‹ A la mer par le Capitaine MayneReidChapitre 83 sur 89 · Demi-litre · texte numérisé non relu

Demi-litre

suadé qu’un demi-gallon * ne m’aurait pas désaltéré. La chaleur même de l’eau rendait encore plus insuffisante la ration qui nous était donnée. Le soleil, en frappant sur la barrique, en avait échauffé le contenu au point de le faire presque bouillir, et l’on n’éprouvait aucune satisfaçtion à boire quelques gorgées d’eau chaude.

Il eût été facile de prévenir cet inconvénient en couvrant la barrique de l’un des morceaux de voile dont on ne se servait pas, et qui, étant mouillé, aurait conservé à l’eau sa fraîcheur; mais on n’avait pas songé à faire usage de ce procédé bien simple,

Le désespoir faisait des progrès rapides au milieu des naufragés ; la torpeur commençait à les gagner, et personne n’avait plus assez d’énergie pour prendre la plus petite précaution.

Quant aux biscuits, nous en avions trop peu pour que l’on songeât à en faire des rations quotidiennes : un seul partage suffisait pour nous diviser tout ce qui était sur le radeau. La distribution faite, chaque homme en eut deux pour sa part, et les sept ou huit qui restèrent furent joués à la rafle, à raison d’un seul biscuit à la fois. Jamais partie ne fut plus intéressante et plus vivement disputée; on aurait dit qu’une somme

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