‹ A la conquête du TchadChapitre 10 sur 33 · UR L'OUBANGHI · texte numérisé non relu

UR L'OUBANGHI

chent de nous : les chefs viennent me {Proposer des traités et apporter des vivres.

« Les restes du malheureux Musy, recueillis dans une caisse soudée, ont été ensevelis le 25 novembre au soir, dans Tenceinte de la station de Bangui.

» Voici maintenant la version que les chefs de l'expédition ont cru pouvoir établir — au sujet de la mort de Musy — d'après les renseignements obtenus : 1** de l'interprète William Cole, qui, d'ailleurs, ne comprenait que quelques phrases du langage indigène ; 2° du survivant de l'expédition, le Pahouin N'gouna; 3** des quelques explications des Salangas. Il faut remarquer ici que le journal du poste d& Bangui ne porte aucune indication à la date du 2 janvier 1890. M. Musy est parti sans expliquer la cause de son départ.

« Le 2 janvier 1890, des Yacoulis et des Botambis vinrent trouver M.]yiusy, le suppliant d'aller avec eux faire la guerre contre des gens — les Salangas — qui venaient constamment leur enlever des femmes et dévaster leurs plantations.

« M. Musy, connaissant le bien-fondé de ces plaintes, accepta; il prit six Sénégalais et neuf Pahouins et, le soir même, il se rendit h Yacouli. Vers dix heures du soir, il quittait ce village, et, à une heure du matin, arrivait à Botambi. Après s'y être reposé deux ou trois heures, M. Musy reprit sa marche surSalanga, laissant à Botambi le caporal William Cole et le laptot Matar Goye qui avait déclaré ne pouvoir marcher. Il avait donc, à son départ de Botambi, quatre Sénégalais, neuf Pahouins et environ deux cents ingènes, Yacoulis et Botambis, armés de lances ou zagaies.

« M. Musy a dû arriver au village du chef Tongougoua au petit jour. Les Salangas, voyant une colonne nombreuse conduite par un blanc, prirent peur et abandonnèrent leur village, auquel les alliés mirent immédiatement le feu. Puis les Y'acoulis et Botambis, ne voyant pas de résistance, se disséminèrent «un peu partout pour piller. Bientôt M. Musy ne se trouva plus qu'avec ses hommes.

« Les Salangas prirent alors conGance et vinrent sur la petite troupe, qui repoussa lattaque. Malheureusement, deu^^ Pahouins venaient d'être tués et six autres prirent U fuite e les voyant tomber. Après avoir traversé la plaine sans accident, les six fuyards pénétrèrent dans les plantations et ne troia^ vèrent rien de mieux que de se livrer au pillage. Ils fure surpris et cinq d entre eux furent tués; seul N'gouna parvi à s'échapper et à gagner Botambi.

« Malgré la défection des MTans, M. Musy, avec ses quat Sénégalais, et le Pahouin qui lui était resté fidèle, continua sa marche en retraite. Toujours est-il que le 3 janvier 1890, ver^ deux heures de l'après-midi, M. IViusy était sur le point d'atteindre Botambi avec ses cinq hommes lorsque, dans la forêt, à côté du marigot situé à mi-chemin entre Salanga et Botambi, il fut frappé d'un coup de lance qui entra du côté gauche, un peu au-dessous du sein. La mort fut instantanée. Les cinq hommes qui l'accompagnaient ont dû être frappés presque en même temps. La tête de M. Musy fut coupée et son corps jeté dans le marigot. On ignore ce que devinrent les cadavres des cinq hommes : ils ont dû être emportés au village, puisqu'on a rendu des fragments de vêtements et un Coran qui devait se trouver dans la poche d'un des Sénégalais. »

Depuis lors Crampel m'a expédié, dans le courant de décembre 1890 — je le sais par une lettre ultérieure — un important courrier. De même que la lettre de Loango, il ne m'est jamais parvenu.

J'ai reçu au contraire un billet de Crampel daté du l*' janvier 1891 et envoyé par un guide, qui plus honnête que certains blancs, l'a fidèlement remis. La mission avait traversé la région des Langouassis et arrivait chez les Dapwas. Les musulmans étaient proches.

Enfin, une lettre datée du 19 janvier, campement de la rivière Zouvanga (?) et adressée par M. Lauzière à son père.

LE LIEUTENANT MIZON

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