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CHAPITRE VIT

Agriculture et Cherté de la Vie (Suite)

On a donné comme raison de l’exode des campagnes vers les villes, les gages plus élevés, des heures moins longues et plus régulières, de plus grands avantages sociaux, de meilleures écoles, plus d’amusements et le désir général d'éviter l’isolement et de vivre dans une société plus dense et plus rapprochée.

Il faut ajouter, de plus, une autre raison bien importante, c’est que l’on ne fait pas tout ce qu'il faut pour retenir le cultivateur à la terre.

Il faut pour cela, dit un économiste, qui possède son sujet et en parle avec connaissance de cause, ‘une attache plus forte que le droit de propriété. Il lui faut les facilités et le moyen de vivre aussi bien que d’exister.”

“Pourquoi de nos jours le cultivateur trouve-t-il ennuyeux de rester sur sa terre? Il existe trois raisons majeures. L’accaparement et la rétention de vastes étendues de terrains par des spéculateurs ; des attractions sociales et l’argent plus facilement gagné des cités et villes ; le manque d’un rendement suffisant et l'absence de facilités pour le prompt placement de ses produits.

“La création de tout un système de petites industries manufacturières dans les districts ruraux est une partie nécessaire d’un programme de développement agricole, non seulement pour fournir du travail et de l'argent comptant au cultivateur et à sa famille dans les années peu productrices de récoltes, mais aussi pour préparer les conditions du bien-être social qui font disparaître l’ennui de la maison.

“Une eulture plus intense, une plus forte production fermière à proximité relative des centres de population, l’encouragement ‘aux métiers chez soi” produisent une combinaison pré-

Re.

cieuse au point de vue du développement économique des districts ruraux.”

Pour ceux-là même qui demeurent sur la terre, il en est un ton nombre qui délaissent la culture pratique des grains, céréales et légumes, l'élevage des bestiaux, l’aviculture, pour se livrer à d’a: res travaux qui produisent des revenus plus immédiats mais d'u: résultat plus passager et dont les terres restent dansune ja- 2bére permanente et improductive.

Il ne faut pas oublier que le Canada est par-dessus tout un pays agricole et que l’agriculture est sa plus importante industrie. Une production inférieure à la normale dans certaines branches importantes de la culture est aussi une des raisons déterminantes de l’augmentation du coût de la vie.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous un résumé partiel du rendement agricole des dernières vingt-cinq années dans notre province. On y verra avec regret que le nombre d’acres ensemencés pour la culture des principaux produits a diminué d’une manière notable et dangereuse pour l’avenir.

TABLEAU PARTIEL DU MOUVEMENT AGRICOLE. — PROVINCE DE QUÉBEC, DE 1891 À 1915

Résultat maximum.

1891 1910 1915 Année Quantité (Acres (Acres) (Aeres) (Acres)

Blé du printemps—Acres

ensemencés ......... 168,929 68,998 71,009 1850 410,013 Avoine, acres ensemencés. . L161,033 1,430,20) 1,409,000 1909 1,574 ,100 Orge É 94,464 99,762 85,000 1907 113,000 Seigle su 25,939 12,735 8,700 1890 25,939 Pois s 77,982 32,507 24,400 1890 155,004 Fêves “ 3,929 6.065 4,700 1908 12,000 Blé d’Inde a 17,586 23,473 16,300 1908 33,600 Lin à 2,878 1,361 600 1890 2,878 Pommes de terre ‘ 122,254 124,598 117,000 1909 143,500

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