‹ A la mer par le Capitaine MayneReidChapitre 28 sur 89 · Levier particulier à la marine · texte numérisé non relu

Levier particulier à la marine

lices, et qui était fort commune à l’endroit où nous étions arrêtés.

J’apercevais encore des amphibies de plusieurs espèces; un grand lézard qui, pour la dimension, pourrait rivaliser avec le crocodile, et je vis un animal rouge et très-rare, le cochon de rivière des Cameroons, dont nous étions peu éloignés.

Des animaux terrestres passaient également sur la rive : je remarquai un lion qui apparaissait entre les arbres, et de grands singes, les uns noirs, les autres rouges, que l’on voyait à travers les branches, et dont les cris, les gémissements et le babillage, ne cessaient pas de la nuit. Un nombre infini de ramiers, de perroquets , de magnifiques oiseaux de toute espèce, volaient constamment audessus de la rivière, allant d’un bord à l’autre, où, perchés à la cime des arbres, ils faisaient entendre les chants les plus variés.

Si j’en avais eu le loisir, je ne me serais jamais lassé de contempler ce spectacle rempli d’animation; mais toutes ces voix qui frappaient mon oreille, tous ces animaux qui allaient et venaient sous mes yeux, augmentaient encore le désir que je ressentais de visiter leur retraite et de voir de plus près ceux dont la douceur et la beauté m’inspiraient toute confiance.

Quelle ne fut pas ma joie lorsque Ben m’annonça qu’il avait congé pour le lendemain, et que

je l’accompagnerais dans son expédition! Ce n’était pas pour m’être agréable que cette faveur lui avait été accordée ; mais il avait dit que je lui serais nécessaire : il allait à la chasse, il lui fallait quelqu’un pour porter son gibier, etc. Bref, c’était uniquement par obligeance pour lui que cette permission m’avait été donnée. Quant à moi, peu m’importaient les motifs qui avaient décidé le capitaine, ou la mauvaise grâce que celui-ci avait pu mettre à m'accorder quelques instants de repos; j’étais trop heureux pour m’inquiéter de ces misères, et je me préparai à suivre Ben avec un sentiment de bonheur que jamais, plus tard, la perspective d’aucun plaisir ne m’a fait éprouver.

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