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La Rëvellière-Lepeaux, Réflexions sur le cuUe^ p. a

Les théophilanthropes s'empressèrent de faire droit à ces demandes en établissant une sorte de baptême civil, sans oublier le parrain et la marraine \ L'enfant, une fois baptisé, n'était pas abandonné à luimême. On mettait entre ses mains une sorte de catéchisme par demandes et réponses , intitulé : Instruction élémentaire sur la morale religieuse. Quand il était suffisamment instruit, venait une fôtespé-

{ . a Quand un enfant est né, il est apporte dans l'assemblée. Le chef de famille qui a présidé la fête adresse au père les paroles suivantes : Vous promettez devant Dieu et devant les hommes d'élever N. dans la doctrine des théophilanthropes^ de lui inspirer, dès l'aurore de sa raison, la croyance de l'existence de Dieu^ de l'immortalité de Tâme et de le pénétrer de la nécessité d'adorer Dieuy de chérir ses semblables et de se rendre utile à la patrie? Le père répond : Je le promets. S'adressant ensuite au parrain et à la marraine, le chef de la cérémonie leur dit : Vous promettez devant Dieu et devant les hommes détenir lieu à cet enfant^ autant qu'il sera en vous, de ses père et mère^ si eeux-ci étaient dans l'impossibilité de lui donner des soins? Ils répondent : Nous le promettons. Le chef fait un discours sur les devoirs des pères et mères et de ceux qui élèvent les enfants. » Voy. Manuel, p. 38-39.

ciale répondant à la première communion.

Ici encore les théophilanthropes s'inspiraient d'une pensée de la Révolution. Dès Tannée 1792*, Rabaut-Saint-Étienne avait demandé qu'on fît apprendre « par cœur »

aux enfants de dix ans la déclaration des droits de l'homme et les hymnes civiques.

<c II sera fait, disait-il, un examen général des enfants de cet âge, dans le temple du canton, en présence de tous les officiers municipaux, le premier dimanche de juin. »

Cet examen dans le temple, qui rappelle celui que l'Église fait subir aux enfants préparés à la première communion, devait être renouvelé à quinze ans, et embrasser alors des notions plus étendues sur les devoirs du citoyen et le fonctionnement de la constitution.

Les théophilanthropes, si attentifs à suivre l'homme dans les différentes circonstan-

i. Discours du *io décembre, Moniteur du aa.

ces de sa vie, avaient une bénédiction pour le mariage. Les deux époux se rendaient au temple, et' paraissaient devant Tautel entrelacés de rubans et de fleurs dont les extrémités étaient tenues par les anciens des deux familles. Le chef de la cérémonie leur posait alors les questions d'usage : « Vous avez pris N. pour épouse! » — R. « Oui! » — « Vous avez pris N. pour époux? » — R. «Oui? »

L'anneau était remis à Tépouse par Pépoux, et la médaille d'union donnée par le chef de la famille à l'épouse. C'était le moment du discours « sur les devoirs du mariage ». Il était recommandé aux époux de travailler au bonheur des générations futures. Remplissez ce devoir, leur disait l'orateur, « soit en plantant quelques arbres, soit en greffant sur de jeunes sauvageons dans les bois des branches à fruits qui puissent un jour apaiser la faim ou la soif du voyageur égaré » . Après cette recommandation touchante, on entonnait V hymne pour le mariage^ où « l'inquiet

célibat » n'était pas ménagé ' . La mort, comme la naissance et le mariage, appelait les: théophilanthrôpes dans le temple. Un tableau appendu au mur portait cette inscription : « La mort est le commencement de Téternité. » Devant Tautel était placée une urne ombragée de feuillage. Le chef de la famille faisait quelques réflexions sur la brièveté de la vie, l'immortalité dé Fâme, ajoutant qu'il fallait être toujours prêt à paraître devant l'Être suprême*.

i. Gloire à Thymen. Que tout ici Thonore.

O vous, par qui ces feux viennent de s^allumer, Vos plus beaux jours sont près d'ëclore !

Heureux les cœurs que Thymen peut charmer!

L'inquiet célibat, tristement solitaire, D'ennuis et d'amertume abreuve ses martyrs; Mais l'hymen est pour nous la source salutaire Des vrais biens et des vrais plaisirs. -

Voy. Année religieuse des théophilanthropes, 1798, 4 vol ., t. III, i3-i8^ ^oZ'^o^, Manuel, p. 43-4^* Voy. aussi ^#i#»*V liturgique,

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