‹ À la façon de BarbariChapitre 4 sur 80 · LA MAIN M · texte numérisé non relu

LA MAIN M

avait eu dedans une douzaine de crabes ! A terre, la nourriture n'est plus la même, vous savez, on se dérange... Enfin, i30urtout dire, j'avais besoin de larguer le bouton...

J'entre donc dans un débit, et je demande la poulaine, ou si vous aimez mieux le petit endroit !

La chose faite, je bois un coup pour me préserver du choléra, et, vu qu'il y avait du bon calvados, là-dedans, j'y suis retourné souvent.

Oui, souvent... — Un beau matin, je me suis habillé comme un prince et je suis venu trouver l'aubergiste. Nous avons pris une bouteille de vieux vin ensemble (cachet vert, je m'en souviens) et ensuite je lui ai demandé quelque chose. « Tope là, qu'il m'a dit, c'est entendu, je vous la donne! » (Gravement.) Voilà ma plus terrible aventure !

Edouard. — Qu'est-ce qu'il y a donc de si terrible là-dedans, oncle Jambe ? Je ne vois pas.

L'Oncle.,— Parce que tu ne sais pas ce

que je lui demandais, parce que tu ne sais pas ce qu'il m'a donné.

Robert. — Qu'est-ce qu'il t'a donné, donc?

L'Oncle. — Une main...

Albertine, vivement. — Une main coupée?

L'Oncle. — Malheureusement non. C'était une main bien vivante, avec une petite bague bleue au troisième doigt. C'était la main de sa fille, — la main°de votre satanée pie-grièclie de tante — que le diable emporte !

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