CHAPITRE PREMIER
Du principe de la démocratie, la vertu.
Montesquieu, dans YÊsiwit des Lois^ a dit : « Le principe du gouvernement démocratique^ « c'est la vertu •, » et il a employé tout un chapitre de son immortel ouvrag-e. liv. m, chap. 3, à démontrer cette maxime, restée dans la science comme un axiome incontestable depuis que son génie l'a consacrée.
Examinons ce qu'il y a de profondeur et d'u^ tilité dans une telle maxime.
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Si elle est vraie, comme nous le pensons, quelle cipplication peut-elle actuellement recevoir dans l'organisation de la démocratie française? La philosophie, qui l'inspirait au dixhuitième siècle, ne peut-elle pas aujourd'hui la féconder encore en montrant les véritables et solides conséquences qu'elle doit porter pour nous?
Si Montesquieu vivait de nos jours, il pourrait nous être suspect, à bon droit. Au milieu de tant de basses adulations dont le peuple, devenu roi, est l'objet, on pourrait prendre l'auteur de Y Esprit des Lois pour un flatteur de plus, et un sophiste à dédaigner ou à redouter comme tant d'autres. Plus même son axiome serait louangeur, plus notre défiance serait légitime et prudente. Mais Montesquieu écrivait sous une monarchie, il y ajustement un siècle, à un moment où aucun symptôme n'annonçait cette puissance souveraine du peuple et son irrésistible avènement. Le nouveau maître alors n'était pas même pressenti; car le génie, tout