Discours du ao décembre 1799. Moniteur du aa
Les orateurs aimaient à évoquer ces souvenirs du vieux culte, parce qu'ils y trouvaient l'occasion de tonner à la fois contre la superstition y et d'exciter l'émulation des Assemblées par le souvenir de ce qu'avait fait autrefois le sacerdoce. Dans cette vue rétrospective sur le passé de l'Église, l'imagination des rapporteurs découvrait des vues profondes et des calculs perfides là où les institutions avaient été le plus souvent le fait des circonstances. Il faut entendre en particulier Fabre d'Églantine nous décrire avec quel art savant les prêtres avaient choisi, pour célébrer la fête des morts et nous conduire « sur le tombeau de nos pères », ces jours d'automne où ce un ciel triste et grisâtre, la décoloration de la terre, la chute des feuilles, remplissent notre âme de mélancolie et de tristesse ». — Voyezles, au contraire, ajoutait-il, placer leur Fête-Dieu au printemps, aux jours « les plus effervescents de Tannée » ; et là, dans
ces processions qui se déroulent à travers les villes et les campagnes, spéculant sur la vanité, Tamour de l'ostentation, de la parure, sur les « affections du bel &ge, la coquetterie de l'un et de l'autre sexe », pour faire avaler « avec le plaisir, le poison de la superstition*. » Voilà, certes, une politique profonde, les prêtres dispersés, qui lurent dans l'exil le discours de Fabre d'Eglantine, purent se dire qu'ils avaient été très habiles sans le savoir.
Dans cette revue des moyens qui, d'après lui, avait rendu le sacerdoce maître du monde, Fabre d'Eglantine avait cru remarquer que les prêtres avaient conquis le peuple par la passion de l'intérêt. « Sachant, dit-il, combien l'homme des champs est attaché à ses récoltes, ils présentaient saint Jean comme le protecteur de la vigne. » Quand venait le mois de mai, avant que le soleil