UN FIL DE LA VIERCJE
Dans la maison le silence et le deuil étaient presque aussi grands que le vide qui s'y était fait.
^ DODO ! l'enfant ! 95
Plus de saillies, plus de gros rires joyeux, plus de récits à la veillée ; tout cela avait été déposé sur la tombe de grand'maman. Dans le recueillement et le travail, nous cherchions à nous étourdir sur la perte qui nous avait accablés, et, pour faire comme les autres, je continuai à mettre la main à un long travail historique.
D'habitude j'écrivais de quatre à six heures, l'après-midi, dans une petite chambre située sous les mansardes. Là, je m'installais en face d'une lucarne qui s'ouvrait sur le plus beau des paysages laurentiens ; et pendant que, les yeux perdus dans ce magnifique horizon qui se déroule entre la Canardière, l'île d'Orléans et Saint-Joseph de Lévis pour aller se fermer à la cime bleuâtre du cap Tourmente, je courais après l'idée fugitive, Charles se glissait sans bruit dans la chambrette, et s'asseyait discrètement sur le tapis, en arrière de ma chaise.
Il s'amusait alors à bâtir des maisonnettes et de petites chapelles, avec ces piécettes de lx)is blanc que tournent si gentiment les ouvriei-s de Nuremberg, puis, une fois le monument terminé,