‹ A la conquête du TchadChapitre 7 sur 33 · SUR L'OUBANGHI · texte numérisé non relu

SUR L'OUBANGHI

Contrairement à ce qu'il avait espéré, depuis son départ d^ Paris jusqu'à son arrivée à TOubanghi, Paul Crampel û'avait pas eu une minute de repos : sans cesse, il lui avait fallu vaincre des difficultés nouvelles, faire face à tout, suppléer à rinsuffisance de tous. Aussi, loin de s'améliorer, son ^tat de santé était-il devenu de plus en plus grave, La fièvre ^^ le quittait plus. Il fut bientôt pris par la fièvre bilieuse, la P'us redoutable affection qui sévisse là-bas. Rien n'abattait ^^n courage, son indomptable volonté (!)•

Je résume, à partir d'ici, un paquet de documents envoyés ^^ poste de Bangui et accompagnant la carte incluse.

Bien que tous les renseignements que je publie ci-dessous

Soient puisés dans les notes de Crampel, je m'abstiens de les ^Hiier sous forme de citations, aimant mieux garder à mon

^^^ïïipte les erreurs d'interprétation que je pourrais commettre.

Cl) Extrait d'une lettre datée du Haut-Oubanghi : « Je suis touché par cette ^^l'e maudite. Depuis cinquante jours, je ne puis avaler que des liquides. ^^ Sommeil m'est inconnu et j'ai à peine la force de me traîner. Nous ne

*^^*>iïnes pas en pays de lait; je n'ai pas de conserves d'Europe.... Pour vous ^ner une idée du délabrement de mon estomac, je vous dirai que, de

dLo

^^^ps en temps, je parviens à faire traire quelque verre de lait à une chèvre ^^'Urricière. Régulièrement, je vomis à Tétat de bâton de caséine ce lait, bu ^^ec tant de plaisir.... »

La carte sommaire que je publie ci-incluse, telle exacte — ^ élément qu'elle m'a été transmise par Paul Crampel^ est un do — <i>locuiûent fort important au double point de vue scientifique ett ^^ et politique : non seulement les rives de TOubanghi, entre le^£ le poste de Bangui et la rivière Kouango, sur une longueur de^ Ërjie plus de 200 kilomètres, sont relevées avec une grande abon — MimH' dance de détails inconnus, mais le cours tout entier de la^^X/a rivière se trouve reporté de près d'un degré au Nord. EimrM Zn effet, jusqu'ici, toutes les cartes françaises, allemandes e9 -^t anglaises plaçaient, — d'après Van Gèle, — le coude d rOubanghi à peu près à moitié distance entre le 4* et 1 5* degré. Les huit positions géographiques prises par M. Tin — génieur Lauzière, de la mission, indiquent l'Oubanghi comme atteignant 5° il'.

Après ce court préliminaire, j'arrive au*récit du voyage.

On se souvient que Crampel pensait trouver au Slanley- Pool les vapeurs de la colonie et pouvoir se mettre immédiatement en route. Malheureusement, les seuls qui fussent en bon état étaient partis en tournée par suite d'ordres préalablement donnés par le commissaire général ; ceux qui se trouvaient à Brazzaville avaient besoin de sérieuses réparations. Dès que l'un d'eux fut en état de marcher, Crampel loua des pirogues qu'il prit à la remorque et partit le 16 août sur ce train flottant avec la moitié de son personnel et de son matériel.

Pendant le voyage sur le Congo, puis sur l'Oubanghi, de graves avaries forcèrent plusieurs fois le patron à s'arrêter* La rive française étant, sur ce parcours, presque partout déserte, on dut relâcher sur la rive belge (gauche). La mission

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catholique belge du Kassaï, puis la mission protestante angl<3iise de Bolobo, prêtèrent successivement au convoi une aide généreuse et désintéressée.

La mission arrivait à Bangui le 25 septembre.

Bangui, — ou, Banghi, — poste extrême français vers le ^ord, est situé, d'après les observations de M. Lauzière, par ^^ 21' latitude Nord et 16*^21' longitude Est. C'est un établissement tout à fait précaire : une seule baraque couverte en puille, entourée de forêts.

Il y a un an, à peu près, — juste la veille du départ de Crampel, ce qui n'était guère encourageant, — on apprenait^ en France, que le chef de ce poste, nommé Musy, venait d'être surpris, tué et mangé par les indigènes. Depuis lors, ceux-ci n'ont pas cessé de garder une attitude hostile visà-vis du poste, défendu par quelques laptots sénégalais, àpeine accoutumés à la manœuvre des armes. Pour aller aux provisions, il fallait redescendre ou remonter la rivière assez loin. Au moment de l'arrivée de Crampel, la situation n'était pas d'ailleurs meilleure sur la rive belge, où se trouve le poste de Zongo.

Entre les deux postes, en pleine rivière, mais plus près de la rive gauche, est un îlot sur lequel les officiers de l'État indépendant ont installé trois hommes, gardant un pavillon. Dans la nuit du 30 septembre au 1" octobre, des indigènes, se disant amis, apportaient au caporal zanzibarite quelques vivres : celui-ci, contrairement à sa consigne, recevait sept hommes en armes. Un instant après il était massacré, et les assaillants enlevaient son corps. Les deux autres gardiens, blessés seulement, purent se jeter dans les fourrés et s'échapper. Le petit poste fut entièrement pillé.

Le premier soin de Crampel, eu égard à la situation du

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poste de Bangiii, à portée de la forêt et, pour cette raison,, mal gardé contre les attaques nocturnes, fut de le faire entou-

rer d'une haute palissade. Le 1" octobre, un des porteurs^^ noirs était attaqué à 130 mètres du poste par quatre indi

gènes. Le soir, le poste belge, réinstallé dans Tllot, tirait -•"l par représailles sur un convoi qui descendait le fleuve et j*" l coulait une pirogue.

11 faut signaler ici une prétention des Belges qui est très ^ -îs nuisible à la pacification : les agents de TÉtat indépendant :9 mi non seulement se livrent au commerce, mais ils s efforçenU -Mil

même de s'assurer le monopole des achats d'ivoire. Sur FOu mi-

banghi, ils ont trouvé pour cela un moyen fort simple : h^-s^ a traversée des rapides de Zongo force les pirogues à aborder^*^ -r l'îlot. Le poste belge qui s'en est emparé est donc maitre de-*^ ^ la passe et il empêche les riverains indigènes, jadis commer — çants, de descendre le fleuve. C'est sans doute là la causeprincipale de l'efi'ervescence qui règne parmi ces populations et qui a de si déplorables conséquences.

Le 3 octobre, la chaloupe qui avait amené la première moitié du matériel repartait pour Brazzaville. La veille, un nouvel incident, plus grave encore que les précédents, s'était produit. A deux heures, une pirogue, montée par huit hommes armés, accostait l'ilot. Était-ce dans le but d'attaquer le poste? Les Zanzibarites le crurent et commencèrent le feu. Cinq hommes furent tués et les trois autres faits prisonniers, puis remis à Crampel, parce qu'ils venaient de la rive droite.

En quittant Libreville, Paul Crampel avait accepté, ainsi que je l'ai dit, la mission de rétablir, s'il se pouvait, une meilleure situation dans cette région troublée depuis la mort de Mus y.

Le 1" octobre, le sous-officier commandant Zongo lui adressait une demande analogue. La besogne n'était point aisée, après les derniers incidents qui venaient de se produire. Crampel lentreprit néanmoins, en attendant la seconde par-

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tie de son convoi ; une enquête rapide lui permit de connaître les villages auxquels appartenaient les assaillants. En quelques jours, il furent sévèrement châtiés : les cases furent brûlées et les plantations détruites. .En même temps, Crampel faisait savoir aux habitants des autres villages qu'il se tenait à la disposition de tous ceux qui voudraient faire du commerce; que les transactions seraient protégées, les pillages ou les meurtres sévèrement punis.

Ces premières opérations étaient terminées, lorsqu'une ^^conde chaloupe à vapeur, VAlima^ conduite par le patron ï^^tiis, amena la seconde fraction du personnel et du matériel ie l'expédition.

Crampel conçut aussitôt le hardi dessein de profiter de sa • présence pour pousser une reconnaissance dans le Haut-Oubanghi, créer ainsi un camp d'attente cl chercher un point de pénétration vers le Nord. Mais jamais jusqu'ici une chaloupe française n'avait franchi les rapides. On les considérait même comme un obstacle dangereux pour ces petites embarcations. L'entreprise réussit pourtant, et c'est au cours de cette reconnaissance que la mission put relever les indications portées sur la carte que je reproduis.

Voici, d'après la carte et les lettres jointes, le résumé des constatations faites au cours de la reconnaissance.

A partir de Bangui, la rivière est encaissée entre deux séries de hauteurs variant entre la cote 330 et la cote 370. Les peuplades qui entourent le poste de Bangui portent le nom de Bouzerous. Sur le plateau la population est dense; elle possède de nombreuses plantations.

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Au-dessus des rapides, les rives immédiates de la rivière sont désertes; plus loin, deux villages se font face de part et d'autre : Bo-Gani et Li N'Keko, à droite ; Bala (marché de fer indigène) etNangou, à gauche. Ils sont tous habités, ainsi que les suivants, par les Boboyas. Sur le plateau de droite, . derrière, sont les N'Drys,et, sur le plateau de gauche, moins élevé, les Bou N'Dourous habitent un pays de plaines herbeuses vallonnées, couvert de nombreuses forêts où abonde le gibier : antilopes, éléphants, etc.

Arrivé, le 5 octobre, à Biri N'Goma (rive droite) où il installa le campement de larrière-garde de la mission en face de Kembé (rive gauche), Crampel résolut de pousser une reconnaissance sur la rive française. Après avoir coupé, à Gowadja, la vallée d'un petit affluent de TOubanghi, il gravit le plateau presque inhabité et s'avança jusqu'au village de Gapanon où prend naissance urt autre petit affluent.

Ce court itinéraire est à peu près parallèle à la rivière. En face, sont situés, sur la rive droite, Zinguélé, Guinou, Longo; sur la rive gauche, Bousouaka, Téa, Bonga. Entre ces deux derniers se trouvent les rapides de Longou.

Un peu plus haut (après les villages, — rive droite, de Kero, Nauka, Komogo, Bouko, D'Zimogo, habitée par des Bwa-Palas, et — rive gauche — de M'Bafi, Belti, habités par des Bou-Massaï), le cours de la rivière, semé d'îles, devient encore plus accidenté. 11 faut successivement franchir les rapides de Belli, les rapides et le seuil de Boumindi, le rapide de Bwagba. Les rives de l'Oubanghi sont, à partir de là, occupées, à droite*, par les Bou-Bogos (villages de Boumindi, Boudjika, Koua), confinant au Sa-Bangas, et, à gauche, par les Bo-Bakas, dont le grand village de Mokangoué, où l'État indépendant a établi un poste, sert de point dé stationnement aux vapeurs du haut Fleuve.

Crampel a noté qu'à partir de ce point les palmiers élais deviennent fort rares. La rivière est moins encaissée. D'immenses plaines herbeuses sont habitées sur la rive droite

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par lesiOuaddah, sur la rive gauche par les Gobous (village de Mongoua) , chez lesquels la carte signale de grandes quantités d'ivoire.

Un peu au-dessous de 5^ Nord, TOubanghi reçoit, à droite, la rivière Ombela, qui s'enfonce dans les plaines herbeuses vallonnées où paissent des éléphants, des antilopes, des bœufs sauvages.

Le 20 octobre, juste au ^* degré, Crampel signait un premier traité avec les Ouaddah. Deux jours après, il campait dans leur village de Sina, situé un peu avant la rivière Kemo, large de 70 mètres.

Au-dessus de 5* Nord, les populations semblent encore plus denses et possèdent de grandes quantités d'ivoire et de caoutchouc. Sur la rive droite, sont les villages langouassis (grosse peuplade) de Kramotou et de Linga. Sur la rive gauche, les Monos sont établis sur un petit plateau au village de Yamgata. Puis, jusqu'au delà de l'importante rivière Kouango (130 mètres), les deux rives sont occupées pur les Ban-Ziris (villages de Bey, à gauche; de Dioukoua-Mossoua, Manguiso, Kembé, à droite).

Le 25 octobre, la reconnaissance atteignait le point extrême de Bamanga, où.l'Oubanghi recoupe le 5* degré pour redescendre au-dessous. Crampel concluait là un deuxième traité, ' et, revenant sur ses pas, remontait la rivière Kouango qui traverse d'autres populations de Gobous. Il campait, le 26 octobre, par 5*^ 03' W" latitude, 17° 41' 20" longitude; le 28 octobre, par 5° IT 10" latitude (point extrême atteint au Nord), 17"* 45' longitude ; enfin, le 29 octobre à Comba {b' 10' 10" latitude, 17° 54' longitude).

Crampel redescendit aussitôt la rivière Kouango, et arrivé à un marché indigène d'ivoire, laissant la chaloupe descendre le courant jusqu'à Dioukoua, il entreprit de rejgagner ce village par la voie de terre. Il reconnut ainsi le village de Makando, traversa la petite rivière Kandjia, large de 30 mètres, puis des plantations, et arriva le 31 octobre à

Dioukoua, où il signa un troisième traité, et établit s camp d'avant-garde.

Pendant ce temps, le personnel demeuré dans la chalou campait, le 30, à lembouchure de la rivière Kouango paErz S'* or 30' latitude, 17^ 40' longitude.

La reconnaissance était terminée, et il fallait revenir Bangui pour prendre la seconde moitié de la mission (1).

La politique de Crampel, dans cette région, a considér blement modifié les relations entre blancs et indigènes. Les pillards et les assassins une fois punis, le poste de Bangu/, dégagé de ces ennemis, pourra gagner les villages paisibles et se les attacher d'une façon solide.

Pendant le premier mois du séjour de la mission, on n'avait pas vu un seul indigène au poste : à son retour de la rivière Kouango, Crampel trouva à Bangui deux chefs venus pour lui apporter des cadeaux : les noirs commençaient à

(i) Les renseignements ci-dessus, publiés par le Journal des Débats du 46 février i89i, ont fait le même jour l objet tf'une communication à V Académie des sciences. Voici en quels fermes /e Journal officiel, du 23 février, annonce cette communication :

«M. le secrétaire perpétuel entretient ensuite TAcadémie des résultats déjà obtenus par la mission Crampel au Congo français, et dépose sur le bureau, au nom du Journal des Débats, une carie de la mission avec les positions géographiques des points explorés prises par M. Lauzière et différents détails relevés par M. Ponel.

« M. Paul Crampel, dit M. Bertrand, avec le concours de MM. Lauzière, ingénieur, et Ponel, a relevé le cours et les rives de la rivière Oubanghi, entre le dernier poste français de Bangui, et la rivière Kouango, affluent de rOubanghi.

c( La mission a pris sur ce parcours huit positions géographiques. Le résultat de ce travail est assez frappant : le cours de TOubanghi serait, en effet, d'après M. Crampel, de près de 1 degré plus au nord que ne Tavait indiqué le voyageur belge Van Gèle. Gela mérite d'autant plus Tattention que le cours de TOubanghi sert de limite, d'après des conventions diplomatiques, entre les possessions françaises et l'État indépendant du Gongo.

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Ire des vivres, tandis qu'auparavant, pour s en procurer, liait envoyer à un jour et demi en amont ou trois jours Lval.

* :trait d'une lettre de Crampel :

« Haut-Oubanghi, 15 novembre.

...Je suis content du personnel noir, qui me semble assez ageux. Mes approvisionnements restent presque intacts, 'ai peu de cadeaux à faire.

.. Me saura-t-on gré du travail ingrat que je viens de faire

' la colonie ? Il a été pénible particulièrement pour moi

m'estimerais moi-même peu « malin » d'avoir consenti

'en charger si je ne préférais la conscience du devoir

mpli

...Ischekkadest, après moi, le plus fatigué de nous tous, uffre de l'estomac et a souvent la fièvre. Néanmoins, de grave. 11 manifeste toujours la meilleure volonté; il parle souvent de Paris et me répète que si nous avons Duheur d'arriver à Agadez, le succès du voyage sera ré et grand. Je ramènerai de l'Ahenet en France, me 1, autant de Touareg que j'en voudrai accepter. Sa con- ;e dans l'accueil de ses compatriotes est absolue. Je crois lui avoir inspiré un attachement réel. Quand j'ai iré, au début, que je vivais seul, il a paru vexé de ne être admis librement en ma compagnie et à ma table; craint un instant quelque sérieuse blessure d'amour- >re. Mais il a bientôt compris la nécessité de ma déciet m'a dit un jour : « Tu as raison. Le chef des têtes ne être le camarade des bras, des jambes et des ventres ». Autre indice de ses sentiments personnels : l'autre jour, on retour de la reconnaissance au Nord, je le revoyais s une séparation de trois semaines. H s'est précipité vers et sa première phrase a été :

« — Ischekkad est aussi heureux de te retrouver bien portant qu'il sera heureux de rentrer dans TAhenet. »

Les dernières nouvelles importantes qui me sont parvenues de Paul Crampel sont datées de Dioukoua, le 30 novembre. Dans ce camp d avant-garde, étaient, dès ce moment, massés les bagages et les porteurs. Le départ pour Tinconnu était imminent.

« Dans trois ou quatre mois, m ecrivait-il, je serai certainement dans le Baghirmi. A Dioukoua et dans la rivière Kouango, j'ai recueilli des nouvelles certaines du voisinage des musulmans. Au milieu de récits invraisemblables, les indigènes me donnaient des détails qu'ils ne pouvaient avoir inventés. Je crois, en somme, qu'à une quinzaine de jours au Nord, c'est-à-dire vers le 6* degré de latitude, est un marché où, deux ou trois fois l'an, viennent des caravanes de musulmans. Il y a des animaux porteurs de charges : bœufs et ânes. Les « étrangers » qui viennent du Nord à ce marché sont armés de fusils (le fusil est inconnu ici) . Us installent une sorte de camp fortifié d'où ils envoient des détachements acheter, dans toute la région, ivoire et esclaves. Le pays n'est, parait-il, pas bouleversé, et il semble que la bonne entente ne se trouble guère entre marchands et indigènes.

« Le jour où je trouverais une cinquantaine de bêtes de charge à acheter, je serais dans une situation tout autre qu'aujourd'hui. J'ai, en effet, en ce moment, beaucoup plus de ballots que de porteurs; je suis obligé d'engager des volontaires de village en village, ce qui diminue au moins de moitié la rapidité de notre marche. Malgré cette cause de retard, en admettant même que je doive rester réduit à mes seuls moyens actuels, je n estime pas à plus de trois mois le temps nécessaire pour me rendre d'ici à la frontière baghirmienne. Je juge cela d'après les expériences déjà faites eo colonne par notre petite troupe. »

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