‹ À la recherche d'une religion civileChapitre 58 sur 75 · Yoy. abbë de Boulogne^ Mélanges, 1. 1^^. 33i-33a · texte numérisé non relu

Yoy. abbë de Boulogne^ Mélanges, 1. 1^^. 33i-33a

246 A LA RECUëRCUE

tenir un tel langage, il faut se sentir porté par Tesprit public. Les institutions républicaines voyaient se retourner contre elles une force que Fabre d'Églantine avait invoquée en leur faveur. L'auteur du calendrier révolutionnaire avait placé au quintidi des sans-culottes la fête de V opinion j tribunal d'une espèce nouvelle, « tout à la fois gaie et terrible )), devant lequel devaient être convoqués chaque année les fonctionnaires publics pour être jugés sur leur administration. Malheur à ceux qui auront manqué à leurs devoirs, s'écrie Fabre d'Eglantine, ce qu'ils prennent garde à la fête de l'opinion! Ils seront frappés non dans leur fortune, mais dans leur personne, non même dans le plus petit de leurs droits de citoyen, mais dans l'opinion. Dans le jour unique et solennel de la fête de l'opinion, la loi ouvre la bouche à tous les citoyens sur le moral, le personnel et les actions des fonction-

naires publics x». Là loi donne carrière à rimaginâtion plaisante et gaie des Fran^çais. Permis à l'opinion dans ce jour de se manifester sur ce chapitre de toutes les manières. Les chansons, les allusions, les caricatures, les pasquinades, le sel de l'ironie, les sarcasmes de la folie seront dans ce jour le salaire de celui a qui n'aura pas répondu aux espérances du peuple ».

Fabre d'Eglantine terminait cet intéressant programme par cette réflexion : « La plus terrible et la plus profonde des armes françaises contre les Français, c'est le ridicule. Le plus politique des tribunaux, c'est celui de l'opinion. Cette fête de l'opinion seule est le bouclier le plus efficace contre les abus et les usurpations de toute espèce*. » Hélas! nous venons d'assister, en effet, à la fête de l'opinion, mais ce n'est pas celle dont le rapporteur

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