‹ À la façon de BarbariChapitre 68 sur 80 · UN PROJET PAS BANAL · texte numérisé non relu

UN PROJET PAS BANAL

quintes de toux, ingurgitations défectueuses, et autres tels désordres.

Je suis arrivé, jjar ce procédé, à faire rire un monsieur qui avait perdu 75,000 francs le matin même et qui, de plus, était affligé d'une cruelle maladie de foie. (En présence d'un pareil résultat, la modestie serait un crime.)

C'est également grâce à ce jeu qu'hier, hôtel delà Pomme-d'Or, à Goucy-le-Ghâteau, je me suis concilié l'amitié d'un très agréable vieux monsieur. Ce personnage sympathique ressemblait si parfaitement à notre brave oncle Sarcey que je l'eusse pris pour le prince de la critique, s'il n'avait eu l'extrême obligeance de m'énoncer lui-même ses titres :

— Roy ne suys, ne prince, ne duc, ne comte aussy : je suys le sire de Goucy.

— Enchanté de faire votre connaissance, messire ! répondis-je en m'inclinant.

Le vieux monsieur se mit à glousser formidablement, et, me bourrant les côtes :

— Farceur, fit-il, je ne suis pas le sire de

Goucy et vous le savez bien ! Je vous rappelle simplement la fière devise du vieil Enguerrand, car vous êtes venu pour visiter notre château, je présume?

— Je l'ai parcouru ce matin, messire, depuis les échauguettes jusqu'aux souterrains, et je n'ai eu cfu'à me louer de votre intendant ! Bien que coiffé d'un képi de pompier, et malgré la serpillière qui lui tenait lieu de justaucorps, cet homme a fait preuve de la plus parfaite courtoisie...

— Et que dites-vous de notre bibelot féodal ?

— Admirable ! répondis-je, et quel dommage qu'un Rothschild quelconque n'ait pas alloué au grand Viollet-le-Duc les six misérables petits millions qu'il réclamait pour restaurer cette merveille !...

A ces paroles, les lunettes du vieil homme étincelèrent comme des phares, et son visage déjà rubescent se colora de pourpres nouvelles.

— Ces deux mots que vous venez de pro-

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