‹ A la législature de Québec [microforme]Chapitre 11 sur 17 · DIVERS · texte numérisé non relu

DIVERS

Sucre d'érable (livres) .... 18,875,231 9,427,694

En référant à ce tableau, on voit que malheureusement, au cours des années qui se sont écoulées de 1910 à 1915, le nombre des vaches laitières dans le Québec a diminué de 856,151 à 720,420.

Le pourcentage du lait et des matières grasses qu'il contient reste dans des cas trop nombreuy au-dessous de la moyenne. fl y a là, évidemment, dans ln sélection des espèces et dans leur alimentation un élément de faiblesse qu'une meilleure éducation, un encouragement et une surveillance plus rapprochés devraient faire diminuer et disparaître.

L'élevage des animaux de boucherie, celui des moutons principalement, a perdu de sa popularité première.

En 1911, le nombre total des bêtes à cornes, dans la province, à l'exclusion des vaches laitières, était de 697,800 ; en 1915 il avait baissé à 612,500.

En 1871, nous avions 1,007,800 moutons ; en 1915 nous n'en avers plus que 554,491.

De 1911 à 1914 nous avons exporté du Canada, pour $115,326 de moutons, tandis que nous èn avons importé pour $1,409,834.

Au cours de l'année 1915, le Canada a importé 6,959,400 livres de beurre, prircipalement de la Nouvelle Zélande. En ce dernier pays, il y a 197 têtes de bétail par 100 de sa population, tandis que le Canada n'en a que 36.

Concernant l'aviculture, tandis que notre population avicole, (pour tout le Dominion) avait augmenté de 1212 millions en 1891 à 2919 millions en 1911 et notre production d'œufs de 6412 millions de douzaines à 123 millions; que nos exportations avaient diminué de 8 millions en 1891 à 90 mille seulement en 1911, nous en importions, en cette dernière année 2? millions et un tiers de douzaines contre 602 mille douzaines vingt ans auparavant.

Notre consommation générale qui était de 57 millions de dougaines, il y a vingt ans, a atteint le chiffre de 125 millions de douzaines en 1911. Ces chiffres sont, il est vrai, pour tout le Canada mais ils indiquent bien de quel progrès est susceptible chez nous, cette partie de l’industrie agricole, pourtant bien négligée, surtout dans notre province.

La province de Québec importe des œufs de l’est et de l’ouest: Toute la région agricole à l’est, à l’ouest et au sud de Québec ne peut assez en fournir pour alimenter cette ville.

Chez nous, on ne cultive plus le lin. Les “broyages’”’ si populaires jadis, et si généraux à l'automne, ont complètement dis-

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paru de notre paysage de la campagne. On ne fabrique presque plus de toiles ni d’étoffes domestiques. Où est-il ce temps de fier labeur et de succès où le vêtement de chaque jour et même celui des jours de fête était le produit du travail de la ferme ?

Iest vrai que l'industrie laitière, si peu avancée qu'elle soit représente pour tou! le Canada, une valeur de 150 millions de dollars. La vache ! re, pourtant, ne produit à peine, en moyenne, que 4,000 livres de lait par an, tandis que cette production devrait atteindre huit et même dix mille livres.

Les notes qui précèdent indiquent assez clairement de quel côté doit se porter l'amélioration de notre condition agricole. 1 faut admettre qu'il y a largement à faire.

Le gouvernement devrait surtout mettre de côté cette assistance platonique qui consiste à opérer chaque année sur une liste préparée d'avance, par des théoriciens bien intentionnés mais sans valeur pratique et dans laquelle sont alignés en face des diffé rentes branches de l’industrie agricole, des sommes trop souvent distribuées du point de vue du patronage politique et sans égard aux résultats qui doivent suivre leur emploi.

Bien plus, on est allé jusqu'à continuer à voter des subventions annuelles, comme M. Sauvé l'a prouvé dans le cas d’une Société d'Horticulture, à une association qui avait cessé d'exister depuis plusieurs années.

Ce qu'il faut le plus encourager, c’est le retour à la vraie culture, l'abandon des mauvaises méthodes, l'adoption des procédés les plus récents et les mieux éprouvés et l'appréciation par l’agriculteur de la hauteur et de la noblesse de sa mission.

C’est le routinier et le nonchalant qu'il faut attaquer, combattre et convaincre. C’est le pionnier qu'il faut encourager et aider.

Cherté de la vie

Nous n'avons pas l'intention de nous attarder longtemps sur cette question, non pas qu'elle ne soit d’une importance capitale surtout au moment actuel où tout est cher et où on se demande. pourquoi ?

Cette question a été traitée déjà dans de volumineuses publications et elle a fait et fait tous les jours l’objet d’études speciales.

Ce que nous venons d'exposer au sujet du mouvement agricole dans notre province, dit déjà où est la grande cause du mal.

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Malheureusement nos administrateurs ne s'en sont pas encore aperçus.

Seule, malgré son petit nombre, l’opposition a demandé et obtenu, à grand’peine, quelques instants de considération à cette grave question.

Le 4 décembre, M. Sauvé souleva à ce sujet un débat fort intéressant. Au cours de ses remarques, il proposa au ministre de provoquer une réunion du Comité de l’Agriculture pour discuter ce problème. Le ministre accueillit d’abord cette proposition avec beaucoup de mauvaise grâce. Le lendemain (la nuit porte conseil), il revint sur son objection et consentit à cette convocation. L'assemblée eut lieu le 13 du même mois.

Cette enquête, faite avec précipitation, à la fin d’une session que l’on avait hâte de terminer, r'eut pas le résultat ni la portée que l’on était en droit d’en attendre. Comme tout ce que l’on fait faire au gouvernement Gouin, malgré lui, le travail manqua de méthode et ne fut pas poussé à fond.

La Chambre de Commerce de Montréal et les unions ouvrières envoyèrent des représentanis. M. Fortier, de la Chambre ‘de Commerce, recommanda de doubler les crédits agricoles, et comme un des principaux remèdes, la culture intensive. Il fit remarquer que l’on est prodigue d’assistance au commerce et à l’industrie, qu’en fait on aide directement ou indirectement, par tarif, primes ou autrement, tous les producteurs, excepté le cultivateur.

M. Jos. Quintal recommanda comme remède puissant à la cherté de la vie, l'augmentation énergique de la production agricole. M. Gustave Francq exprima l’opinion que l’on exporte trop et que l’on ne produit pas assez et il attribua la disparition graduelle de la culture maraichère, une des richesses du district de Montréa!, à la folle spéculation sur l’immeuble qui a fait disparaître les fermes pour les transformer en subdivisions de lots à bâtir.

Seul, à la Chambre, M. Sauvé montra qu’il portait intérêt à ce difficile problème et ce ne fut qu’à sa demande pressante que le cabinet se réveilla un instant de son assoupissement.

Il craignait très probablement un réveil de l’opinion, découvrant une fois de plus, la négligence du gouvernement endormi dans la routine et dans une hypnose désastreuse pour nos intérêts les plus chers.

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Les remèdes sont à la portée de l'administration ; l’économie dans certaines branches du service permettra d'apporter plus d’aide véritable à l’industrie agricole. Une étude raisonnée, à la lumière des faits et des statistiques indiquera ce qu’il faut faire tandis qu’une surveillance intelligente et une recherche honnête des résultats les fera sûrement obtenir.

Si ‘la terre se meurt” le gouvernement Gouin peut se frapper la poitrine et dire : ‘“Mea Culpa.””

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