du Seigneur. Benedicite, sacerdotes Domini, Domino.

Après la fête religieuse, la fête profane, ou plutôt les agapes fraternelles. Assis sur l'herbe, les jambes repliées à la sauvagesse, autour d’un petit feu qui flamboie, nous partageons une galette chaude, du beurre à demi liquide, quelques figues, un gâteau, dernière relique des bonbons de madame Cotter, et nous arrosons le tout d’un gros thé rougenoir, sans sucre. Pour prendre avec ce breuvage réconfortant un coup à sa santé, comme nous n'avons pas assez d'écuelles en fer blanc, le héros de la forêt se sert du couvercle de la chaudière, Un toast ne va pas sans discours. “ Père vénérable, vous êtes vraiment privilégié. Pour célébrer ses noces d'argent, un missionnaire qui a passé sa vie au milieu des bois, peut-il souhaiter une forêt plus grande, une solitude plus riante, un désert plus pieux, enfin une couleur locale plus prononcée ? Le retour de cet anniversaire vous surprend, comme un bon soldat, sicut bonus nules, sur le théâtre de vos luttes et de vos travaux ; cependant, dans votre isolement, vous n'êtes pas seul. Vous voyez autour de vous une députation de toute la hiérarchie chrétienne, huit de vos ouailles pour vous remercier, deux de vos confrères pour vous féliciter, et votre évéque pour vous bénir. Acceptez nos vœux et nos souhaits, vivaces et vigoureux comme ces feuillages exubérants qui nous abritent. Puissiez-vous, jusqu'au moment où vous serez avpelé à entrer aux noces de l’agneau,

jouir de jours aussi sereins que le ciel de vos noces d'argent est pur, calme et brillant.”

À 4 heures, nous entrons à New-Post, devenus une seconde fois les hôtes de la maison hospitalière de M. McCloud : cinq familles sauvages nous attendent ici depuis quelques jours. Häâtons-nous de nous mettre à l'ouvrage. Venit hora ut metatur, “ l'heure de la moisson est venue.”

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