‹ A la mer par le Capitaine MayneReidChapitre 45 sur 89 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Toutefois, il ne faudrait pas croire que nous fussions complètement rassurés.Notre subite disparition avait d’abord étonné les mandrilles, qui n’avaient pas essayé d’entrer avec nous dans l’intérieur du baobab ; mais toute la bande nous avait suivis, et il était facile de voir qu’ils ne tarderaient pas à franchir l’entrée de la cellule, devant laquelle ils continuaient leurs démonstrations menaçantes.

Le caveau était toujours ouvert; nous n’avions pas eu le temps de ramasser la plaque d’écorce qui en constituait la porte ; elle gisait au dehors, et il était impossible de sortir pour aller la chercher. La cellule ne renfermait rien que nous pussions opposer à l’invasion de nos terribles assaillants ; tout ce que nous pouvions faire, c’était de leur interdire l’entrée de la caverne, en essayant

de les repousser, Ben avec son mousquet, et moi avec le tison que j’avais toujours à la main lorsque ces armes viendraient à nous manquer, nous prendrions nos couteaux et nous soutiendrions la lutte du mieux qu’il nous serait possible : car, une fois que les babouins pénétreraient dans la cellule, notre mort était certaine.

Les brutes vociférantes s’étaient rassemblées vis-à-vis de nous, et occupaient tout l’espace qui existait entre le feu et le baobab ; elles se détachaient comme de noirs démons sur la flamme du foyer, elles dansaient follement autour de leur camarade que Ben avait tué, et poussaient des cris plaintifs entremêlés de clameurs effroyables, qui exprimaient la rage et le désir de la vengeance. Autant que je pus en juger, les mandrilles étaient plus d’une soixantaine ; quelques-uns d’entre eux gambadaient en face de nous et paraissaient n’attendre qu’un signal pour s’élancer dans la caverne.

« Si nous pouvions ramasser la porte, dis-je à

mon compagnon, en regardant la planche qui gi-

sait sur la terre.

— C’est impossible, répondit Ben; nous serions bientôt en mille pièces si nous mettions le nez dehors; mais que je sois pendu, petit Will, si je n’ai pas une idée ! Nous nous passerons de la porte; empêche- les seulement d’entrer pendant que je

vais établir ma barricade; prends le mousquet, ça vaut mieux qu’un gourdin. ‘Attention, camarade ! et repousse-moi tous ces monstres. Bravo ! petit Will, bravo! »

Lorsqu’il m’eut indiqué la manière de m’y prendre, Ben se glissa derrière moi sans que je pusse deviner dans quel but il s’éloignait. À vrai dire, je ne pris pas le temps de chercher quel pouvait en être le motif, car les babouins étaient maintenant résolus à forcer l’entrée de la cellule, et j’avais besoin de toute ma force et de toute mon activité pour les maintenir à distance avec le bout du vieux mousquet. Chacun, l’un après l’autre, posait le pied sur le bord de l’étroite ouverture, et allait ensuite rouler par terre, où je l’envoyais d’une main dont l’imminence du péril décuplait la vigueur. Mes coups se succédaient avec la rapidité de ceux d’un forgeron qui a peur de voir refroidir le morceau de fer placé sur son enclume.

Néanmoins, je n’aurais pas eu longtemps la force de continuer cet exercice ; je commençais à faiblir, et la'foule implacable me pressait de plus en plus, lorsque je sentis mon compagnon passer à côté de moi. La caverne s’assombrit immédiatement, et je ne distinguai plus notre feu qu’à travers quelques fentes qui permettaient à la lumière de pénétrer dans la cellule.

D'où provenait cette obscurité subite? La flamme ne s’était pas éteinte ^puisque je l’apercevais toujours. Ëtait-ce mon compagnon qui s’exposait ainsi aux coups furieux de nos assaillants?

Pas le moins du monde ; Ben Brace avait mieux à faire que de s’offrir en holocauste à ces affreux mandrilles. J’étendis la main, je palpai l’objet qui , venait d’être placé entre nous et la foule hurlante, et je reconnus que c’était l’un des trois malfaiteurs.

Ben s’était emparé de la momie, l’avait pliée en deux, et l’avait enfoncée comme un coin entre les parois de l’ouverture, qu’elle bouchait presque entièrement dans le sens de la hauteur. Cependant la barricade n’était pas encore terminée ; mon compagnon, après m’avoir dit de maintenir le squelette à la place où il venait de le poser, alla en chercher un autre qu’il ploya de même, sans s’inquiéter d’en briser les os et d’en faire craquer les jointures, et qu’il appliqua de manière à nous enfermer tout à fait.

La scène/en dépit de l’endroit qui lui servait de théâtre, avait un côté plaisant qui nous aurait amusés en toute autre circonstance; mais nous étions loin d'avoir envie de rire : la position était trop désespérée. Bien que notre barricade fût un heureux expédient, il ne pouvait nous donner qu’un répit temporaire; les babouins allaient at-

212 A LA MKR !

laquer les momies , et ne tarderaient pas à renverser l’obstacle que nous letir avions opposé.

Toutefois, il existait entre les deux squelettes un léger espace qui permettait à Ben d’introduire le canon de la reine Anne , et , à côté de cet espace, une petite fente où j’enfonçai mon bâton, de manière que nous pûmes continuer à repousser les mandrilles et à les empêcher de démolir notre barricade.

Par bonheur, l’ouverture du caveau allait en se rétrécissant du dedans au dehors, comme les meurtrières d’une forteresse , et les momies, fortement appuyées contre les joues de l’embrasure, n'auraient pu être arrachées de l’extérieur qu’avec infiniment dé peine. Ainsi, tant que les babouins ne les auraient pas mises en morceaux, nous pouvions nous croire en sûreté.

Pendant plus d’une heure, nous ne fîmes pas autre chose que d’avancer et de relirer nos armes, qui allaient et venaient avec la régularité d’un pendule. Enfin l’ennemi parut faiblir, ses attaques étaient moins vives et surtout moins fréquentes ; les babouins commençaient à comprendre qu’ils ne pouvaient pénétrer dans l’endroit ou nous étions, et les coups qu’ils avaient reçus avaient considérablement refroidi leur ardeur.

Mais, bien qu’ils eussent fini par abandonner lo siège, ils continuaient à pousser les mômes cris.

Nous ne pouvions plus les voir; notre feu, en s’éteignant, les avait plongés dans l’ombre ; pas la moindre lueur ne pénétrait sous la voûte du baobab, et nous passâmes le reste de la nuit au milieu de l’obscurité la plus profonde, mais non pas du silence.

Nous écoutions d’une oreille attentive ces voix discordantes qui hurlaient, glapissaient et gémissaient autour de nous, espérant qu’elles allaient s’éloigner, et que nous entendrions un bruit de * pas qui nous indiquerait le départ des babouins. Vaine espérance! les cris retentissaient toujours auprès de nous, et rien n’annonçait que les mandrilles fussent disposés à partir.

C’est assurément l’une des nuits les plus épouvantables que nous ayons jamais passées, mon compagnon et moi. Je n’ai pas besoin d’ajouter qu’il nous fut impossible de fermer l’œil ; Morphée lui-même n’aurait pu dormir en pareille circonstance. Nous avions entendu parler du caractère implacable des babouins; nous savions qu’une fois leur ressentiment éveillé, il ne s’apaise qu’après s’étre assouvi; nous savions également qu’il n’en est pas avec les singes comme avec les lions, les buffles, les rhinocéros, tous les animaux dangereux que l’on rencontre en Afrique : dès que ceux-ci n’aperçoivent plus leur ennemi, ils paraissent l’oublier, ou du moins ils renoncent à leurs

intentions hostiles ; mais les babouins n’abandonnent pas ainsi l’objet qui excite leur fureur; ces créatures monstrueuses possèdent une intelligence bien autrement développée que celle des quadrupèdes; elles sont douées d’un jugement qui, pour être très-inférieur à celui de l’homme, n’en est pas moins de la même nature.

Il est des personnes qui trouvent cette assertion entachée d’impiété ; ce sont des esprits faibles , qui n’osent pas regarder la philosophie en face, de peur qu’elle ne dérange leur foi en contredi-’ sant leur dogme favori ; des gens qui donnent un démenti formel aux faits les plus positifs qu’aient observés les géologues, et qui ne se font pas scrupule de prodiguer l’injure à ceux qui ont la franchise de reconnaître ces vérités.

On ne saurait nier que les singes ont la faculté de raisonner; il est impossfble de rester pendant cinq minutes en face de l’endroit qu’ils occupent dans nos jardins zoologiques sans être convaincu de ce fait.

Toutefois, cette faculté n’arrive pas chez les babouins à un développement aussi prononcé que dans quelques autres familles de la tribu des quadrumanes, comme chez l’orang-outang, par exemple, ou chez les troglodytes. Malgré cela, nos babouins comprenaient parfaitement la situation dans laquelle nous nous trouvions, et ils savaient

fort bien qu’il nous était impossible de sortir du baobab sans passer sous leurs yeux.

De plus , comme ils ont des passions très-violentes, il n’était pas probable qu'ils consentissent à nous épargner. Nous avions tué l’un des leurs, peut-être le chef vénéré de la tribu ; un autre avait été blessé, chacun d’entre eux avait reçu un nombre plus ou moins considérable de coups, et la connaissance que nous avions de leur caractère vindicatif ne nous laissait aucun espoir d’échapper à leur fureur, Ben Brace lui-même ne disait rien et paraissait désespéré.

Ils pouvaient rester indéfiniment à la place qu’ils occupaient; quelques-uns seraient envoyés aux provisions pondant que les autres continueraient à nous guetter; d’ailleurs ils trouveraient sur les lieux mêmes tout ce qui leur était nécessaire : la source limpide à laquelle nous nous étions désaltérés la veille leur fournirait une eau pure, et ils n'avaient pas même besoin de s’éloigner pour se procurer des vivres; ils pouvaient se nourrir des fruits du baobab, qu’ils recherchent avec avidité, et qui, pour ce motif, ont été nommés pain de singe. Cela nous fit supposer qu’ils faisaient habituellement leur retraite de la voûte du baobab, qu’ils rentraient chez eux après avoir couru toute la journée dans les bois, lorsqu’ils nous aperçurent, et qu’en voyant leur

domicile envahi, leur colère avait éclaté tout à

coup.

11 était donc tout naturel qu’en pareille circonstance nous ne pussions dormir ni l'un ni l’autre. Nous restâmes toute la nuit plongés dans les plus vives appréhensions, espérant toutefois qu’au point du jour les babouins reprendraient leurs habitudes et regagneraient la forêt.

Hélas! quand le matin fut arrivé, nous vîmes avec désespoir qu’ils ne songeaient pas à déguerpir. Il était facile de comprendre, à leurs cris et à leurs gestes , que le siège continuerait longtemps encore. Plus nombreux que la veille, ils étaient au moins un cent. Les atroces créatures apparaissaient de tous côtés, les unes accroupies sur le sol ou perchées sur les branches, les autres formant un groupe animé auprès du cadavre de la victime de Ben, ou entourant celui de leurs camarades que j’avais blessé moi-même.

De temps en temps , quelques individus se réunissaient, et, probablement poussés par un nouvel accès de fureur, se dirigeaient vers notre cellule et cherchaient à démolir notre barricade. Nous les repoussions comme nous l’avions fait la veille; ils se retiraient dès qu’ils s’étaient convaincus de l’inutilité de leurs efforts, jusqu'à ce qu’un incident quelconque réveillât leur colère et leur inspirât la pensée de revenir à l’assaut.

Telle fut leur conduite pendant toute cette journée qu’ils nous obligèrent à passer dans notre funèbre asile. Nous avions augmenté la force de notre barricade en ajoutant la troisième momie aux deux autres , et nous commencions à croire que cette barrière serait suffisante pour arrêter nos assaillants; mais nous ressentions les atteintes d’un ennemi non moins terrible que les mandrilles, et dont il nous serait encore plus difficile de repousser les attaques. Nous le connaissions déjà, il nous avait fait souffrir mille tortures à la cime du dragonnier, et nous le retrouvions plus puissant que jamais dans l’intérieur du baobab : c’était la soif; elle brûlait nos lèvres, et chaque instant la rendait plus dévorante. Comment ponrrions-nous l’endurer, si le siège que nous étions condamnés à soutenir se prolongeait seulement pendant une heure?

Le soir était venu et le siège durait encore. Les brutes obstinées demeurèrent sous le baobab pendant toute la nuit suivante, et, quand l’aube du second jour vint à paraître, nous les vîmes plus nombreuses et plus implacables qu’elles ne l’avaient jamais été.

Que faire et que devenir? Épuisés de fatigue n’ayant eu ni repos ni trêve depuis quarante-huil heures, dévorés par la faim et surtout par la soif, notre mort était prochaine. Sortir du réduit où

nous agonisions, c’était nous faire écharper; y demeurer, c’était mourir plus lentement au milieu de tortures effroyables.

Nous étions assis l’un auprès de l’autre, dans un état d’accablement impossible à décrire. Nous avions de nouveau songé à nous frayer un passage à travers les rangs des mandrilles et à leur échapper par la fuite; la chose eût été praticable en rase campagne : car si les babouins courent avec assez de rapidité dans les bois, où ils trouvent à chaque pas des branches d’arbre à saisir, il n’en est pas de même en terrain découvert où, bien qu’ils marchent mieux que la plupart des quadrumanes, il est facile à un homme de les gagner de vitesse.

Mais c’était tout d’abord qu’il fallait tenter cet expédient; nous aurions pu franchir le cercle qu’ils formaient autour du boabab, en profitant de l’indécision où les avaient jetés la surprise qu’ils avaient éprouvée en nous voyant, et la crainte que leur inspirait notre feu ; mais à présent leur nombre avait grandi, leur fureur s’était exaspérée, ils nous entouraient avec l’intention formelle de satisfaire leur vengeance , et nous étions bien sûrs de tomber sous leurs coups.

Néanmoins la soif nous torturait d’une manière si horrible que nous nous décidâmes à braver la colère des mandrilles; ce serait toujours

une mort plus prompte. « Mieux vaut en finir tout de suite, disait Ben, que d’éterniser notre supplice. »

J’étais du même avis : nous aurions un terrible moment à passer, mais la perspective d’être déchirés par les babouins nous semblait moins affreuse que de suporter plus longtemps nos souffrances. D’ailleurs, nous n’avions plus à choisir; nos ennemis, fatigués de nous attendre, avaient recommencé l’attaque avec une fureur nouvelle, et, se précipitant avec rage sur les squelettes qui nous protégeaient contre eux, ils arrachaient des lambeaux du cuir desséché des momies, qu’ils n’auraient pas tardé à réduire en poussière.

Il devenait inutile d’aller au-devant de la mort, et sachant bien que toute défense nous était impossible, nous attendions avec une sorte de stupeur ce qui allait nous arriver.

Tout à coup je vis mon compagnon sortir de son accablement et tâtonner autour de lui.

« Que cherches-tu? lui demandai-je.

— J’ai une idée, me répondit Ben. Mille sabords! je veux être pendu si je ne disperse pas nos singes aux quatre coins de la boussole.

— Comment cela?

— Tu vas voir, petit Will.Oùest la peau du lion?

— Elle me sert de tabouret. Est-ce que tu en as besoin

— Donne-la bien vite, mon enfant. »

C’était par hasard que la peau du lion se trouvait dans la cellule. Ne voulant pas nous en servir en guise de couverture, parce qu'elle était toute fraîche, nous l’avions roulée sur elle-même et déposée dans le caveau des momies avant l’apparition des babouins. Lorsque, poussé par Ben, je m’étais précipité dans la cellule pour fuir nos agresseurs, je l’avais heurtée du pied; et quand plus tard, épuisés de fatigue et renonçant à la lutte, nous nous étions abandonnés au désespoir, c’était elle qui m’avait servi de siège.

Je me levai immédiatement, et, sans perdre une seconde, je tendis la peau du lion à ben Ben Brace. Je comprenais l’usage qu’il voulait en faire, et, sans qu’il eût besoin de ne rien dire, je l’aidai à exécuter son plan.

Dix minutes après, le corps de Ben Brace était complètement enveloppé de la peau du lion , attachée et ficelée autour de lui d’une manière à tromper des yeux plus clairvoyants que ceux de nos mandrilles.

Son but, en se déguisant ainsi, était de sortir tout à coup et de se montrer aux babouins, dans l’espoir que la vue du roi des animaux leur ferait prendre la fuite. C’était un moyen de salut , et notre situation était trop désespérée pour qu’un échec pût en aggraver le péril.

Le plan, d’ailleurs, n’était pas sans quelque chance de succès : tous les animaux sont terrifiés à la vue de leur monarque, et les babouins ne font pas exception à cette règle.

Pour être plus sûrs de réussir, nous procédâmes avec le plus grand soin à tous les préparatifs de cet expédient suprême. Les bras de Ben furent renfermés dans la peau qui avait couvert les membres antérieurs du lion, et le bout des doigts disparut sous les griffes du puissant carnassier. Quant aux jambes, qu’il fallut cacher dans la partie postérieure de la peau, il fut très-difficile d'y parvenir, et ce n’est qu’avec beaucoup de peine que nous pûmes faire aller le pantalon d’une manière satisfaisante. La tête du lion s’adapta facilement au crâne de Ben Brace. et l’ample dépouille • de sa majesté léonine enveloppa le corps du marin et croisa comme un paletot. Heureusement que nous avions toujours cette corde qui nous avait déjà rendu de si grands services, et qui nous fut très-utile pour fixer toutes les parties du costume.

Enfin le déguisement fut complet, et l’acteur n’eut plus qu’à entrer en scène.

Une fois que toutes nos dispositions furent bien prises, nous retirâmes les momies avec soin, de manière à les retrouver en cas d’urgence.

De leur côté, les assiégeants s’étaient parfaite-

ment aperçus de nos manœuvres, et montraient par leurs allures qu’ils étaient sur leurs gardes, c’est alors que le prétendu lion sortit des flancs du boabab, en hurlant d'une voix de basse qui

égalait presque les rugissement de l’animal dont il portait la dépouille.

Si jamais déroute de singes mérita d’être vue, c’est bien celle dont nous fûmes témoins alors, mon compagnon et moi.

Le prétendu don sortit des lianes du boabab. (Page 222.)

L’instant d’après, nous n’aurions pas pu dire ou étaient passés les babouins ; deux minutes avaient suffi pour les faire entièrement disparaître; on aurait pu croire qu’ils s’étaient évanouis dans les airs ou que le sol les avaient engloutis; et de la peau du lion s’échappa un franc rire, dont les éclats très-humains remplacèrent les rugissements furieux.

Toutefois nous nous empressâmes de quitter la voûte du baobab; il était dangereux de demeurer sur ce terrain ; les mandrilles pouvaient s’apercevoir de la fraude et revenir sur leurs pas. Nous primes donc en toute hâte congé des trois momies, passablement endommagées par la dent des babouins, et nous décendîmes la montagne sans regarder derrière nous et sans nous arrêter, si ce n’est auprès de la fontaine, pour apaiser notre soif.

Il était midi passé lorsque, le troisième jour de notre expédition, nous surprîmes l’équipage de la Pandore par notre retour que l’on n'espérait plus.

Page 1