‹ A la démocratic françaiseChapitre 10 sur 13 · MA · texte numérisé non relu

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stitue pour la plupart, et qu'elles sont tempo^ raires. On n'a point de jalousie contre le magistrat qu'on a choisi, et qu'on a l'espoir légitime de pouvoir remplacer bientôt. C'est alors une simple émulation, qui tourne au profit commun, et au profit même de celui qui l'éprouve, Il est donc possible d'org-aniser dans la démocratie un gouvernement d'autant plus fort qu'il ne blesse point le juste orgueil des citoyens. L'égalité ainsi entendue, loin d'être un obstacle à l'ordre et au pouvoir, lui est au contraire un secours très-puissant, si l'on sait en bien user.

Les plus dangereux ennemis de l'égalité sont ceux qui prétendent la porter sur un terrain qui n'est pas le sien. Ne la faites pas sortir de 1^ liberté; car partout ailleurs elle est impossible ; et les essais infructueux que vous pourriez tenter, ne se fondant que sur une iniquité flagrante, n'amèneront que désordres et que ruines sociales. L'égalité des biens est une chimère, parce que l'égalité des intelligences et des labeiu's est im-

possible, et que la propriété, promise en dépouille au peuple souffrant par des sophistes factieux, n'est en définitive que le fruit légitime du travail etde l'intellig'ence.

Il faut donc le proclamer bien haut : la différence de richesse ne blesse en rien la véritable égalité; elle ne blesse que les désirs cupides et insensés, qui ne sont pas même naturels au cœur de l'homme, et que de détestables conseils peuvent seuls y développer, pour la honte et le malheur de celui qui les ressent et les satisfait. L'envie est un supplice pour l'âme qui la nourrit, et son premier châtiment; l'envie isole l'individu de ses semblables, qu'elle change en autant d'ennemis; et comme il est fait pour vivre avec eux, elle devient la contradiction la plus douloureuse de sa nature, en combattant ses tendances les plus réelles et les plus irrésistibles.

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