SOUPE A LA TORTUE
Voici venir tantôt le temps de la chasse, à l'arrivée duquel les histoires de lapins, lièvres et levrauts seront si nombreuses qu'on ne saura mettre le nez à la portière sans en ouïr pour le moins une demi-douzaine.
En attendant qu'on vous serve, toutes bouillantes ou réchauffées , ces plaisantes anecdotes sur les hôtes de nos betteraves, souffrez, braves gens, que je baliverne un instant sur les tortues.
Pour commencer, puisque j'ai parlé des chasses prochaines, je prendrai la liberté de vous faire remarquer l'analogie frappante qui existe entre nos petits chiens bassets —
lesquels, justement, pourchassent assez volontiers le connil, — et lesdites tortues.
La tortue, qui tire son nom de son appareil locomoteur, et n'en est pas plus fière pour ça, possède des pattes tortes absolument semblables à celles des bassets.
Les bassets seraient-ils donc d'anciennes tortues qui, peu à peu, auraient jeté leurs carapaces aux orties? — Aucun doute n'est permis à cet égard.
Fatiguées de pondre des œufs flasques, ces tortues dissidentes se sont bravement ralliées aux vivipares. Elles ont troqué leur tète de serpent contre un museau canin, et voilà comment nous avons récolté cette race si intéressante des chiens bassets.
Ceci dit sur les tortues dégénérées ou transformées, parlons un peu des tortues franches. Inutile, n'est-ce pas? d'insister sur l'utilité d'une tortue dans un appartement.
La tortue n'est pas seulement décorative. Outre qu'elle extermine l'été beaucoup plus de mouches que n'importe quel papier chi-