LE SAULE
Pourquoi regarder toujours l'onde ?
Pourquoi tant d'amère douleur,
Saule pleureur ?
N'as-tu plus d'espoir en ce monde; Es-tu courbé sous le malheur ?
Pauvre rêveur I
Que cherches-tu dans la rivière, As-tu perdu quelqu'un ici ?
A comprendre ta peine amère Je cherche aussi.
Saule éploré, je t'en conjure, Révèle-moi ce grand secret...
Mais je n'entends que ton murmure Plein de regret.
Etes-vous, fleurs pleines de larmes, Et vous, saules ainsi penchés, Comme sous de magiques charmes Des cœurs cachés ?
Si notre âme au ciel monte et chante Quand nous dormons du grand sommeil ; Si le corps devient arbre ou plante Sous le soleil ;
Si toute chose est transformée, Peut-être qu'à ce même endroit Quelqu'un mourut sans bien-aimée...
Et saule il croit !