SUR L'OUBANGHI
oici quelle était, au 30 novembre 1890, la composition
a mission :
inq Français : MM. Paul Crampel, chef de la mission;
^zière, ingénieur, élève de TEcole centrale; Albert Nebout^
f de caravane; Gabriel Biscarrat, chef d'escorte; Or^f,
s-chef de caravane ; un Arabe, Mohammed beh Sdid^ étu-
fit en médecine, interprète; un Targui, Ischekkad-ag-
iliy guide et interprète.; '
ingl-neuf Sénégalais ;
ingt-cinq Bassas ;
ingt-cinq MTans;
►ix-sept Gabonais ;
ingt-quatre Lpangos ;
oit, en tout, 127 hommes et la petite Pahouine Niarinzhe.
i date du 30 novembre, les approvisionnements, à peine
imés, étaient sufRsants. L'état général des esprits et des
tés était assez bon, sauf, en ce qui concerne Crampel
même, fort éprouvé par un violent accès de fièvre bilieuse.
In peut juger, par ce qui précède, de l'importance des miers résultats obtenus. Jusqu'ici, bien que Crampel ait [ué des retards en consentant à assumer la charge de iblir le calme dans la région de Bangui, il a exécuté de ai en point le programme qu'il s'était tracé dès le début. >n est donc en droit de conclure que, si aucun accident leux n'est survenu, il doit approcher, à l'heure actuelle n 1891), du lac Tchad, premier et principal but de son ^nifique voyage.
Ainsi que cela a été annoncé, une mission anglaise, partie d'Akassa, sur le Niger, est en route pour le Bornou. A supposer, — ce qui, heureusement, demeure douteux, — que le cheick de ce puissant pays accepte le protectorat de l'Angleterre, nous n aurions guère chance d'obtenir qu*uii abaissement de la ligne qui limite actuellement notre zone d'influence à Barroua.
Si nous voulons réaliser Tunion, si désirable, entre nos possessions du Nord et le Congo, il faut donc que nous atteignions le lac Tchad par le Sud et que nous étendions noire influence aux territoires du Baghirmi, qui comptent parmi les plus fertiles du monde.
Nous n'avons là, pour le moment, qu'un concurrent sérieux à craindre : ce sont les Allemands de Cameroun. Ils ont si bien compris l'importance du cette question que M. de Caprivi déclarait dernièrement au Reichstag que la colonie n'aurail pas grande valeur si l'on ne pouvait espérer son agrandissement vers l'intérieur (1).
Diverses missions allemandes ont travaillé à cette œuvra importante. Nous pourrions voir avec indifférence et mêm( avec sympathie leurs entreprises, si elles ne visaient qu( l'Adamaoua, qui doit, tôt ou tard, devenir un domaine allemand. Mais si, ce qui paraît probable, elles projettent d nous couper la route vers le Nord, il devient particulièremen important de les devancer.
Crampel n'avait plus à franchir, à la date de ses dernière lettres, que le seuil, probablement peu élevé, qui sépare l bassin de l'Oubanghi de celui du Chari. Sur l'autre versant
(1) Plus récemment, le Reichstag a voté un crédit de deux mUlions pou mettre la colonie en valeur... et poursuivre les tentatives de pénétration.