‹ A la grand'pinteChapitre 28 sur 103 · DE LA BUTTE MONTMARTRE EN · texte numérisé non relu

DE LA BUTTE MONTMARTRE EN

Il reste quatre moulins.

Les trois plus joyeux peut-être,

Je les vois de ma fenêtre ;

Eux regardent les lointains...

— Calmes ou tout à leur tâche.

L'été, l'automne, l'hiver,

Sur le ciel gris, sombre ou clair,

Les bras tendus sans relâche ;

Aux rumeurs dont ils sont pleins, Se joint, quand près d'eux on passe, Le grand bruit que dans l'espace Font leurs bras broyeurs de grains.

— De loin les voyant paraître, Je dis : ^ oilà mes voisins Là-bas... — Ces petits moulins, Si grands ! vus de ma fenêtre.

Si l'on monte visiter Ces crépitants dans leur cage :

Autour d'eux on trouve : ombrage, Restaurants pour s'inviter.

Charmilles, bosquets, tonnelles, Des bancs de bois, du vin frais, Des balançoires ! — Après :

De charmantes demoiselles.

— Salut ! dernières splendeurs De Montmartre, notre butte, D'où plus d'un fait la culbute En descendant les hauteurs ' D'un faux pas nul n'est le maître Quand il suit des brodequins...

— Qu'ils sont gais ! les trois moulin; Que l'on voit de ma fenêtre.

Et pendant les soirs d'été Tonte la butte est en fête.

Le Moulin de la galette Ouvre son bal si vanté !

— Chaque arbre alors s'illumine.

Ou pavoise les hauteurs ;

Et la foule des danseurs De tous côtés s'achemine.

L'orchestre, encore exigu, Dans le lointain, qui résonne,

Fait retentir son trombone Et son flageolet aigu; Puis grogne la contrebasse Sous les éclats dune voix Braillant par dessus les toits :

Place! en place, en place, en place!

Laissez passer tout ce bruit.

Mais quand ebacun dort tranquille.

Montez, pour voir la grandVille,

In matin quand le ciel luit.

En des zones inconnues,

Plus splendide qu'une mer.

Paris s'étend et se perd

Dans l'or, la bruine et les nues...

Venez là vous promener

Si votre bourse est en fête !

Au Moulin de la galette

Allez aussi déjeuner.

Vous direz plus tard peut-être,

Même en de plus beaux jardins :

Qu'ils étaient gais ! ces moulins

Ou'on vovait de sa fenêtre.

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