‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 23 sur 51 · D D NS · texte numérisé non relu

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les déserts de l’Arabie, leur lésislateur et le père de leur nationalité. Oublie-t-on de pareils hommes et perd-on facilement le souvenir de leurs écrits ? Ceci est d'autant moins admissible pour Moïse qu’il vécut dans l'intimité de tout son peuple. Il n’en est pas toujours ainsi de ceux qui sont les libérateurs de leur pays, des Washington et autres, que la plupart de leurs contemporains n’ont jamais vus et qui vivent pourtant si profondément dans la mémoire d’une postérité reconnaissante.

Or, si nous consultons les livres de l'Ancien Testament, postérieurs à Moïse, qu’il serait trop

long de citer, nous arrivons à cette conclusion, soit à cause des allusions nombreuses faites aux miracles et aux faits rapportés par le libérateur, soit à cause des citations empruntées aux livres mosaïques, que le Pentateuque était dans ces tenrps reculés ce qu’il est aujourd’hui : le récit de la création et des événements des premiers âges du monde, l’histoire de l’exode des Juifs de la terre de servitude, le mémoire détaillé de leurs longues pérégrinations dans les déserts de l'Arabie, l'attestation des miracles qui ont accompagné la délivrance du peuple de Dieu, et surtout, le code divin imposé par Dieu aux enfants d'Israël. En résumé, dit Vigouroux, toute l’histoire sainte présuppose le Pentateuque et les événements qui y sont racontés” “Et

ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans l’histoire de la législation hébraïque, ce qui en confirme l'antiquité et l’origine mosaïque d’une manière frappante, c’est nu’elle n’est pas faite, comme les autres législations, à l’image du peuple qu'elle régit. Elle ne sort pas de lui comme le fruit de l’arbre qui le porte, elle n’est pas l’expression de ses idées et de ses penchants ; elle est au contraire en opposition absolue avec ses goûts et ses inclinations,.et cependant, il # y soumet. Il est invinciblement porté à l’idolitrie, il y tombe souvent, il n’y persiste jamais.

Qu'est-ce qui l’en retire et empêche de s’y

perdre ? La Loi. Supprimez la Loi, supprimez

Moïse, supprimez le Pentateuque, et rien n’est intelligible dans son histoire. Israël n’a point

fait ses institutions, puisqu'elles sont en contra-

diction avec ses tendances, comme le constate le

Deutéronome même : “ Ego scio contentionem

tuam el cervicem tuum durissimum : Car je

sais quelle est votre obstination,et combien votre

tête est inflexible.” (1) Ses institutions remontent à son origine, puisque nous voyons cette

lutte entre la passion et le devoir à toutes les pé-

riodes de son histoire, depuis la captivité jus-, qu’au temps des juges. Ainsi, la vie même du peuple de Dieu, telle que nous la font connaître

(1) Deut, XXXI v. 27.

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tous les livres historiques, est le témoin de l’authenticité du Pentateuque.”

Une autre preuve que le Pentateuque a été écrit au temps de Moïse, sinon par Moïse luimême, c’est que la grande préoccupation de l’auteur est de déterminer les enfants d’Israël à faire la conquête de la terre promise. A toute autre époque, si ce n’est, à celle de Moïse, cette manière de parler n’aurait pas de sens. De plus, “auteur du Pentateuque mentionne tous les lieux connus aux époques anciennes, mais il a des omissions qui confirment indirectement son authenticité il; parle de Sidon, mais point ce Tyr, qui ne devint importante que vers l’époque de Josué ; il ne nomme jamais Jérusalem, ce qui serait inexplicable, s’il avait été écrit après David.”

D’ailleurs, s’il nous restait un doute sur l’antiquité du Pentateuque inscrit par le Concile de Trente au nombre des livres canonique:, il suffirait de consulter un vieux document connu

-sous le nom de ‘“ Pentateuque Samaritain ” qui q ;

très vraisemblablement, fut remis aux Samaritains en l’an 677 avant Jésus-Christ, par un prêtre du vrai Dieu que leur envoya le roi d’Assyrie. (1) Or, ce Pantateuque, connu des an-

(1) IV Reg., XVII, 27-27,

ciens Pères de l'Eglise et retrouvé au XVIIe siècle, est substantiellement le même que celui qui est imprimé dans nos Bibles.

Mais qu’est-il nécessaire de nous attarder à des preuves aui sont du ressort de l’érudition. des agiographes, quand nous avons des témoins contemporains de Moïse qui viennent attester l'authenticité du Pentateuque et nous dire avec un admirable ensemble que les cinq premiers livres de la Bible ont été écrits au temps de l’exode des Hébreux. Ces témoins, restés muets pendant des siècles parce qu’on ne comprenait’ plus leur langage, ont retrouvé la parole, grâce aux savantes études de Champollion, et ne sont autres que les monuments égyptiens. Ces monuments, comme on sait, sont couverts d’hiéroglyphes et retracent les faits historiques, les coutumes, les usages des différentes époques de l’histoire égyptienne. |

Or, si l’on met en regard les livres mosaïques tels que nous les avons et les caractères égyptiens qui ont traversé les siècles sur les ruines imposantes de Thèbes, de Memphis, etc., on arrive forcément à cette conclusion que les cinq livres du Pentateuque sont du temps des Ramsès; dix-huitième dynastie égyptienne, dont le dernier rejejon régna longtemps avant Salomon ; car ce qu’ils nous disent de l'Egypte, de sa position géographique, de ses coutumes, de

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son histoire et de ses relations internationales, ést absolument conforme aux témoiganges des monuments de cette époque.

Plus tard, le caractère de l'Egypte se modifie; d’autres pharaons succèdent aux Ramsès et la puissance égyptienne diminue ; les noms sémitiques deviennent à la mode sous la dynastie bubastte du temps de Salomon, et, avec les principautés aui divisent ce pays au temps d’Isaïe, l'unité du royaume disparaît. Sa physionomie nationale va s’altérant de plus en plus pour disparaître en quelque sorte à partir de son asservissement par les Perses de Cyrus.

Supposons maintenant que le Pantateuque, au lieu de remonter au temps de Moïse, ait été écrit à une époque postérieure à Salomon,comme le prétend le rationalisme allemand. Outre que ce fait aurait difficilement échappé-à la connaissance des Juifs qui vécurent en quelque sorte de leurs livres inspirés, comment son auteur aurait-il pu conserver à son -œuvre la couleur locale et retracer si fidèlement les coutumes et les usages égyptiens d’une époque déjà disparue ?

Cet accord parfait entre le Pentateuque et les monuments égyptiens qui viennent témoigner en faveur de notre Bible, après trente siècles, est d’une force écrasante contre la libre pensée. Ce sont là des coups de la science que lon invo-

que toujours contre la religion et qui invariablement témoigne en sa faveur !

Le Pentateuque est bien de l’époque de Moïse, Il fut écrit sous le règne de l’un des Ramsès, (1) et probablement,sous celui du grand Sésostris, 1600 ans avant Jésus-Christ. Et si Moïse n’en est pas l’auteur, qué done, de grâce, est l’écrivain du plus vieux livre du monde ? Qui donc est désigné par la tradition juive et chrétienne ? Allons ! sceptiques modernes, répondez ! Dites-nous quel est l’homme exiraordinaire qui s’est fait l'historien du monde et du peuple de Dieu ! Cherchez le nom d’un lettré, d’un législateur et d’un prophète qui,lors de l'exode des Juifs, a publié les cinq livres du Pentateuque ; et, ce qui est plus, il le faut de toute nécessité, étant donnée la gravité du sujet, donnez des preuves à l’appui de votre assertion.

En attendant vos savantes recherches et vos arguments, que nous vous prions de mettre d’accord avec la logique d’Aristote, nous continuerons à regarder Moïse comme l’auteur des cinq premiers livres de la Bible.

Cet homme extraordinaire, instruit de bonne heure dans les sciences égyptiennes, élevé à la cour de l’un des Ramsès, dévoué à ses frères jusqu'au plus complet sacrifice de lui-même, écrivain véridique jusqu’à l’aveu de ses propres

(1} Vigcuroux Manuel Biblique, vol, L; page 316: =

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sautes, nous inspire pleine confiance. Son témoignage, appuyé par celui de tout un peuple dont il raconte les gloires et les prévarications, doit avoir à nos yeux l'autorité de l’histoire Ja Plus authentique, et quoi qu’il affirme, nous croirons aux faits qu’il raconte.

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