‹ A la conquête du TchadChapitre 9 sur 33 · TSF · texte numérisé non relu

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SUR L'OUKANCiHI. ll.'l

il a dù trouver bientôt soil ce dernier llciive, soit un de ses affluents, et, par cette voie commode, il arrivera vraisemblablement au sud du Tchad avec une avance considérable sur les missions allemandes. Toutefois, nous n'obtiendrons de résultats durables, dans cette région, que si cette expédition d "avant-garde est suivie d'autres entreprises françaises qui lui servent de renfort et de soutien.

Voici le texte d'une lettre que j'ai reçue de Paul Crampel ^t quiaété publiée par le journal le Temps^dn 22 février 1891 :

« 5 décembre 1890, « Haut-Oubanghi, 5«7'20" latitude Nord, 1703010" longitude Est.

« On n'avait aucun renseignement certain sur lagglomé^

ï'^tion de Salanga, où se trouvent les villages ennemis. Le

^^Pport de M. le lieutenant belge Hanolet, qui avait fait une

Peinte dans l'intérieur immédiatement après la mort de

'"• ^lusy, les enquêtes de M. le chef de station E. Ponel,

Permettaient seulement d'estimer — sur renseignements —

^^ distance de Salanga au fleuve, le nombre de guerriers,

^eu .r^g dispositions hostiles : on savait que les restes de l'expé-

^'t:^ d)n et surtout la tête de M. Musy, servaient de trophées

^«'^«^ chefs.

^^"^ Laissant à la garde de Bangui son faible personnel, j'ai ^^^^ ^Dyé sur Salanga M. le chef de station A. Fondère, avec un "^'^ ^^chement de mes meilleurs Sénégalais et porteurs, com- ^^^^indé par trois Européens de la mission (MM. Nebout, Orsi ^^ ^ÏLiauzière).

^^ Mes instructions étant, avant tout, de recouvrer les î^^%.es de l'expédition Musy, j'avais donné l'ordre formel de tv^ "point engager les hostilités.

« Le détachement a rencontré derrière la ligne des villages N^Wns, c'est-à-dire, à faible distance du fleuve — moins de 20 kilomètres — une agglomération de huii grands vil-

lages formant une tribu d environ 1500 guerriers. Grâce au sang-froid de nos hommes (tenue vraiment remarquable pour des indigènes formés en si peu de temps) les palabres de restitution ont pu être tenus d'abord et ont réussi. Le détachement a acquis et rapporté la tête de M. Musy et nombre d'objets (fusils rayés, cartouches, habits, etc.), proyenant de son expédition.

« Nos Européens n'ont songé, toutefois, au retour qu après avoir longuement entretenu les chefs. Ceux-ci expliquaient ainsi le massacre : les blancs, disaient-ils, leur étaient inconnus; M. Musy, prenant faii et cause pour d'autres indigènes, leurs ennemis, venait un jour avec treize de ses hommes et environ deux cents alliés, leur déclarer la guerre, les tuer et brûler leurs villages; ils s'étaient seulement défendus et avaient été les plus forts. Maintenant qu'ils voyaient mieux ce qu'étaient les blancs, ils promettaient, ajoutaientils, amitié définitive.

« Ces promesses n'étaient faites que pour endormir la méfiance du détachement. Revenus de leur première frayeur, les Salangas ont, en effet, voulu faire tomber au retour toute la troupe dans une embuscade : c'est le moyen qui leur avait servi pour M. Musy. La petite colonne surprise a eu son homme de tète (un Bassa interprète, le seul milicien emmené de la station) tué par le guide d'un coup de lance. Nos soldats d'occasion ont gardé bonne contenance et même, le moment critique passé, ont fait un retour offensif sur les villages. L'épreuve de leur courage et de leur sang-froid a été ainsi décisive : le détachement a campé sur place et n'a plus été inquiété.

a Étant donné que l'on avait réussi à se faire rendre les restes de M. Musy, ce succès est un événement des plus heureux pour la sécurité de la station et la pacification générale du pays. L'effet produit est certainement considérable, car, de tous côtés les populations qui, jusqu'alors, s'étaient montrées hostiles ou du moins extrêmement défiantes, se rappro-

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