CHAPITRE IV
Le discours du trône et l’exposé budgétair
Ce qu’on est convenu d'appeler le “discours du trône,” e qui doit contenir le résumé des mesures qui seront présentées € discutées au cours de la session, n’en couvre assez souvent qu’un, bien faible partie.
Celui du 7 novembre n’a pas différé des précédents sous ec. rapport.
Après le couplet obligé du Fonds Patriotique, de l'emprunt national et de la commission pour régler l'emploi des soldats revenus du front, ce discours d'ouverture passe rapidement en revue les questions que le ministère offrira à l'étude de la Législature,
Constructeurs et les ouvriers.
Il effleure en passant la question du ‘Mérite Agricole,’ d’une loi pour l'échange des terres propres à la culture, des barrages sur les rivières Saint-François et Saint-Maurice, déclare (ce qui est faux) que l’agriculture est dans un état très satisfaisant et termine en offrant les “Comptes Publics” à l'examen des députés.
On voudra bien remarquer que dans ce menu offert pour la Consommation des élus du peuple il n’est nullement question dela loi des licences pourtant si importante, de celle qui fut présentée pour la régie des écoles catholiques de Montréal non plus que de la législation établissant un nouvel impôt sur les compagnies et les agents d’assurance.
La loi annuelle Concernant la cité de Montréal et celle qui augmenta les pouvoirs d'emprunt de la cité de Québec bien que prévues et annoncées avant la session ne furent pas jugées dignes de mention dans le Programme tracé par le ministère.
En règle générale, le cabinet Gouin n’annonce dans le discours
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du trône que des mesures plus ou moins anodines ; il préfère ne saisir la Chambre d: ses projts importants que vers les dernières heures de la session, alors que les députés désireux de mettre un terme à leurs travaux ne donnent qu’une attention bien distraite aux projets du ministère.
Cependant, en dépit de ces précautions prises par le gouvernement pour étouffer la discussion ou pour la restreindre dans les limites les plus étroites, M. Sauvé et ses collègues, tant au cours de l’étude du budget que lors de la considération des multiples questions qui ont formé le menu journalier de l’Assemblée, ont à plusieurs reprises forcé le ministère à des explications ou à des aveux que le premier ministre et ses collègues ne donnaient évidemment qu’à contre cœur.
Le système était un peu différent pour chaque ministre, mais le résultat était le même. Le ministre des Travaux Publics noyait ses réponses sous un flot de paroles ; le ministre de la colonisation était rarement ‘‘en état”’ de répondre, c'était sa manière d'expliquer son silence ; le secrétaire provincial n'avait généralement rien à dire. Le premier ministre ou bien répondait par un monosyllabe bourru ou par un silence boudeur.
Le chef de l'opposition accumulait les demandesderenseignements avec peu de succès. A une période assez avancée de la session, en fait, vers la fin de novembre, plus de vingt-cinq interpellations déposées par lui sur le bureau étaient encore sans réponses et ce ne fut que le 22 qu’il put en recevoir et encore à un fort petit nombre seulement.
La production de la correspondance au sujet de l’agence de Belgique, déjà demandée l’année précédente par M. Lavergne, n'était pas encore fournie cette année. Et cependant les ‘“Comptes Publics” comportent un chiffre de 86,901.93 payé pour cet objet.
Pour donner un exemple, entre plusieurs, de la désinvolture des membres du ministère, il convient de citer une réponse de M. Decarie à M. Sauvé, que, si l'opposition était désireuse de se renseigner sur les richesses de la province, ses membres n’avaient qu’à faire comme les ministres, la parcourir.
Le 16 novembre, le trésorier, M. Mitchell, offrit à la Chambre son exposé budgétaire annuel.
Dans ses prévisions de l’année précédente, le ministre de finances locales avait estimé le revenu ordinaire à la somme
ER. jee
EE 8,445,633.79 et les dépenses totales à celle de........... 8,304,957.31 soit un surplus approximatif de... ....... 140,076.48 tandis que le bilan réel soumis par lui pour l’année finissant le 30 juin 1916 était de :
Recettes de toutes ie LT DCS $ 13,847,561.47
et les paiements de... er... 18,708,077.52
soit un surplus de... 139,483.95
la différence entre les prévisions et la recette actuelle étant due l'addition, dans les derniers chiffres de la somme produite par solde de l’emprunt pour ‘les bons chemins.”
Nous avons déjà mentionné que l’augmentation de la dette fondée, au 30 juin
PRE REA Clé de. $ ©: ’35,499.86 La dette non fondée à cette même date
ee ES NN $ 2,625,408.22
avec un crédit non dépensé de ..... 2,565,941.42
soit un découvert de... 59,466.80- Les estimations des recettes pour l’année
financière de 1916-17 furent établies par, le