‹ A la conquête du TchadChapitre 18 sur 33 · L EXPANSION VERS LE LAC TCILVD · texte numérisé non relu

L EXPANSION VERS LE LAC TCILVD

Enserrée entre l'État indépendant au sud et à l'est,

^ ^Vtlantique à l'ouest et le Cameroun allemand au nord-ouest,

^c:^tre colonie n'a qu'une voie d'expansion possible, vers le

'^^^rd-est. J'ajoute que cette voie est, pour ainsi dire, indi-

9 Vxée par les traités.

Le protocole du 24 décembre 1885, intervenu entre la **ance et l'Allemagne, relativement à la délimitation dé

^^ ^rs possessions respectives, établit pour limite un parallèle ^ ^ tué un peu au nord du 2' degré dans sa partie co«i-

soo

prise entre la rivière Campo et 15* longitude est de Greenwich ( 12^*40' de Paris). C'était dire qu'il n y a^ait aucune convention pour les régions situées à l'est de ce derniei point et qu'elles appartiendraient à ceux qui, les premiers feraient acte de possession effective. En un mot, la colonie allemande pouvait déborder derrière la colonie française oi réciproquement.

Les efforts tentés par les Allemands n'ont pas é\é couronnés de succès ; aucune de leurs expéditions ne put même atteindre la limite théorique fixée par le protocole. Nou« avons nous-mêmes gardé une regrettable immobilité depuis 1885, où Jacques de Brazza alla planter notre drapeau vers le 3" degré nord, en arrière des possessions allemandes Mais récemment, M. Cholet, suivant la voie de la Sangha poussait jusqu'au 4' degré nord la limite de notre colonie qui déborde ainsi définitivement derrière le Cameroun aile mand. Un autre agent du Congo français, M. Fourneauj a poursuivi cette belle exploration et a prolongé notre dœ maine au delà de 7*" latitude nord, dans la direction du la- Tchad.

La dernière convention conclue avec l'État indépendani le 29 avril 1887, n'est pas trop désavantageuse pour L France : nos voisins nous reconnaissent en effet la rive droiV de rOubanghi. M. Dolisie a encore poussé les possession françaises jusqu'au 4* degré nord, où a été fondé le poste d Bangui. Paul Crampel, comme nous l'avons vu, a placé pF= traité sous notre protectorat des villages situés* au-dessus d 5* degré nord. Il a poursuivi son œuvre et il doit et* actuellement bien au delà.

La large bande de territoire comprise entre 12^40' est ^ Paris et le cours inférieur de l'Oubanghi est donc mainte nant française et il suffit de la prolonger vers le nord à tr* vers des contrées encore absolument indépendantes et presq^ ^ toutes inconnues, pour que se réalisç le grand plan d'unie entre le Sénégal, l'Algérie-Tunisie et le Congo, que

Crampel a conçu et dont il pojursuit actuellement Texécution da.ns les conditions que j'ai précédemment indiquées.

Un regard jeté sur la carte suffira pour discerner la position des diverses nations européennes aux approches du lac Tchad. Prenons pour point de départ d'un rapide examen, la limite momentanée qui nous est i^econnue au sud du Sahara algérien par la dernière convention anglo-française : il faut citer ici les termes exacts de ce document, que tant de Français eux-mêmes interprètent mal et à notre détriment.

Article 2. — Le gouvernement de S. M. Britannique reconnaît la zone d'influence de la France, au sud de ses possessions méditerranéennes, jusqu'à une ligne de Say sur le Niger à Barroùa, sur le lac Tchad, tracée de façon à comprendre dans la zone d'action de la Compagnie du Niger, tout ce qui appartient équitablement au royaume ^e Sokoto, la ligne restant à déterminer par des commissaires à désigner.

Il y a là deux indications fort nettes :

1** L'Angleterre nous reconnaît actuellement tout le Sahara ^t une partie dij Soudan, le Damergou et le Kanem jusqu'à *^ ligne Say-Barroua. Cela ne veut pas dire, d'ailleurs, que ^ous ne pourrons pas, ultérieurement, aller plus loin. Sans ^U.oi, la convention, abandonnant à l'Angleterre .tous les '^ï^ritoires fertiles et nous réservant les sables du désert, ^<it été une pure duperie.

2° Nous reconnaissons le royaume de Sokoto comme étant

placé dans la zone d'action de la Compagnie royale du Niger.

Elu prenant le texte dans son sens le plus large, cela veut

^îre les pays sur lesquels le sultan de Sokoto possède une

s^Jizeraineté quelconque. Ainsi comprise, la convention éten-

• dr^ait la zone d'influence de la Compagnie au Gando (rive

&^uche du Niger) au Haoussa, au Nupé, etc., et peut-être à

^ -^damaoua. Mais — et c'est là ce qu'il importe de spécifier

' dans aucun cas, cette expression ne saurait s'étendre au

^ï*nou, qui n'a jamais relevé en aucune façon du Sokoto.

le Bomou est donc, d f heure actuelle^ complètement indé-

pendant. Quoi qu'en dise la presse anglaise, cela est si bien reconnu que j ai récemment été informé que la Compagnie royale du Niger avait fait partir d'Akassa, le 20 septembre, deux agents qui ont reçu mission de traiter avec le sultan du Bornou (1).

La Compagnie prétend, par contre, avoir traité avec le sultan de TAdamaoua. C'est affaire à débattre entre elle et le gouvernement allemand, propriétaire de Cameroun. Une précédente convention établissait, pour limite entre les deux pays, une ligne tirée de la pointe de Calabar, à Yola, capi-

tale de TAdamaoua. Cette délimitation, d ailleurs équitable^ —3, laissait la plus grande partie de TAdamaoua dans la zoneE^ ie allemande. Je ne pense pas que la Royal Niger Company aif ^il la prétention de revenir sur cette convention.

Quant au Baghirmi, situé au sud et au sud-ouest du Tchad Jti, son indépendance absolue ne saurait faire question.

A rheure actuelle, la France étend donc son action a»" -u nord du lac Tchad; les pays situés au sud-ouest, au sud p— =^ < au sud-est sont indépendants. Telle est la situation.

Les représentants des trois nations rivales marchent à 1 -a conquête du Bornou et du Baghirmi.

Je viens de signaler les deux émissaires envoyés au Borno par la Compagnie royale du Niger.

De Cameroun, sont partis deux Allemands : le lieutenai Morgen et le docteur Zintgraff. Mais ils ont échoué une foi de plus à la lisière de TAdamaoua.

Enfin la France est représentée par Paul Crampel.

Nos concurrents semblent avoir de sérieux avantages : i J partent en effet, d'une base d'opérations plus rapprochée d Tchad que la nôtre. Mais, d autre part, Paul Crampel a un avatice assez considérable et une valeur personnelle que j ne crains pas de mettre au-dessus de celle de ses rivaux.

Puis d'autres considérations, d'une portée plus généra] militent en notre fiivcur :

(I) Ces agents ont d'ailleurs échoué dans leur mission.

D'abord nous n'avons aucunement entravé les vastes desseins des Anglais et des Allemands sur la côte orientale, où nous avions pourtant des droits à faire valoir : il semble que, par une juste réciprocité, nos voisins ne doivent point s'opposer à notre plan d'union du Sénégal, de l'Algérie et du Congo. On objectera que c'est là une considération sentimentale; je répondrai qu'elle a néanmoins sa valeur si elle est appuyée sur un véritable élan de l'opinion publique française. D'autant plus que ni l'Allemagne, ni l'Angleterre n'ont comme nous de raisons importantes de prolonger leurs possessions jusqu'au Tchad. Il ne s'agit pour ces puissances que d'un simple accroissement territorial tandis qu'il y a pour nous un intérêt majeur à ce qu'il n'existe pas de solution de continuité entre nos possessions toutes réunies sur la côte occidentale, ou septentrionale. Ce que nous voulons^ c'est pordelà la Méditerranée^ la France prolongée jusqu au Congo. Autre argument : c'est à l'est du Baghirmi que se trouvent J^s populations musulmanes qui ont la plus grande réputa- •-ion de fanatisme. Ni les Anglais ni les Allemands, qui ^^ront déjà fort à faire de s'emparer effectivement de l'Adattiaoua, ne tiennent sans doute à prendre le contact direct ^"Vec elles; il ne saurait leur déplaire qu'une ligne de possessions françaises établit une sorte^de rideau protecteur entre ^^ Cameroun, la Compagnie royale du Niger et l'islamisme 'Militant.

On peut retourner le raisonnement et dire : Quel intérêt ^"Vons-nous à jouer ce rôle sacrifié de rideau protecteur? * c>ur ma part, je ne crois pas au danger islamique en Afrique, ^O. moins en ce qui nous concerne.

LES MUSULMANS EN AFmQUE

On a fabriqué de toutes pièces, dans ces dernières années, ^ ^elques axiomes : Le musulman est r ennemi naturel, irrécon- ^^^ictble^ du chrétien. — Le musulman est incapable de civili-

sation. — La secte des Senoussya, hostile à la civilisatio^^^ européenne, est maîtresse de tout l'Islam africain. — C'est ^.^^ musulman qui perpétue F esclavage.

Je crois que ces prétendus axiomes sonWe simples vérit"^^^ locales, parfois justifiées, souvent démenties ailleurs piar L^5 faits. Les voyages de Barth, de Nachtigal, d'Overweg, celi// plus récent de M. Binger, attestent que les musulmans d'Africj^e ne sont pas si nécessairement farouches, même dans les territoires de lutte, sur les marches de Tlslam. Relisez, pour vous en convaincre, Tadmirable récit de Barth, voyageant durant des années dans le Sahara et le Soudan, mieux reçu, le plus souvent, qu'il ne Teût été dans nos villages de France, promenant par les royaumes mahométans sa bonhomie uc^ peu rude, souvent intransigeante, comblé de cadeaux psir certains chefs — notamment par le cheick du Bornou, — empruntant sur parole à des négociants qui le connaissaient à peine. Est-il quelque chose de plus saisissant que son séjour auprès du marabout El Bakay qui le protège 'au péril de sa vie et de son prestige, contre la populace de Tombouctou et qui passe avec lui de longues journées sous la tente à discuter les mérites respectifs de la religion de Jésus et de la religion de Mahomet?

Tous ceux qui ont lu sans prévention les livres sincères ^ sur TAfriquc musulmane, finissent par éprouver Timpres- ^ sion d'une société quelque peu analogue à ce que fut la nôtre aux temps chevaleresques, où l'honnêteté la plus délicate et le dévouement désintéressé côtoient la naïve volerie et la profession de coupe-jarrets. Si l'on s'efforce de juger une telle société à la mesure de la nôtre, fondée sur un^rzn

aimable scepticisme et sur le gendarme, on éprouvera certai

nementquelquesdéceplions; mais pourquisaîtmîeux observer — le musttlmau africain ne paraît pas si redoutable • ni intransigeant.

S'il était un pays difficile, c'était assurément ce royaui de Baghirmi, troublé par des luttes intestines, en proie ai

in\asion« de Télranger : pourtant Barth, qui arrivait du Bornou ennemi dont on le considérait comme l'espion, n'y fut point >i malheureux. Là encore, comme partout ailleurs^ il nous iépeinl de bons musulmans, point du tout hostiles aux chréiens, notamment « Hadj Bou Bakr Sadik, homme âgé et naigre, aussi aimable que véritablement pieux et instruit.

« Je lui dois beaucoup, continue Barth, pour la bonté qu'il ae témoigna et les renseignements importants que je reçus le lui. Personne ne me donna un aperçu plus clair de ces >ays. Bou Bakr avait fait trois fois le pèlerinage de La Mecque,

► tj il avait eu l'occasion de voir les grands vaisseaux des trétiens dans le golfe de Djeddah ou dans la mer Rouge. Il ^ rappelait fort exactement plusieurs endroits où il avait ►assé dans ses voyages. Il me dépeignit sous les couleurs les

> lus vives la grande guerre nationale qui avait existé entre ses ompatriotes et le cheick du Bornou, Mohammed el Kanemi, ;uerre à laquelle il avait pris une grande part. 11 aimait surout à me raconter les batailles où les habitants du Baghirmi talent parvenus à repousser les fanatiques Foulbé. Bou Bakr tait un patriote dans la véritable acception du mot ; quoique i^jet dévoué de son sultan, il se plaignait amèrement de la éèadence de sa patrie, surtout en comparaison de sa proscrite passée, au temps où le sultan du Ouadaï vainquit le

Et Bou Bakr n'était pas le seul de son espèce : « Mon séjour ^lassenya aurait été encore plus triste, si je n'avais ren- ^ntré des hommes auxquels je dus beaucoup de distractions ' de renseignements. Je ne nommerai ici que les deux prinpaux d'entre eux, Faki Ibrahim et Faki Samb6. Le premier t^it un jeune homme du Oùadaï qui me communiqua bc^ Ombre de détails précieux sur son pays natal, détails qui me dirent à même de rédiger l'aperçu historique, ethnographique t- politique sur le Ouadaï. Je passais tous les jours plusieurs ^ures, d'une manière aussi utile qu'agréable en compagnie ^ ce jovial jeune homme qui* s'attacha tellement que j'aurais

bien voulu le conduire au Sokoto où il désirait se rendre pour augmenter le cercle de ses connaissances. Un personnage réellement extraordinaire pour ce pays était Faki Sambo, PouUo déjà âgé, aveugle, maigre, à la taille svelte, à la barbe rare et aux traits pleins d'expression. Je ne me serais guère attendu à rencontrer un homme semblable à Massenya, ville privée de toute relation avec le monde civilisé et même avec les régions de l'Afrique les plus avancées. Il connaissait non seulement toutes les branches de la littérature arabe, mais même les parties d'Aristote et de Platon traduites en arabe, ou pour mieux dire, entièrement adoptées par Tislamisme. 11 les avait lues et les possédait même en manuscrit. »

Est-ce que ces quelques portraits de Baghirmiens donnent l'impression de gens si farouches? Toute cette région du Tchad a été occupée par de vastes empires, le Sonrhaï, puis le Sokolo, l'AyrJe Kanem,le Bornou,le Baghirmi,le Ouadaï,dontBarlh raconte longuement l'histoire étonnamment précise. Des civilisations successives ont disparu sans laisser d'autres traces que les récits de certains vieux auteurs tels que Léon l'Africair* ou ceux qui ont été retrouvés dans des manuscrits arabes. L^ dernier phénomène général qui se soit produit est l'invasio — parfois rinfiltralion — des peuplades de race foulbé qui venues des rives du Niger, probablement par suite d'un mou vement de recul, ont couvert successivement toutes les ré gions à l'ouest et au sud du Tchad. Quoique les Foulbé soien musulmans convaincus, leur migration n'est pas d essence purement religieuse.

Nous ne sommes plus aux beaux temps de l'Islam : le mu — ' sulman n'est pas nécessairement l'ennemi du chrétien; il pei»^-' le devenir par suite de circonstances locales et notamment ^ lorsqu'il résiste à la conquête.

Les travaux de M. fJuveyrier, du commandant Rinn, Ati capitaine Le Chutelier, ont fait sur ceux qui les ont lus une impression profonde : la surprise qu'on a éprouvée en décovivrant Texislence et l'organisation des Senoussya a exagéré

Veffroi qu'ils doivent inspirer. Toutes les informations directes que j'ai pu recueillir me portent à croire, pour ma part, que la secte du cheick Senoussi subit en ce moment les atteintes de la décadence qui a successivement annihilé tous les ordres musulmans après une courte période d'épanouissement. J'ai cherché et je n'ai trouvé nulle part un indice sérieux de leur influence dans la région du Tchad.

Il n'est pas besoin d'être très «au courant de la politique africaine pour savoir que les Senoussya sont au fond tout aussi ennemis des Turcs que des autres Européens. Il y a là une situation dont on peut aisément tirer parti.

11 me parait puéril de nier que les musulmans de Turquie et d'Egypte soient susceptibles d'adaptation à notre civilisation. Je n'ignore pas que certaines personnes ne veulent voir que les ridicules et les incohérences d'une adaptation incomplète ; mais c'est juger bien superficiellement les choses. Il est permis de fonder de sérieux espoirs sur la jeunesse turque actuelle et je crois qu'il serait de bonne politique de favoriser l'expansion possible de la Turquie en Afrique : elle est à Tripoli, au Fezzan; elle a été un moment à Rhat. Il serait excellent qu'elle s'étendit par le Tibesti, jusqu'au Ouadaï, substituant ^însi l'influence musulmane civilisée aux élans de l'islamisme D^ilitant. Cela est si peu impossible que les Tuics et les Égyptiens sont les seuls peuples qui aient jusqu'ici réussi à maintenir momentanément leur domination dans le Soudan ^Wental . . .

l'esclavage

J'arrive à la question de l'esclavage. Ce n'est pas ici le *^vi de faire de longs développements sur ce sujet controversé, ''out le monde est à peu près d'accord aujourd'hui pour ^^connaître qu'il serait dangereux de supprimer l'esclavage P**c)prement dit, mais qu'il est nécessaire de réprimer la '"^ite. Aucun des moyens qui ont été proposés pour atteindre

ce but b est absolument dépourvu d efficacité, mais il me semble qu'il en est un qui est ù lui tout seul plus efficace que tous les autres : c'est lô développement du commerce.

Dans toute l'Afrique, l'esclave est surtout un objet d'échange, une monnaie — parfois la seule monnaie. Le supprimer sans le remplacer par autre chose, c'est enlever aux populations leur moyen d'existence et c'est pourquoi elles résisteront jusqu'à la mort. Mais développez l'exportation des produits naturels, faites naître chez les indigènes de nouveaux besoins, et peu à peu ils cesseront d'eux-mêmes la chasse à l'esclave, qui ne va pas sans difficultés et sans dangers.

C'est pourquoi j'ai blâmé l'État indépendant du Congo qui, tout en faisant parade d'un bel enthousiasme antiesclavagiste, fermait les voies au commerce à l'aide de droits monstrueux. C'est pourquoi je réclame l'ouverture del'Ogooué: tout peuple qui, en Afrique, ferme les pays ou les rivières au commerce, doit être considéré comme l'ennemi de 1^ civilisation.

LA PÉNÉTRATION PAR l'oUBANGHI

J'ai dit quelle était la situation politique aux environs du- Tchad. Rien ne peut nous enlever l'espoir d'y prolonger l^ domaine de la France. Nous n'avons aucune raison sérieuse de faillir aux devoirs qui nous incombent vis-à-vis des gêné-' rations futures.

Le moment est venu d'examiner quels obstacles doit ren — contrer la pénétration par le Congo et comment on peut le* vaincre. Nous avons à traverser deux régions distinctes : l'un * complètement inconnue, habitée par des noirs fétichiste probablement cannibales; l'autre parcourue seulement p quelques voyageurs h des époques déjà éloignées, et plac sous la domination musulmane.

Nul ne sait jusqu'à quel poinlle cannibalisme est général i.«é

fera rapidement son œuvre pacificatrice; et il n a pas besoin d être là beaucoup encouragé, ces pays neufs fourniront probablement une abondante moisson anx premiers traitants qui suivront les explorateurs.

Telle est la situation générale de la vaste zone de pays comprise entre le 4* degré nord où nous sommes, et le 8' environ. Au delà, nous arrivons au Baghirmi et nous prenons contact avec les musulmans. J'ai dit pourquoi ce contact n'avait rien d'effrayant en soi. Si, au lieu de procéder par voie de conquête directe et officielle, nous avions la sagesse d'envoyer en avant-garde une grande Compagnie à la façon anglaise, qui procédât surtout par des moyens commerciaux, en se bornant à aider d'abord le Baghirmi à résister à ses oppresseurs habituels, le Bornou elle Ouadai^età fournir des débouchés aux produits déjà importants des cultures, le succès serait relativement facile. Chez les musulmans les besoins commerciaux ne sont pas à créer : ils exis' ] tent et il suffit de les développer, en transportant chez ett% ^ par la voie commode de TOubanghi, les produits qui lei>^ arrivent si malaisément par les caravanes du nord.

Tous les pays compris entre le lac Tchad et le Congo frança doivent être, pour ainsi dire, explorés et placés en mê temps sous notre influence. Il s'agit donc au premier ch^ de politique et c'est pourquoi il importait d'expliquer quelles compétitions et à quelles races nous allions avoi^ affaire.

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