‹ A la mer par le Capitaine MayneReidChapitre 13 sur 89 · Couronnement de la poupe dans les vaisseaux anglais · texte numérisé non relu

Couronnement de la poupe dans les vaisseaux anglais

navire; je regardais autour de moi si je ne voyais pas une corde à laquelle je pusse me rattacher; il me semblait qu’on devait m’avoir jeté quelque chose du vaisseau. Je n’aperçus rien d’abord, mais,

en remontant à la crête d’une vague, je distinguai un objet rond qui se trouvai entre moi et la coque du bâtiment; j’avais le soleil dans les yeux, néanmoins je reconnus que c’était la tête d’un homme;

il était assez loin, mais évidemment il se dirigeait vers moi; lorsqu’il fut plus près, je reconnus la figure de mon protecteur Ben Brace ; en me voyant tomber à la mer, il avait sauté par-dessus le bord et arrivait à mon secours,

« Bien, mon garçon 1 très-bien! s’écria-t-il quand il se fut approché ; nous nageons comme un canard, et pas de blessure, n’est-ce pas? Appuie-toi sur moi, si tu es fatigué. »

Je luis répondis que je me sentais assez de for* ce pour nager encore pendant une demi-heure.

« Parfait! reprit-il; nous aurons plus tôt que ça un bout de corde à saisir ; de la corde ! tu dois en avoir assez, pauvre enfant! Que les maudits gueux soient pendus! Je te vengerai, mon garçon, n’aie pas peur! Oh! du vaisseau! cria-t-il, par ici la corde, par ici! Ohé! ohé! »

Le bâtiment pendant ce temps-là virait de bord et se dirigeait de notre côté. Si j’avais été seul, comme je l’ai su plus tard, cette manœuvre n’aurait certainement pas eu lieu ; mais Ben Brace avait trop d’importance pour être sacrifié impunément: ni le skipper, ni le contre-maître n’auraient osé l’abandonner à son sort, et ils avaient immédiatement donné des ordres pour que l’équipage se mit en mesure de nous recueillir.

Par bonheur, la brise était douce, la mer assez calme, et nous nous retrouvâmes bientôt sur le

pont, où les matelots nous hissèrent au moyens des cordes qu’ils nous avaient lancées.

La haine de mes persécuteurs paraissait être apaisée ; je ne vis ni l’un ni l’autre jusqu’au lendemain matin, et il me fut permis de descendre et de passer dans le gaillard d’avant tout le reste de la journée.

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