Voy. Moniteur àw i5 juillet. Séance du la
on devait se réunir sur remplacement de la Bastille, où s'élevait la fontaine de la régénération représentée parla nature. « De ses fécondes mamelles, qu'elle pressera de ses mains jaillira avec abondance, disait David, l'eau pure et salutaire , dont boiront quatrevingt-six commissaires, envoyés des assem-^ blées primaires. » Huit conventionnels portaient une arche où étaient renfermés les droits de l'homme et l'acte constitutionnel.
A un moment donné , la mémoire du tyran était vouée à « l'exécration publique, et aussitôt des milliers d'oiseaux rendus à la liberté , portant à leur cou de légères banderoles » , sur lesquelles étaient écrits les droits de l'homme , prenaient leur vol dans les airs et portaient a au ciel le témoignage de la liberté rendue à la terre ». La fête patriotique par excellence était celle du 21 janvier, parce qu'on y célébrait ianniversaire de la juste punition du dernier roi des Français. C'était le cas de donner libre
cours aux déclamations contre le despotisme. Nous voyons le Directoire faire porter devant les magistrats les images de Brutus, de Guillaume Tell, de Sidney, de Voltaire et de Rousseau ; faire distribuer aux spectateurs a des chants d'imprécation, mêlés de refrains et de chœurs » contre les tyrans et les parjures. Toute l'assistance devait répéter à l'envi les vers suivants, pris du Brutus de Voltaire * :
Si dans la république il se trouvait un traître Qui regrettât les rois et qui voulût un maître, Que le perfide meure au milieu des tourments!
On voit que les fêtes politiques avaient surtout pour but d'attacher les Français à la république. Confondre ainsi le patriotisme avec la haine de la royauté , c* était singulièrement le restreindre. Quinette *
i. François de Neufchâteau, Recueil des lettres^ circulaires^ instructions^ etc., ëmaDees de François de Neufchâteau, ministre de l'Intérieur. An VIII, a vol. in-40^ t. I, p. 356 et suiv.; II, 10.