‹ A la mer par le Capitaine MayneReidChapitre 32 sur 89 · On tapf elle ainsi le tronc des palmiers · texte numérisé non relu

On tapf elle ainsi le tronc des palmiers

cinq centimètres. Le fruit de l’élaïs naît à l’ombre de cet admirable feuillage, précisément audessous du point où la feuille s’éloigne du stipe.

Ce fruit est une noix de la grosseur d’un œuf de pigeon; seulement sa forme est régulière, et il se produit par grappes énormes, que l’on appelle régimes. La coquille de cette noix est entourée d’un brou épais et charnu, pareil à celui qui recouvre la noix ordinaire , mais d’une nature plus oléagineuse, et d’où l’on extrait l’huile de palme, que j’ai déjà citée à propos de la nourriture des nègres. L’amande peut également fournir de l’huile, qui est plus difficile à extraire, mais qui est aussi d’une qualité supérieure à celle que l’on fabrique avec la pulpe de l’écorce.

Rien n’est plus beau qu’un élaïs complètement développé, avec ses longs régimes de fruits mûrs, dont le jaune brillant contraste de la façon la plus heureuse avec le vert foncé des frondes qui s’inclinent gracieusement comme pour protéger les grappes d’or contre le soleil des tropiques.

Rien de plus beau qu’un élaïs, à moins que ce ne soit une forêt tout entière de ces arbres splendides, précisément comme la forêt où je venais d’entrer avec Ben. Ce rude matelot, lui-même, ressentit une vive impression de la grandeur du spectacle qui s’offrait à nos yeux, et nous nous ar-

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rétames instinctivement pour contempler cette admirable scène.

Tant que nos regards pouvaient s’étendre, nous n’apercevions que des colonnes élancées, tellement droites et régulières, qu’on les aurait crues laites de main d’homme; elles soutenaient la voûte de feuillage qui se déployait au-dessus de nos têtes, et dont les courbes gracieuses, aux folioles délicates, formaient d’énormes arcades fouillées et ciselées avec un art parfait. Du haut de ces colonnes pendaient, comme autant de lustres d’or, les grappes éclatantes qui rehaussaient l’effet général, tandis que le sol était jonché de fruits sans nombre. On croyait voir un temple grandiose, élevé par la nature à la Pomone antique.

Si, au lieu de vendre ses prisonniers, ou même d’employer ses soldats à chasser des esclaves, le roi Dingo Bingo leur faisait recueillir ees fruits d’or et pressurer leur péricarpe huileux, quelle immense fortune ne ferait-il pas en peu de temps, et que de douleurs seraient épargnées à ces milliers d’êtres humains dont il fait marchandise et dont l’infortune lui rapporte si peu de chose!

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