COMME PROCÉDÉ D'IDENTIFICATION
Par M. A. DASTRE
Rapport présenté à l'Académie des Sciences (séance du i ' r juillet 1907) Au nom de la Commission nommée par l'Académie.
Par une lettre du 6 novembre 1906, M, le Ministre de la Justice invitait l'Académie à « lui faire connaître son sentiment sur le crédit qu'il faut accorder aux méthodes anthropométriques relatives aux empreintes des doigts pour fixer l'identité d'un individu et sur les moyens de contrôle à établir pour prévenir, dans leur application, les déductions inexactes ». Dans la séance du 12 novembre, l'Académie a désigné une Commission composée de MM. d'Arsonval, Chauveau, Darboux, Dastre et Troost. Celle-ci s'est réunie deux fois, le '.\ décembre 1906 et le 18 janvier 1907. Diverses circonstances ont empêché le rapport de venir en lecture avant la séance de ce jour.
I. Queutions à examiner. — Le premier soin de la Commission a été de préciser l'objet de ses études. Qu'est-ce que fixer l'identité d'un individu, selon les termes mêmes de la lettre ministérielle? Cela peut s'entendre de deux problèmes assez différents qui intéressent, l'un l'instruction' criminelle, l'autre la police judiciaire. Dans les deux cas on peut utiliser l'examen des empreintes digitales ou dactyloscopie, et l'on nous demande le degré de certitude de cet emploi :
1" Le premier problème se pose, au magistrat chargé de l'instruction d'un crime, à peu près dans les conditions suivantes : l'assassin a laissé sur une vitre, sur un papier, sur une bouteille, la trace de ses doigts ou de l'un d'eux seulement, le pouce par exemple. C'est une pièce à conviction. 11 s'agit de l'utiliser. Le magistrat a devant lui un inculpé : il confronte ses empreintes digitales à celles qui ont été recueillies sur le lieu du crime ; s'il y a concordance, c'est une présomption que le prévenu est bien l'assassin. Que vaut cette présomption? La conclusion est-elle légitime ? Dans quelle mesure l'est-elle, et avec quelles précautions? Quelle est. en un mot, la valeur du dessin digital comme pièce d'identification ? Telle est la première question qui se pose à
Extrait des domptes rendus de V Académie des Sciences. I. CXLV, p. 28.
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propos de la dactyloscopie, et en pratique, elle se pose assez fréquemment.
20 II v en a une seconde qui se présente non plus au juge d'instruction et au jury criminel, mais au magistrat de police judiciaire, et cette t'ois d'une manière habituelle et constante. Tout détenu, en eilet, passe au Service anthropométrique; la police judiciaire conserve son signalement et, par exemple, son signalement dactyloscopique. Lors donc qu'un malfaiteur vient à tomber dans les mains de la justice, qu'il dissimule son nom et sa personnalité, il importe de s'assurer s'il n'est point récidiviste, s'il n'a point fourni déjà ses empreintes digitales comme il vient de les fournir à nouveau. On peut supposer qu'il y a là, dans le répertoire du Service d'Identité, parmi des milliers de fiches, celle qui s'applique à cet individu et qui ferait connaître, avec son véritable nom, ses antécédents et son histoire véridique. Comment la trouver ? On le pourra, si le catalogue des fiches a pu être établi sur les caractères dactyloscopiques, c'est-à-dire si les dessins digitaux se prêtent à une classification systématique, permettant de trouver en quelques minutes, sans incertitude, la fiche qui correspond à telles ou telles empreintes. En est-il ainsi ? Quelle est, en un mot, la valeur du dessin digital comme hase du catalogue d'identification judiciaire? C'est le second point sur lequel le Ministre souhaite d'être éclairci.
Enfin, on nous demande d'indiquer les moyens de contrôle capables de prévenir les erreurs possibles de la dactyloscopie. Ici la réponse est facile. Il existe six méthodes d'identification, c'est-à-dire six catégories de documents auxquelles on peut recourir en vue de fixer l'identité d'un sujet : la dactyloscopie est l'une d'elles. Si elle donne lieu à quelque hésitation, il faut avoir recours aux cinq autres ou au moins à quelqu'une d'entre elles. C'est une règle de prudence scientifique, qui s impose ici comme ailleurs et qui commande, aussi sûr que soit jugé un procédé de détermination, d'en contrôler et d'en vérifier le résultat au moyen de lous les autres. Celle obligation scientifique se double d'une obligation morale, lorsqu'il s'agit de décider de 1 honneur, de la liberté ou de la vie d'un homme. la puissante présomption fournie par la dactyloscopie ne doit évidemment pas être le seul élément du jugement.
II. Des divers procédés d'identification. — L'anthropométrie judiciaire fait appel à six espèces de documents que l'on doit, autant que possible, contrôler les uns par les autres et qui sont tirés : i° de la mensuration du corps, de la tète et des membres (méthode anthropométrique proprement dite); 2° de la colorimétrie de l'iris; 3° delà photographie ordinaire ; 4° du procédé de diagnose abrégée que l'on appelle le portrait parlé ; 5° de la description des particularités individuelles, difformités, tatouages et cicatrices ; 6° enfin, de la dactyloscopie ou examen des empreintes digitales.
Le Service d'Identité de Paris les utilise tous sans exception. La liche parisienne est une fiche universelle ; elle répond à tous les besoins : elle est complète. A cet égard, le Service parisien possède une supériorité indiscutable sur les Services de la plupart des autres pays. Beaucoup de ceux-ci, en effet, n'utilisent qu'un petit nombre des documents cpii viennent d'être énumérés. Les Républiques sudaméricaines et l'Inde anglaise emploient le procédé dactyloscopique à l'exclusion de la mensuration anthropométrique de M. Bertillon, de la colorimétrie et de la photographie ordinaire; d'autres Etats, comme l'Allemagne et l'Autriche, attribuent une égale importance aux mesures anthropométriques et aux empreintes digitales ; d'autres subordonnent celles-ci à celles-là.
Chacune des six méthodes d'identification a son rôle spécial, son champ d'application particulier : chacune répond à quelqu'un des besoins variés de l'investigation judiciaire. Il est clair, avant toute explication, que les procédés les plus précis d'identification, à savoir la mensuration anthropométrique et la dactyloscopie, ne sont applicables qu'après arrestation. Il faut avoir saisi le malfaiteur ou le sujet suspect pour pouvoir mesurer son crâne, son envergure ou sa coudée, pour prendre ses empreintes digitales ou examiner les cicatrices, les tatouages et les autres marques indélébiles qui siègent le plus souvent sur des parties du corps couvertes par les vêtements. Mais, précisément, pour se saisir de l'individu soupçonné, il faut que l'agent le reconnaisse, qu'il en possède le signalement précis véri fiable à distance. C'est à quoi servent surtout la photographie et le portrait parlé.
11 y a un art d'utiliser l'image photographique pour la confrontation, et les officiers de police, à Paris surtout, y sont exercés. De même les agents sont exercés à l'application du procédé d'identification à distance qui constitue \ej>or trait parlé. Celui-ci est un signalement. C'est une description physique de l'individu infiniment plus précise et circonstanciée que celle des passeports, des permis de chasse ou des livrets militaires. C'est en quelque sorte une photographie parlée qui peut se télégraphier en un instant dans toutes les directions, aux polices des grandes villes et des ports d'embarquement, et parer ainsi à la fuite et à l'évasion des criminels. Le portrait parlé bertillonien, plus ou moins imité dans tous les Services qui utilisent ce procédé; est une description de l'individu, faite en signes convenus et abréviatifs, de manière à constituer une formule aussi courte que possible. Elle indique la forme du visage, son contour général, les caractères de la bouche, du menton, des sourcils, des paupières, tïe^ rides ; elle donne surtout une notation exacte des particularités de toute espèce, offertes par deux organes : le nez et l'oreille droite. Il faut, naturellement, que les officiers de police judiciaire et les magistrats aient été exercés à cette observation pour être mis en état de lire, de rédiger ou d'utiliser correctement les formules du portrait parlé. Des cours professés à la
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Direction du Service d'Identité ont préparé les agents à remplir convenablement leur rôle.
Ainsi, chaque procédé d'identification a ses indications. offre ses avantages, ses inconvénients, ses limites d'usage. Les directeurs des Services d'Identité judiciaire et les médecins légistes les connaissent bien. Ils savent, par exemple, que la photographie simple est un bon document signalétique, précieux pour la reconnaissance et la lilature des criminels, mais qu'elle se prête mal au classement et qu'il serait impossible au magistrat qui aurait devant lui un individu d'en retrouver la photographie parmi les vingt ou trente mille qui composeraient la collection judiciaire. Ils savent encore que la colorimétrie des iris se prête mieux au classement et à la recherche des fiches et que M. A. lîertillon l'a employée avec profit pour l'identification des femmes et des enfants, mais qu'elle offre les inconvénients d'exiger une éducation préalable, de présenter des cas embarrassants, d'être de peu de ressource chez certaines populations où la couleur des yeux ne présente pas la variété qu'elle oll're chez les nations européennes. Et ainsi de tous les autres procédés. L'histoire n'en est pas à refaire. Elle est écrite dans des mémoires spéciaux, dans les Traités de Médecine légale, dans les Recueils d'Anthropologie criminelle. Elle a donné lieu, en particulier en France, de la part de M. Bertillon. puis de la part de l'Ecole médicale lyonnaise, dirigée par M. Lacassagne, à une foule de publications critiques, dont les auteurs. MM. Goutagne, Florence, Forgeot, Frécon, Locard, Yvert, n'ont laissé aucun point dans l'obscurité.
Il n'appartient pas à la Commission de l'Académie des Sciences de reproduire tout ce qui a été dit. écrit et discuté sur ce sujet. Il lui suffira d'insister sur les deux conclusions les plus générales :
La première, c'est que, au point de vue de la vérification de l'identité, les indications les plus décisives sont fournies par les dactylogrammes, d'une part, et. de l'autre, par lexamen des marques indélébiles, traumatiques, pathologiques, tératologiques, naturelles ou volontaires, tatouages et cicatrice-.
La seconde, c'est que. au point de vue de la police judiciaire, pour l'établissement du répertoire de la population criminelle, il n'y a que deux procédés en présence : la dactylo-copie, d une part, la mensuration anthropométrique de M. A. Bertillon, de l'autre. C'est tantôt la mensuration anthropométrique qui est la clef du système de classification ; d'autres fois, c'est la dactyloscopie : d'autres fois, enfin, il y a un système dualiste où la division primaire est anthropométrique el les division- secondaires dactyloscopiques. Nous sommes, à cet égard, dans une période de transition, mais il n'est pas douteux que la marche des événement- semble conduire à la substitution progressive de la dactvloscopie à la mensuration bertillonienne
§ 1. — Des Empreintes digitales dans l'Instruction criminelle
On vient de voir que les préoccupations qui s'imposent aujourd'hu aux criminalistes, et dont la lettre ministérielle semble un écho, sont rie deux ordres. 11 s'agit des applications des méthodes d'identification, et particulièrement de la dactyloscopie, d'une part, à l'instruction criminelle, d'autre part, à la police judiciaire. Ces deux points doivent être examinés isolément.
Les procédés d'identification ont quelquefois un rôle important à remplir dans l 'instruction criminelle. Ils ont servi fréquemment à affirmer la culpabilité d'un prévenu d'après la nature des traces qu'il a laissées sur le lieu du crime, sur les objets qu'il a touchés ou sur le corps même de la victime. Ces signes révélateurs, empreintes des doigts, des mains, des ongles et des dents, sont comme autant de stigmates attestant l'auteur du forfait et prévalant contre toute dénégation de sa part. 11 a suffi quelquefois d'analyser avec une méthode rigoureuse quelques-unes de ces empreintes, et de les comparer à d'autres, pour établir sans hésitation l'identité d'un coupable ou l'innocence d'un accusé
Les stigmates les plus précieux pour cet objet sont les empreintes des doigts. L'empreinte du doigt, a-t-on dit, est « la signature de celui qui l'a faite ». On trouve dans les annales judiciaires des exemples remarquables d'assassins découverts et identifiés grâce aux empreintes digitales laissées sur une vitre, sur un papier, sur une bouteille. — Dans un cas célèbre, l'empreinte des doigts sur une vitre de médaillier que l'assassin avait essayé de faire sortir de son châssis en la saisissant, après l'avoir cassée, entre le pouce d'un côté, l'index, le médius et l'annulaire de l'autre, permettait à M. A. Bertillon de fournir, bientôt après, le nom, le portrait et le signalement complet de l'auteur du crime '. Les tours de force de ce genre dépassent ceux des héros des romans judiciaires du M. Lecoq de Gaboriau et du Sherlock Holmes de Connu Doyle. 11 y en a de tels à l'actif de tous les bureaux d'identité judiciaire de l'Europe. M. Becker, de Dresde, retrouve un assassin grâce aux empreintes sanglantes laissées sur un poteau de bois; M. Heiss(de Lausanne) décèle un cambrioleur par les traces des doigts laissées sur une masse de mastic de vitrier, l.ors du triple assassinat commis, le 24 novembre 1000, à Puyoo, dans les Basses - Pyrénées, les magistrats trouvent trois verres et deux bouteilles entamées, sur lesquels sont imprimées des traces de doigts. Le dessin reproduit exactement les empreintes du prévenu : M. A. Bertillon affirme la concordance. L'accusé nie énergiquemenl ; l'avocat soulève des doutes ; le jury condamne.
Ne peut-il pas y avoir d'erreur ? Est-on fondé à affirmer l'absolue
1 A, Niceforo, In Police et V Enquête judiciaire scientifique, 1907. p. 12G.
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spéciticité des empreintes digitales? Ne peut-il pas exister plusieurs sujets dont les dessins digitaux soient les mêmes? C'est la question qui nous est posée et à laquelle nous devons répondre en nous fondant sur l'état présent des constatations scientifique».
Déjà, à la vérité, un sentiment très général nous incline à préjuger le résultat. L'identité absolue nous apparaît comme une conception de l'esprit excluant toute réalisation pratique. Comme il ne semble pas y avoir dans la nature deux objets rigoureusement identiques; comme il serait impossible de trouver deux feuilles d'arbre exactement superposables dans tous leurs détails, contours et nervures: ainsi, on est porté à croire que les dessins complexes et délicats formés par les lignes papillaires aux extrémités des doigts doivent avoir pour chaque individu un caractère spécifique et personnel. Mais c'est seulement une étude approfondie et méthodique qui peut décider ce point et transformer le préjugé en vérité certaine.
Les premiers documents pour cette étude remontent fort loin. De temps immémorial les empreintes digitales ont servi de sceau chez certains peuples de l'Extrême-Orient. La pratique de l'apposition du pouce sur un contrat ou une charte écrite, sur un sceau de cire ou de laque molle, a été signalée à Siam et au Cambodge par M. J. Ilarmand. autrefois consul à Bangkok et ambassadeur honoraire. En Chine, d'après Galton, le même cérémonial constituerait un geste symbolique plutôt qu'une véritable signature. M. A. Niceforo, professeur aux Universités de Lausanne et de Naples, a rapporté quelques exemples de l'usage qui a été fait des empreintes digitales avant qu'elles fussent utilisées par les Services d'Identité judiciaire. J.-W. Herschell, haut fonctionnaire de l'administration civile anglaise au Bengale, vers le milieu du xix" siècle, a systématiquement employé pendant près de quarante années l'empreinte du pouce comme un sceau destiné à authentilier les actes publics, trop souvent sujets à être falsifiés. Ailleurs, clans 1 Amérique du Sud. des directeurs de banques, pour se protéger contre les faux mandats, ont ajouté à leur signature l'empreinte d'un de leurs doigts.
L'étude scientifique et méthodique des dessins digitaux a été inaugurée, en 1888, par un savant anglais, Francis Galton, qui avait eu connaissance de la pratique de J.-W. Herschell1. Ses deux Mémoires.
1 La dactyloscopie date-t-elle <le F. Gallon '.' — F. Gallon, comme <>n l'a vu, n'est pas le premier qui ait étudié les dispositions des Lignes digitales. Il avait été précédé par d'autres observateurs qui en avaient entrepris l'examen à divers points de vue [Purkinje, 1823 ; Alix, 1S68). L'usage même auquel il les a fait servir, c'est-à-dire l'identification des individus, n'était pas nouveau, puisqu'il avait été pratiqué chez des populations de l'Extrême-Orient et appliqué par des administrateurs européens en pays exotiques. Ces faits n'étaient point tombés dans l'oubli. Ils avaient été mentionnés à diverses reprises dans les Sociétés savantes, particulièrement en Angleterre. Le mérite de 1\ Galton est d'avoir, au moment opportun, synthétisé ces notion-. M. A. Bertillon avait lui-même songé
qui ont paru de 1889 à 1891,8011! devenus le point de départ des applications judiciaires de la dactyloscopie : ils contenaient à la fois une analyse et une classification (d'ailleurs un peu compliquée) des empreintes digitales. En France, M. Féré simplifia la notation de Galton ; M. Testut modifia, dans le même sens, sa classification. Un travail du même genre a été accompli en Angleterre par M. E.-K. Henry en 1901; en Allemagne, par Windt et Kodicek, en 1904; en Indo- Chine, par M. Potlecher; à La Plata, par Juan Yucelich (1903-1904). De là, autant de systèmes de classification qui sont devenus les bases respectives des répertoires dactyloscopiques en usage dans les différents pays.
Rien n'est plus facile que de recueillir les empreintes digitales, c'est-à-dire d'obtenir les dactylogrammes. On applique le doigt (préalablement lavé) sur une plaque de zinc recouverte au rouleau d'une mince couche d'encre d'imprimerie, et on le reporte ensuite sur le papier en le roulant avec précaution d'un côté à l'autre (empreinte roulée). On peut procéder d'autre façon, en appuyant légèrement la pulpe digitale sur un papier ou un verre enfumés, et en fixant ensuite au vernis le dactylogramme ainsi obtenu. Un fait extrêmement intéressant, ei encore peu connu en dehors des médecins légistes, a été découvert en 1891, par M. le 1)'" Forgeot. Cet observateur a constaté que toutes les surfaces et le papier surtout conservent, en quelque sorte, à l'étal latent, la trace des doigts, même propres, qui s'y sont posés. 11 faut seulement révéler ces traces imperceptibles dues, ainsi cpie l'a montré M. Aubert, à un dépôt extrêmement léger et invisible de la matière grasse (sudorates) ou des sels contenus dans la sueur qui subsiste aux orifices des glandes sudoripares, orifices dont la disposition reproduit la figure même des dessins papillaires digitaux. La révélation de ces empreintes latentes peut se faire en étalant sur le papier touché une teinte plate d'encre et eu lavant ensuite. D'autres révélateurs ont été proposés par M. Coulier, par M. Poitevin, par M. Florence. Ils ont pour effet de faire surgir sur une surface, nette en apparence, l'empreinte inattendue qui accuse le contact, parfois très ancien, d'une main humaine.
Les anatomistes du xvne siècle, Malpighi, Ruysch, Albinus, avaient remarqué les spires et les tourbillons papillaires qui ornent la pulpe des doigts chez l'homme. Ils reconnurent l'existence de dessins plus ou moins analogues, à la pulpe de^ orteils, à la paume des mains, à la plante des pieds, sous la lame cornée des ongles, sur les organes génitaux et en diverses autres régions du corps. Les dispositions du même
à les incorporer dans son système. Il n'est pas douteux que c'est l'impulsion donnée par l'observateur français aux déterminations anthropométriques qui détermina le savant anglais à l'aire des empreintes digitales une étude méthodique.
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irenre se retrouvèrent chez les animaux : aux lèvres et aux narines des
mammifères. sous le pied du bœuf et aus~i chez les oiseaux. Mai-, nulle part, ces dessins n'offrent la régularité, la iinesse et la richesse qu'ils présentent sur les phalanges des doigts chez l'homme.
Les anciens anatomistes se contentèrent d'admirer ces sortes de filigranes déliés, ces courbes parallèles ou continentes, en arceaux, en amandes, en raquettes, en spirales, en ovales, en cercles concentriques : ils ne cherchèrent point, ayant mieux à faire, à les classer, à les grouper, en un mot à trouver la clef de leur diversité graphique. Il faut arriver pour cela au xix' siècle. Le célèbre anatamiste de Breslau. Purkinie, en 182:5. décrivit les dessins les plus ordinaires et en montra l'intérêt. Sous la direction de Gratiolet, Alix, en i80'8. en examina les ligures el les dispositions d'une manière comparative chez l'homme et chez, les singes. Mai<. comme nous l'avons dit, c'est Francis Galton qui, de 1888 à 1891, dans son petit laboratoire de South Kensington, en reprit l'étude méthodique et arriva h les classer et à les rendre utilisables. Il rangea, d'après leur forme générale, ces figures, ces dactylogrammes, ceux du pouce, par exemple, dans 41 types, qui pouvaient se subdiviser ensuite d'après les particularités de chaque type. Le nombre de ces types fondamentaux a été réduit à
10 par Teslut. à 8 par Potlecher. à 4 par .1. Vucetich. à > par E.-K. Henry, chef du Service de Londres, parWindt, chef de la Police de Vienne, et kodicek. Celui de ces systèmes qui parait le plus simple est celui de Juan Vucetich : il est en usage dans la République Argentine: il est trèsanalogue à celui qu'aadopté M. A. Bertillon. Il distingue, dans les lia nés directrices, quatre catégories de formes : l'arc, la boucle interne tournée du côté interne ou cubital de la main), la boucle externe (tournée du côté externe . le vert ici lie ou spirale, désignées respectivement par les lettres A. I. E, V, lorsqu'il s'agit du pouce et par les chiffres. 1, 2, 3, 4. lorsqu'il s'agil de- autres doigts. La formule A. 24J1 exprimerait par exemple qu'il y a un arc au pouce, une boucle interne à l'index, un verticille au médius, une boucle externe à l'annulaire, un arc entin à l'auriculaire. Avec les deux mains, celte notation comporte un nombre considérable de combinaisons réalisables 1 048.576 . Ainsi, sans entrer dans l'étude détaillée de chaque empreinte el en s'en tenant simplement à la forme générale en arc, en boucle et en spirale pour chaque doigt, forme très facile à reconnaître, on peut créer un répertoire Je plus d'un million 4'" de liches différentes '.
1 La dactyloscopie est-elle jihi* simple que la mensuration anthropométrique ! — Le nombre les sig ilements dactylographiques est, avons-nous dit, théoriquement illimité : il pourrait suffire à l'identification d'une population bien plus nombreuse que celle (pi vil actuellement .': la surface du globe. Il y a \A\\^ de combinaisons dactylographiques possibles qu'il n'y a d'individus différents.
11 n'existe donc aucune raison mathématique de penser que deux sujcl< pourraient
Si l'on veut analyser chaqu.2 empreinte, la diversité s'accroîtra encore. Il y a lieu, en effet, de distinguer, dans chacun de ces dessins, une foule de particularités qui peuvent être utilisées pour la différenciation. On discerne dans chaque dactylogramme : une ou deux petites
avoir les mêmes dactylogrammes à tous les doigts, c'est-à-dire, finalement, la même formule dactyloscopique et qu'on pourrait les confondre.
Tout an contraire, à ne considérer que la formule la plus simple — c'està-dire celle qui utilise les quatre formes générales arc, boucles, spirale) des dessins digitaux (système Yucelich) — on obtient pour les dix doigts au delà d'un million de combinaisons réalisables, c'est-à-dire de formules individuelles. C'est plus qu'il n'en faut pour identifier tous les criminels de l'ancien et du nou- \ eau monde.
Mais, d'ailleurs, si la considérai ion des types généraux de dessin n'y suffisait pas; si ce n'était pas assez, pour distinguer un individu d'un autre, de savoir que la ligne papillaire de tel doigt est une boucle, celle de tel autre une spirale et ainsi de suite, rien n'empêche de pousser plus loin l'analyse, de recourir au nombre des courbes concentriques, à la ligne directrice, aux particularités de cette boucle et de celte spirale, aux points caractéristiques qu'elles offrent et d'obtenir ainsi autant d'éléments de distinct ion que l'on voudra. Mais, en principe, ce ne sera point nécessaire : il suffira de s'en tenir, pour avoir un premier classement, à la considération des formes générales des empreintes papillaires puisqu'elles sont assez nombreuses pour fournira tous les besoins.
Ceci e<t vrai en théorie; mais, en pratique, il faut tenir compte des répétitions possibles. La nature peut se refuser à épuiser toutes les combinaisons des quatre dactylogrammes pour chacun des dix doigts et se complaire à en répéter quelques uns. Il peut y avoir des dessins plus fréquents, d'autres plus rares. C'est à l'expérience à nous renseigner à cet égard. Le nombre des combinaisons réelles serait alors notablement différent du nombre des combinaisons possibles, puisque tous les éléments ne seraient point d'égale probabilité; il lui serait inférieur. Sur quelques milliers de fiches de criminels, on en trouverait plusieurs qui présenteraient la même formule. Ce serait le cas de descendre dans le détail et de différencier les possesseurs de ces fiches par les particularités des dactylogrammes, le nombre des lignes concentriques, leurs bifurcations, leurs dédoublements, leurs points singuliers.
Mais alors l'opération de l'officier judiciaire n'est plus aussi simple. Elle n'est plus à la perlée du premier venu. Il ne s'agit plus de distinguer un arc d'une boucle et d'une spirale, ce qui n'exige pas une bien longue éducation; il faut pousser l'analyse plus 1 un. faire œuvre technique, faire oeuvre d'expert.
C'est là l'objection de M A. Bertillon et des partisans de la mensuration anthropométrique de la tète et des membres. D'après eux. c^tte analyse du dactylogramme serait souvent nécessaire (habituellement nécessaire, disent-ils) pour satisfaire aux besoins du classement et de la recherche des fiches. Une telle discrimination exigerai! un expert, nui un manœuvre. Il y faudrait plus de soin, d'attention, d'habileté «pie pour la mensuration anthropométrique dont on acquiert la pratique en quelques leçons. La dactyloscopie perdrait donc, à l'user, les avantages de simplicité, de commodité et de célérité que ses partisans lui attribuent.
L'observation des faits justifie-t-elle celte critique ? Montre-t-elle ces répétitions de dactylogrammes, ces reproductions de formules dactyloscopiques chez îles individus différents ?
Il est difficile de le dire. Les document s font défaut; non point qu'ils n'existent pas. mais ils n'ont pas été publiés, à notre connaissance. Il faut souhaiter qu'ils le soient. Il est possible que le classement extraordinairement simple du
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fio-ures triangulaires (triangles d'intersection ou deltas); des lignes directrices qui sont précisément les lignes papillaires parlant des deltas. On peut noter aussi un point central. En réunissant le point central au delta on a une ligne qui coupe les lignes papillaires., dont on peut compter ainsi le nombre. Il y a enfin, sur le trajet de chacune de ces lignes papillaires, des points caractéristiques qui sont les points où naît chacune, où elle se bifurque, où elle se dédouble en anneau, où elle se débite en points. Enfin, il y a aussi des anomalies et des particularités accidentelles.
L'examen attentif d'une empreinte donnée (et il y en a 10 pour chaque fiche, pour chaque individu) montre que Ton y rencontre ainsi un nombre de caractères qui varie, en moyenne, de 27 à 55 et au delà. Il en résulte un nombre de déterminations ou de signalements dactylographiques théoriquement illimité et qui pourrait suffire aune population supérieure à celle qui couvre actuellement la surface du globe. On a appris, en résumé, par ces patientes études, que les dessins qui ornent les pulpes digitales, et dont on obtient si facilement des reproductions on dactylogrammes, sont assez variés dans leurs détails pour "fournir matière à une infinité de distinctions et se prêter à un classement. Et c'est là la seconde question que nous aurons à examiner dans un moment. Le point qui doit retenir notre attention en ce moment est relatif à l'usage d'une ou plusieurs empreintes comme pièces d'identification pour l'instruction criminelle.
Il est clair qu'en voyant se multiplier le nombre des particularités distinctives des dactylogrammes, nous voyons diminuer du coup la chance de confusions pouvant s'établir entre les signalements dactylographiques. Si l'on suppute les chances de ces confusions et si l'on veut les exprimer par des nombres, on voit combien faibles et négligeables elles seront à mesure que l'on examinera les empreintes d'un plus grand nombre de doigts, et dans chacune des empreintes un plus grand nombre de particularités. L'identité de plusieurs empreintes chez deux individus différents n'a donc, contrairement à ce qui a été dit, aucun fondement mathématique. Reste la question de fait.
sy9tème Vucetich, par exemple, soit compensé par quelques inconvénients. Ceux qui l'ont pratiqué, connu.- Oloriz de Madrid), parlent .le 0 quelques causes d'erreur et de quelques difficultés » qui se rencontrent dans son
emploi.
Les seuls documents statistiques (pie nous possédions sur celte question de la répétition ou de la fréquence de tels ou tels dactylogrammes sont dus à Ch. Féré cl au Dr Foirent, cl ils sont contradictoires. Il n'est pas établi que, chez l'homme normal, telles ou telles catégories de dessins papillaires soient plus fréquentes. Il semble pourtant que les formes primaires de F. Galton prédominent chez les dégénérés, idiots et épileptiques. Si l'on descend de l'homme aux singes on voit, comme l'a montré Alix, les dessins digitaux s'uniformiser. Sur de nombreux chimpanzés du Muséum de Lyon, le D1 Forgeot a retrouve les mêmes types de dessins, sans la moindre variété d'un doigt à l'autre ou d'un individu à un autre individu.
La disposition des lignes papillaires se lie intimement à la structure de la peau et participe ainsi aux caractères de permanence et de iixité de celte partie de l'organisme. Beaucoup de traits signaléliques du visage et du corps varient au cours de l'existence, et. par exemple, ceux qui tiennent à la saillie des parties molles, au développement et aux relations réciproques du système osseux, la saillie du nez, la couleur des cheveux, etc. Le dessin des lignes papillaires n'appartient pas à celte catégorie de traits variables et transitoires : il apparaît avant la naissance dès que le derme se constitue; il résiste à tous les accidents qui atteignent l'épiderme, brûlure, vésication, etc. ; il persiste après la mort jusqu'à la désorganisation de la peau. C'est donc un caractère précoce et permanent, c'est-à-dire profondément inscrit dans l'organisation individuelle.
C'est là ce que nous ont appris les anatomistes, anciens et récents. Nous avons dit qu'ils ne s'étaient point préoccupés, jusqu'à Purkinje, en 182!}, à décrire minutieusement les filigranes plus ou moins élégants, elliptiques, paraboliques, en fronde ou en boucle des lignes papillaires. Us avaient mieux à faire, pour leur temps. Ils avaient à reconnaître à quelle particularité de structure était dû cet aspect si spécial de la peau de certaines régions qui sont celles où précisément le sens tactile localisé dans les éminences papillaires acquiert sa plus grande acuité. Il fallait connaître tout ce qui est relatif à ces papilles, à leurs rapports avec les vaisseaux sanguins et avec les nerfs, à leur nombre, à leur taille, à leur distribution, à leurs relations avec les orifices des glandes sudoripares, à toute leur anatomie, en un mot. Toutes ces connaissances, qui forment, en quelque sorte, la base scientifique de la dactyloscopie, ont été acquises par les travaux des anatomistes et c'est par là que la dactyloscopie rentre, peut-on dire, dans le cadre des Sciences représentées dans notre Académie.
De tout ce travail il ne convient de rappeler que les résultats qui se rattachent directement au problème de la spécificité et de la permanence des lignes papillaires.
La peau humaine, même chez les personnes où elle semble le plus unie, est en réalité très inégale : le grossissement de la loupe y révèle des reliefs et des creux, des mamelons isolés ou réunis qui répondent, au-dessous de la couche épidermique, à des saillies du derme (saillies papillaires). Lorsque, après la mort, dans les parties humides, l'épiderme se sépare du derme, ces saillies papillaires apparaissent plus nettes, plus évidentes, plus marquées, parce que le relief n'est plus atténué parce que l'on pourrait appeler le dépôt ou l'alluvion épidermique. Celte organisation du derme, traduite à la surface de la peau par les saillies correspondantes de l'épiderme, est achevée au sixième mois de la vieintra utérine : elle ne subira plus de changement au cours de 1 existence ; la peau s'étendra en restant semblable à elle-même et tout ce qui est relatif à la distribution des nerfs et des vaisseaux dans
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les excroissances du derme, c'est-à-dire dans les papilles sanguines ou nerveuses, est dès lors acquis une fois pour toutes
Dans la plupart de< régions, la distribution irrégulière et compliquée des papilles ne se prête point aune utile description. Mais, dans certaines parties du corps, ce désordre apparent fait place à un arrangement systématique. Aux pieds, aux mains, et particulièrement a l'extrémité des doigts, la disposition réciproque âe> saillies et des dépressions se régularise; les éminences papillaires s'ordonnent : couplées pa"r deux, elles forment une chaîne ; elles s'alignent en séries continues (crêtes papilla ires ) qui dessinent, à la surface de la peau, les courbes élégantes que l'on connaît. Ces lignes papillaires s'assemblent parallèlement les unes aux autres, laissant entre elles des sillons (sillons intcrpapillaires qui en reproduisent, conséquent! ment, les ligures. C est vers le sommet de la crête papillaire, au milieu du col peu profond qui sépare les pics accouplés, que viennent déboucher les conduits sudoripares. comme autant de cheminées volcaniques amenant le liquide des profondeurs : de telle sorte que la ligne de> cratères sudoripares reproduit, elle aussi, le dessin papillaire et que le doigt humide donne une image digitale identique à l'estampage, à l'inlaille. à l'empreinte, ou à l'impression que l'on obtient par d'autres moyens, par l'application sur une masse molle, par la pression après encrage sur une surface polie. Tous ces dactylogrammes représentent également 1 ornementation des pulpes digitales: ils constituent le matériel de la dactyloscopie.
Il est permis d'affirmer, d'après cela, que les dessins digitaux sont tout autre chose qu'une particularité de structure superficielle, accidentelle, capricieuse. Les dactylogrammes sont, de par l'anatomie, spécifiques et individuels, formant chez chaque sujet, pour l'ensemble des doigts et pour chacun d'eux, un dessin qui est propre à l'individu. qui lui est particulier et possède une valeur signalétique incontestable.
L'expérience a vérifié ces déductions anatomiques. Elle a confirmé la stabilité, l'immuabilité des lignes papillaires au cours de l'existence, J.-W. Ilerschell a comparé, à vingt-huit années d'intervalle, les empreintes digitales de son pouce droit : elles concordaient parfaitement. A plusieurs reprises, le même observateur a recueilli, à différents âges, les empreintes du même doigt index d'un même sujet, de l'enfance à l'adolescence, de la maturité à la vieillesse. F. Gallon a soumis à un examen spécial ces dactylogrammes d Ilerschell pour S individus : il eu a établi la concordance non seulement au point de vue de la forme générale, mais des plus petites particularités (telles que confluences, bifurcations, points), au nombre de ^7. en moyenne, pour chaque empreinte, lî. Forgeol et d'autres observateurs ont fait deconstatations analogues : aucun n'en a fait de contraires. On a pu trouver Marins Tissot, d'Annecy des changements, au cours des années, dans la disposition de ce qu'on appelle les lignes </c la m.iin.
qui sont l'objet de l'attention particulière des chiromanciens et qui représentent des plis musculaires déterminés par les mouvements de la main; on n'en a point trouvé dans les lignes papillaires qui nous occupent ici et qui ont une tout autre origine. Toutes les observations établissent que le dessin digital, déjà complètement développé au sixième mois de la gestation, demeure immuable : il croît, à la vérité, parallèlement au reste de l'organisme, mais il ne subit, avec la croissance, qu'une sorte d'agrandissement qui laisse la figure semblable à elle-même, et qui ne fait qu'espacer les lignes d'abord plus pressées : leurs détails, leurs directions, leurs ramifications, leurs contluences, leurs interruptions sont immuables.
Les traumatismes, les brûlures, lorsqu'elles sont profondes, peuvent détruire, avec une partie du derme, les papilles correspondantes, elles n'en changent point la figure. A. Yvert cite le cas d'un récidiviste qui, pour éviter l'épreuve dactyloseopique qui devait le faire reconnaître, n'hésita point à tremper ses mains dans l'eau bouillante. Après guérison, on retrouva ses empreintes digitales telles qu'auparavant. Le Dr Locard s'est brûlé de même avec le fer rouge, l'huile chaude : la pellicule qui couvre la phlvctène conserve le dessin primitif dont elle constitue un véritable estampage : le derme sous-jacent, à ce moment et après ^uérison, reproduit le même dessin.
Le caractère individuel du dactylogramme ne ressort pas moins clairement de toutes les observations faites jusqu à ce jour. Et elles sont nombreuses, puisque les empreintes digitales sont utilisées comme signalement depuis l'Inde anglaise jusqu'à la République Argentine en passant par l'Egypte, l'Angleterre et le Brésil. Pour l'Indo-Chine seulement il y avait à Saigon, en 1904, 120.000 fiches d'individus différenciés uniquement par leurs dessins digitaux ; en Egypte, les fellahin, domestiques femmes et prostituées, ont une carte d'identité avec empreintes digitales qui suftit à dépister toute tentative de substitution. La pratique, après la théorie, montre donc que chaque personne possède une individualité dactyloseopique et que son signalement est contenu dans la formule autographique qui exprime la disposition de ses lignes papillaires.
Les sujets mêmes chez qui l'on pourrait s'attendre à trouver une très grande ressemblance des empreintes digitales trompent cette attente. M. Forgeot s'est assuré que les empreintes diffèrent chez les différents membres d'une famille ; même dans le cas d'alliances consanguines rapprochées, les dessins papillaires depuis les grands-parents jusqu'aux petits-enfants sont aussi dissemblables qu'entre étrangers. Et cette observation tranche, en même temps, et par la négative, la question de transmission héréditaire.
L'empreinte digitale est donc une sorte de signature corporelle dont la falsification n'est pas à craindre. C'est la conclusion qui se dégage de tout ce qui précède : aucune voix ne la conteste; aucune publication
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scientifique, à notre connaissance, ne l'a contredite. L Académie peut donc, en réponse à la première question posée par M. le Ministre de la Justice, l'assurer de la valeur signalétique des empreintes digitales et exprimer son sentiment dans les termes mêmes qu employait, des i8()3, M. Alphonse Berlillon dans ses Instructions sîgnàléiiqnes : « Je ne conteste pas que les arabesques filigranées que présente l'épiderme de la face antérieure du pouce ne soient, à la fois, lixes chez le même sujet et extraordinairement variables d'un sujet à un autre, et que chaque individu ne possède là une espèce de sceau originel et bien personnel. »
§ II, — De rôle de la Dactyloscopie en Police Judiciaire
Le haut caractère de spéciticité et de stabilité des empreintes digitales en fait, comme on vient de le voir, une pièce h conviction extrêmement précieuse en instruction criminelle pour contribuer à établir l'identité d'un criminel. Il s'agit maintenant du second problème, à savoir : de la valeur de ces empreintes comme base d'un classement de la population délinquante. La valeur signalétique d'un caractère n'entraîne pas nécessairement sa valeur classificatrice : une photographie. une marque indélébile peuvent être de bons signes de reconnaissance : elles ne se prêtent pas à la formation d'un répertoire.
La seconde question, connexe à la première, ne se confond donc pas avec elle et doit être l'objet d'un examen particulier.
Il existe dans tous les pays policés, en Europe, en Amérique, en Lgvple, dans les Indes, en Indo Chine, un Service (Y Identification judiciaire. C'est un instrument indispensable aux mains de la magistrature et de la police. La société, pour lutter contre l'armée du désordre, a besoin de tenir registre de tous les individus qui la composent, de tous ceux qui s'y engagent chaque jour et qu'une première condamnation désigne pour des récidives futures. Il faut que la police puisse les surveiller, les suivre dans leurs pérégrinations, les reconnaître sous les grimages et les travestissements qu'ils adoptent, et leur restituer leur personnalité réelle et leur état civil véri table en dépit de leurs dénégations. Il devient donc nécessaire de posséder un système de fiches contenant la description de tous les individus ayant eu maille à partir avec la Justice. Ce catalogue doit être organisé de telle façon que le magistrat de police puisse sûrement, facilement et rapidement identifier ( cito, luto eljucunde) chaque prévenu, c'est-à-dire retrouver, parmi des milliers d'autres, la fiche qui le concerne et, par elle, reconstituer son état civil et son casier judiciaire.
Le problème à résoudre n'est pas sans analogie avec celui qui se pose au naturaliste classilicateur. Celui-ci doit trouver dans l'organisation des animaux ou des plantes des moyens de distinguer chaque espèce au milieu de toutes les autre-, t ne classification artificielle, un
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System,! N-aturae ou un Gênera Plantarum, est un Système d'identification : la diaghose d'une espèce, une sorte de fiche signalétique. Il ne faut donc point s'étonner que ce soient des naturalistes, des anthropologistes,qui aient posé les principes de l'identification judiciaire : c'est Alphonse Bertillon exécutant ses mensurations, dès 1882, dans le premier Bureau anthropométrique ; c'est Francis Galton instituant, sept ans plus tard, dans son Laboratoire de South Kensington, la méthode dactyloscopique.
L'initiative, en cet ordre de choses, appartient donc à Alphonse Bertillon. Et il convient doublement de lui en faire honneur, car il a à la fois inventé de toutes pièces celte sorte de Gênera Sceleratorw'n et il a présidé à sa mise en pratique. Le Bureau qui fonctionnait officieusement depuis 1882, avec des résultats excellents, devint, en 1888, le Service ofliciel de l'Anthropométrie judiciaire. L'exemple fut imité successivement dans les autres pays. La plupart adoptèrent purement et simplement la méthode Bertillon. C'est un système très complet, qui utilise toutes les catégories de documents : mesures métriques, couleur de l'iris, portrait photographique, signes particuliers, tatouages et cicatrices, et enfin les empreintes digitales. Mais la dactyloscopie postérieurement introduite n'y remplit qu'un office secondaire, celui d'un élément de contrôle*. Le rôle principal appartient à la mensuration anthropométrique. Celle-ci est la clef du système, l'élément du classement. C'est d'après les mesures du corps, de la tête et des membres que les fiches sont groupées et classées et qu'est organisé ce vaste répertoire de la population délinquante.
Aucune objection grave d'ordre scientifique ne peut être adressée à ce système : il offre le maximum de sécurité et de garantie contre l'erreur. Les reproches dont il a été l'objet et qui ont arrêté sa diffusion universelle et amené dans quelques cas sa rétrogradation sont d'un autre ordre : ils visent des défauts de simplicité, de commodité, de généralité, de célérité ; ils sont tirés de la nécessité d'un personnel instruit et nombreux pour l'appliquer, de l'étendue des dépenses qu'il exige et qui sont la rançon de ses qualités. Tel qu'il est, il fonctionne en France, en Bussie, en Belgique, en Suisse, en Roumanie, en Espagne et au Mexique.
Dans l'autre moitié du monde règne la méthode des empreintes digitales. Au système anthropométrique Bertillon s'oppose le système dactyloscopique Galton. Ici, la considération des empreintes digitales fournit le principe du classement; au lieu de servir simplement d'élément de contrôle, elle est la clef du système. On peut dire qu'elle est quelquefois tout le système, car tout autre document anthropométrique ou colorimétrique est négligé La fiehe d'identité ne comporte guère d'autres renseignements que ceux qui sont tirés de l'examen
1 Voir la note de la page 847.
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des lignes papillaires des doigts. Sur cette base est constitué le Service d'Identification criminelle dans une partie de l'Italie (Turin)., en Angleterre, en Egypte, dans les Indes anglaises, dans la République Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Chili.
Enlin, dans un petit nombre de pays, on a adopté un système intermédiaire. Le document dactyloscopique est employé pour le classement des iiches, concurremment avec la mensuration anthropométrique. C'est le cas pour l'Allemagne, pour l'Autriche et pour le Portugal.
Ce ne sont point, nous le répétons, des considérations purement scientifiques qui sont intervenues dans ce choix. Ce n'esl pas le souci d'une certitude plus assurée ou d'une perfection plus grande qui a décidé les magistrats de police à adopter, ici la mensuration du corps, là l'examen des empreintes, comme élément fondamental du classement, c'est-à-dire comme clef de voûte du système. Nous avons dit qu'il y avait d'autres raisons tirées de la simplicité, de la commodité, des conditions économiques; il en faut ajouter une dernière qui est tirée à l'étal de fait. Car le système parisien, le système Berlillon, était déjà constitué et fonctionnait pleinement depuis plus de dix ans lorsque la dactyloscopie a fait son apparition. Les pays qui avaient déjà organisé leur Service d'Identification, établi un répertoire de plusieurs milliers de fiches, avec des cadres de classification très satisfaisants, ne pouvaient songer à faire table rase de toute celle organisation. Tout au moins, avant de bouleverser ce catalogue, aurait-il fallu attendre que la génération de criminels ait disparu, dont les fiches ne portaient pas encore de documents dactyloscopiques. Disons enfin que si, quelque jour, la dactyloscopie doit rendre inutiles les mensurations anthropométriques du corps, de la tète et des membres, les anthropologistes verront avec regret disparaître une mine précieuse de documents utiles à l'histoire de l'homme physique.
Le débat se concentre, au point de vue scientifique, sur la valeur de classification des mensurations anthropométriques d'une part, et des empreintes digitales d'autre part. Définissons l'un el l'autre procédé.
L'anthropométrie bertillonienne consiste à mesurer avec tonte la précision possible les onze éléments du corps que voici : la longueur de la tête, la largeur, le diamètre bi/.vgomatique (entre les pommelles , la hauteur de l'oreille droite, la longueur du pied gauche, celles du médius gauche et de l'auriculaire gauche, la coudée gauche ; enlin. la taille, le buste (taille du sujet assis) et la grande envergure. La colorimétrie de l'iris fournit un document qui vient s'ajouter à la mensuration anthropométrique. Le procédé consiste à apprécier la couleur de l'iris d'après une gamme de teintes dont l'agent a le modèledevant lui el à la noter en chiffres correspondant à ces différents types.
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L'usage des mensurations anthropométriques comme éléments d'identification suppose qu'elles restent constantes. Et cette supposition ne peut valoir naturellement que pour la période de la vie où la croissance est achevée et où le sujet a atteint son plein développement Les longueurs de ces parties sont en effet réputées invariables pendant l'âge mûr et la vieillesse. Cela est sensiblement exact pour la plupart d'entre elles, mais contestable pour d'autres, par exemple, pour la taille et pour les diamètres crâniens Les variations des parties molles, l'amaigrissement, par exemple, introduisent aussi des changements appréciables (elles peuvent aller jusqu'à i centimètre) dans la mensuration du diamètre bizygomatique.
Sous le bénétice de ces réserves, il n'est pas moins vrai de dire que le système convenablement appliqué, par des agents habiles et exercés, conduit assez sûrement à l'identification des adultes. Les erreurs de mesure ont été notées, et l'application du procédé comporte une table de tolérances que les agents exercés ne doivent pas enfreindre. Les erreurs sur la taille ne doivent pas dépasser 7 millimètres; sur la grande envergure 10 millimètres; sur le pied et l'avant-bras 1 mm. 5 ; sur les diamètres crâniens o mm. 5. Toutefois, avec des agents moins intelligents ou moins bien préparés, les écarts sortent de cette marge de tolérance. Divers observateurs : Carresco, Quesada, S Oltolenghi, ont signalé des erreurs beaucoup plus considérables commises par des employés commissionnés Et c'est là une des raisons au moins qui ont amené divers Services étrangers, entre autres le Service militaire des Etats-Unis, à renoncer aux mensurations anthropométriques.
Au résumé, ces mensurations varient avec l'âge du sujet, surtout chez les jeunes gens, et aussi avec le degré d'habileté professionnelle du mensurateur. La plupart, à la vérité, sont assez aisées à exécuter chez les hommes, mais quelques-unes sont difficiles à obtenir chez les femmes; par exemple, celles des diamètres crâniens, à cause de l'embarras ou des incertitudes créés par la masse de la chevelure.
Ces défauts de la mensuration bertillonienne, rachetés d'ailleurs par des facilités merveilleuses, ont été signalés depuis longtemps. Tous ces points ont été examinés et débattus dans des recueils spéciaux, dans les Archives d'Anthropologie criminelle, dans les ouvrages de Médecine légale; et ces questions fournissent la matière de l'enseignement particulier des chaires de Médecine légale dans les Facultés de Médecine ou dans quelques Universités étrangères. Il semble que c'est à cette porte que M. le Ministre de la Justice aurait pu frapper avec plus de profit qu'en s'adressanl à l'Académie des Sciences, s'il avait voulu une étude comparée sur la commodité, la sûreté, les avantages et les inconvénients des méthodes d'identification en usage.
En résumé, la mensuration anthropométrique ne fournit point de renseignements utilisables chez les sujets trop jeunes qui, cependant, seraient les plus intéressants à identifier en vue des récidives futures.
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Au-dessous de 18 ans le procédé est inapplicable. Tout change, en effet, dans le corps humain entre l'enfance et l'âge mûr : le poids, la taille, la longueur des os, les diamètres du crâne. De 18 à 21 ans, il y a encore des modifications notables ; il yen a même d'appréciables entre 21 et 2j ans. Dans tous ces cas, la mensuration anthropométrique de A. Bertiilon peut être mise en défaut. Chez les femmes, l'application du système présente aussi des difficultés et introduit des erreurs. « Enfin, comme l'a dit M. Locard, la fiche anthropométrique a l'inconvénient d'être longue à établir (à moins de recourir à un personnel nombreux', d'être longue à copier, d'exiger un matériel très complexe, un local spécial et un personnel particulièrement instruit. » Les imperfections relatives d'un système qui a été très admiré à ses débuts, qui a rendu des services excellents et qui. entre des mains habiles, a compté des succès merveilleux, sont aujourd'hui soulignées par les partisans du nouveau système dactyloscopiquc.
La considération des empreinte?- digitales conduit à des méthodes de classification qui n'ont point ces inconvénients. I e nombre de ces dessins dix pour les deux mains . les variétés de leurs formes, la multiplicité des particularités qu'ils présentent, permettent des divisions et des subdivisions nombreuses. Toutefois, la première méthode de classification, celle de Gallon, était d'un maniement délicat et compliqué Elle comportait quarante .et un types créés plutôt dans le but d'analyser les empreintes que de classer des fiches d'identification.
Le nombre de ces formes de départ a été successivement réduit à dix, puis à six, puis à quatre. M. E.-K. Henry, chef de la Commission de Police métropolitaine à Londres, a proposé un système de notation et d'enregistrement qui permet de distribuer les fiches de chaque sujet. Ce système fonctionne à Londres et dans le Hoyaume-L'ni. II vient d'être introduit à Vienne. Toutefois, il est beaucoup plus compliqué et moins aisé à pratiquer que celui qui est en usage à Saigon. Dans llndo-Chine il ne fut pas possible d'appliquer la méthode de M. Bertillon : les Chinois protestaient contre la mensuration anthropométrique ; ils acceptèrent la dactyloscopie. M. Poltecher, en 1897, créa une méthode d'utilisation des empreintes digitales, fondée sur la considération de huit formes typiques ; nous n'avons pas à l'exposer ici; il est seulement permis de dire qu'au point de vue de la simplicité, il constituait un progrès sensible sur celui de Henry.
Mais le progrès définitif semble avoir été réalisé par M. Yueelich, chef du Service d'Identification de la République Argentine. Nous avons dit que cet observateur considérait seulement quatre formes très faciles à distinguer, et, dans chacun des dessins digitaux, six espèces de particularités ou points caractéristiques La division primaire ou série est formée par les dessins de la main droite ; les divisions secondaires ou sections, par ceux de la main gauche. La première subdivi-
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sion dans la série est délerminée par le pouce; les suivantes, par les autres doigts, dans leur ordre de succession, de l'index à l'auriculaire.
Les groupes secondaires se forment aussi facilement et. en fin de compte, le système présente une simplicité, une commodité, une facilité d'emploi ' qui le recommandent dès à présent à l'adoption de tous les pays qui ont accueilli le principe dactyloscopique. Une notation, un numérotage extrêmement ingénieux, permettent ici de faire servir les empreintes digitales à l'identification judiciaire. En résumé, le système dactyloscopique comporte une systématisation suffisamment claire pour être parfaitement pratique.
Dans tous les pays qui l'ont adopté, il a montré sa supériorité sur la méthode anthropométrique ; d'abord subordonné à celle-ci, puis employé concurremment, il l'a bientôt détrônée. C'est ce qui est arrivé dans l'Inde anglaise, au Brésil, et c'est ce qui est en train de se produire en Autriche.
Il n'est pas sujet aux objections adressées au système anthropométrique ; il s'applique à tout âge. Dès à présent, beaucoup de criminologistes pensent qu'il pourrait utilement servir de base à l'établissement d'une fiche internationale dont feraient usage les polices de tous les Etats civilisés pour la recherche des criminels.
Conclusions. — I. Les empreintes digitales considérées chez un même individu sont immuables depuis le plus bas âge jusqu'à la vieillesse la plus avancée.
Elles dilfèrent d'un doigt à l'autre, d'un individu à l'autre. La concordance des empreintes digitales des dix doigts, examinées dans leur forme générale et dans les six espèces de particularités que l'on y distingue, constituerait une presque certitude d'identité. La chance d'erreur serait au-dessous de i sur 64 milliards.
La concordance des empreintes de plusieurs doigts ou même d'un seul constitue encore une présomption d'identité extrêmement forte . La valeur signalétique de l'empreinte digitale est au moins égale à celle de tout autre ensemble de caractères physiques.
IL La considération des empreintes digitales dactyloscopie) suffit à l'établissement d'un catalogue méthodique d'identification. Les trois opérations qui concourent à la fixation d'identité et qui consistent à établir la liche, à la classer et à la retrouver sont particulièrement facilitées dans le procédé dactyloscopique de Vucetich.
Le système dactyloscopique a, sur tout autre, l'avantage d'être applicable aux individus de tout âge, aux enfants, aux jeunes gens, aux
1 Voir la note de la page 849.
- Il importe d'ajouter, pour exprimer le sentiment de l'Académie, qu'en cet ordre de matières le devoir du Magistrat est de corroborer la présomption, si forte soit-clle, par tous les moyens de contrôle qu'il est possible de mettre en œuvre 1
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adultes et. par conséquent, aux délinquants juvéniles, à la population des colonies pénitentiaires comme aux récidivistes adultes. 11 est le moins coûteux. Son fonctionnement n'exige point un personnel nombreux et long- à dresser.
Il tend chaque jour davantage à se substituer à la mensuration anthropométrique.
Il peut être recommandé pour l'établissement d'une fiche interna tionale, dont feraient usage les polices de tous les Etat civilisés pour la recherche commune des criminels.