LES CAMPAGNES ET LES MISSIONS DU SOUDAN
Dans les temps modernes, c'est du voyage du lieutenant de vaisseau Mage et du chirurgien Quintin (1803-1866) que date le grand mouvement d'expansion du Sénégal vers le Soudan. Ils arrivèrent jusqu'à Ségou, où ils furent retenus pendant deux ans par Ahmadou, fils du cheick El-Hadj Omar (ou Al-Iladji Oumar). Le récit de leur voyage, plein de renseignements utiles, donna un point d'appui aux vastes et admirables projets du gouverneur Faidherbe. La pénétration vers l'intérieur se poursuivit avec plus d'activité encore, malgré la résistance acharnée des fanatiques Toucouleurs.
Quinze ans après, en 1873, Soleillet, parti avec l'intention de gagner l'Algérie à travers le Sahara, ne put dépasser Ségou où Ahmadou le retint quatre mois.
En 1879, MM. Zweifel et Moustier, partis de la côte, atteignirent les sources du Niger.
Quelques semaines plus tard, M. Aimé Olivier pénétra jusqu'à Timbo.
Vers la même époque MM. F^ietri, Jacquemart, Monteil et Sorin, officiers d'infanterie de marine, remplirent diverses missions ayant pour but d'étudier les voies de pénétration vers le Soudan français.
C'est du reste à dater de 1880 que commence à être mé-
Ihodiquement appliqué le plan de pénétralion qui a douné^ tous les ans, depuis lors, des résultats si considérables r tandis que la mission Gallieni, dont les Iravaux onl été sr^ si bien racontés par son chef (1), s avançait jusqu'à Nango, S à M) kilomèUes de Ségou-Sikoro et signait, après de longue: ^^^es négociations, un traité avec Ahmadou, tandis que MM.- UM le capitaine Bonnier, le capitaine Delanneau, le docteur ColinMn i/^ le docteur Bayol et le lieutenant Quiquandon poussaient dan.fm$^ d autres directions des reconnaissances et signaient des traS . >1-^ tés, le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes, commandais ^^
supérieur du llaut-Sénégal dirigeait une série de campagne'.^:^^ ^ (le guerre qui eurent pour résultat d'amener roecupation effective d'une partie du Haut-Niger par nos troupes. En 188U-8I il i^hàtiait le village de Goubanko, qui s'était montré hostile à la mission Gallieni et construisait le fort de Kita. En 1881-82, il battait devant keniéra les troupes, auparavant menaçantes, de lalmamy Samory et construisait le fort de Badoumhé. En 1882-83 il châtiait le village de Daba, qui avait jadis attaqué et pillé le convoi de la mission Gallieni, et arrivait à Bammako, où il installait un poste, et peu après mettait en fuite de nouveaux contingents commandés par le frère de Samory.
En 1883-84, le lieutenant-colonel Boilève n'eut pas à combattre. Mais, en 1884-85, le chef de bataillon Combes construisit le fort de Niagassola et occupa le Bouré, où il dut encore livrer bataille aux troupes de Samory.
En 1885x80 le lieutenant-colonel Frey eut à lutter contre le même redoutable adversaire. Dès les premières opérations celui-ci, intimidé, accepta le traité que venaient lui^ proposer MM. Tournier, Mahniadou Racine et Péroz. Ceux-cv ramenèrent en même temps un des fils de Talmamy, Diaoulé — Karamoko, que Ton a vu à Paris.
(1) Voyage au Soudan français^ 1 vol. 15 fraucs, 140 gravures, t cartes, 15 pi Hachette, éditeur. Les compagnons de M. le capitaine Gallieni (aujourd'hui coloo étaient MM. le lieutenant Piétri, le lieutenant Vallière, le docteur Tautain et docteur Bayol, qui le (]uilta à Bammako.
pitaine Audéoud, lecommandaut Vallière, le docteur Taulai el le lieulenanl Qiiiquandon, le lieutenant Binger, Treich Laplène, sans compter de nombreuses missions topographi qnes.
Tout le monde a encore présentes fi l'esprit roccupatio (le Ségou-Sikoro et la prise de Ouessebougou et de Kc niakary, en 1890, par le commandant Archinard. Mais 1* événements qui se sont passés depuis, justement parïe qu'i
n 'ont été racontés que par fragments, au jour le jour, son peut-êfre moins précis dans les mémoires. C'est pourquoi ji crois utile d'en donner un exposé rapide.