‹ À la recherche d'une religion civileChapitre 49 sur 75 · Manuel, p · texte numérisé non relu

Manuel, p

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Indépendamment de cette sanctification civile des grands actes de la vie, le nouveau culte avait l'ambition d'exercer une action morale constante sur ses fidèles. Un chapitre du Manuel a pour titre : Conduite journalière des théophilanthropes. Le théophilanthrope, « à son réveil, élève son âme vers la Divinité » et adresse sa prière au « père de la nature » . Il pense quelquefois dans le cours de la journée qu'il est en présence de Dieu. Ce témoin de ses actions et de sa conscience le soutient dans la pratique du bien, le détourne du mal. Au moment du repas, il témoigne encore sa reconnaissance « à Fauteur de la nature ». A la fin de la journée, « il s'interroge lui-même : de quel défaut t'es-tu corrigé aujourd'hui? Quel penchant vicieux as-tu combattu ? En quoi vastu mieux? Le résultat de cet examen de

conscience est la résolution d'être meilleur le lendemain * . »

Les réunions qui appellent, tous les décadis, le théophilanthrope dans le temple, sont pour lui un nouveau moyen de sanctification * morale. Dieu, dit le Manuel, n'a pas besoin de culte, mais nous en avons besoin c< pour nous encourager mutuellement à la vertu » .

Le temple est d'une simplicité absolue. Au-

i. Voy, Manuel, p. 39-3 1. Indëpendamment de cet examen de conscience quotidien, les thëopfailanthropes en faisaient un autre chaque fois qu'ils se réunissaient dans le temple. Après la lecture publique et rinvocation au père de la nature vient, dit le Manuel (p. 36), c un moment de silence pendant lequel chacun se rend compte de sa conduite depuis la dernière fête religieuse. Le chef de famille aide cet examen par diverses questions auxquelles chacun se rëpond à lui-même tacitement » . \a Année religieuse en donne des exemples : « Interrogeons- nous sur tes progrès que nous avons faits dans la vertu. Avons-nous cherché à acquérir cette science dont personne n'est dispensé, celle qui nous procure des ressources pour subsister, qui donne la prudence et la sagesse? — Avons-nous été sobres et chastes ? — Avons-nous énervé la force de notre âme en nous abandonnant à la paresse? — Avons-nous entretenu cette propreté qui accompagne ordinairement la pureté de Tâme et qui préserve le corps d'une foule d'incommodités. »

dessus de Tautel dont nous avons parlé est placée une inscription rappelant les deux dogmes de la religion naturelle : Nous croyons à l'existence de Dieu et à Timmortalité de Tâme. Quatre autres inscriptions marquent les principes généraux de la morale et les devoirs particuliers à chaque âge :

« Adorez Dieu, chérissez vos semblables, rendez-vous utiles à la patrie. — Le bien est tout ce qui tend à conserver Thomme ou à le perfectionner. — Enfants, honorez vos père et mère. Pères, instruisez vos enfants. — Femmes, voyez dans vos maris les chefs de vos maisons. Maris, aimez vos femmes et rendez-vous réciproquement heureux \ » La cérémonie commence. Un chant religieux se fait entendre. « Un chef de famille » récite Tinvocation au père de la nature. « Recueillons, dit-il, nos pensées, élevons nos âmes, nous allons adorer le

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