‹ A la grand'pinteChapitre 21 sur 103 · EN PASSANT · texte numérisé non relu

EN PASSANT

J'ai vu hier une chaumière Sur les bords du lac d'Enghien ; Un chalet couvert de lierre.

J'allais à Saint-Gratien.

Du chalet, couvert de lierre,

Les arbres couvraient le toit.

La porte de cet endroit

Me semblait hospitalière.

Et fatigué du chemin,

En contemplant cet asile

Frais, ombreux, joyeux, tranquille

Je me disais : Si demain

J'héritais d'une chaumière Sur les bords du lac d'Enghien ; D'un chalet couvert de lierre, Je m'en contenterais bien !

— Dans des massifs de verdure On distinguait un dressoir Lumineux sur un fond noir.

Là, melon, fruits, onde pure, Vins au frais pour le festin,

Resplendissaient à la vue.

Je passais tout en revue, Avant grand'soif et grand'faim.

Mais poudreuv, sur la grand'route Arrêté pour m'appuyer, Debout sous un peuplier Nul ne m'aperçut sans doute.

J "entendais rire auv éclats.

Puis, après un bruit de cloche, On gros dindon à la broche Fut suivi par d'autres plats.

Un groupe de jeunes femmes Souriaient là, gentiment, Soit de quelque compliment, Soit de quelques autres dames.

N'étant pas un indiscret, Sans m'arrêter davantage, Je côtoyais le rivage Qu'un soleil jaune dorait.

Soleil jaune, c'est orage.

L 'orage me prit au bois.

(Tétait le moment, je crois, Avant la pluie au visage, De redire avec raison :

Madame la Providence, Hélas ! je n'ai pas de chance 5 Si j'avais une maison,

Si j'avais une chaumière

Sur les bords du lac d'Enghien;

Ln chalet couvert de lierre, Je m'en contenterais bien.

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