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avec une ardeur qui tient un peu de la rage, ct ils n’ont rien épargné pour lui énlever sa valeur historique.
Voyons ce qui en est, et, suivant notre habitude, afin de nouysuivre notre marche en avant, nous allons fogmuler et démontrer quelques propositions :
10 Les Evanviles sont authentiques.
20 Ils ont été conservés intégralement.
30 Ils sont vrais.
Les Evangiles, qui sont du temps apostolique,
ont été écrits par les auteurs que leur assigne la tradition chrétienne, c’est-à-dire : St. Mathieu, St. Marc, St. Luc et St. Jean.
C’est du moins ce que pensait Origène qui vécut de 185 à 254. Il affirme .u commencement de son commentaire sur St. Mathieu qu’il a appris par la tradition qu’il y a quatre Evangiles “ qui sont seuls reçus sans contestation dans toute l’Eglise de Dieu qui est sous le ciel.” Il ne se contente pas d’en nommer les auteurs, mais il les commente dans leur suite historique et logique. Ce témoignage d’Origène est corroboré par ceux de Clément d'Alexandrie, d’Ammonius, de St. Grégoire le Thaumaturge, de St. Cyprien, de St. Hippolyie qui vécurent à la même époque.
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Tertullien, né en l’an 160 de l’ère chrétienne, et mort au commencement du 3ème siècle, par.
lait ainsi des Evangiles : “ L'autorité des Evangiles nous est garantie par les Eglises que les apôtres ont fondées et qui nous les ont transmis. Je parle ici des Evangiles de Mathieu et de Jean ; mais je pourrais aussi citer Mare, puisque sa narration est attribuée à Pierre, dont il était le secrétaire, et aussi celle de Lue, qui est attri- . buée à Paul.” (1) Et ailleurs “ N ous affirmons et nous prouvons que l'Evangile vient des apÔtres, auxquels le Seigneur lui-même a confié la charge de faire connaître la bonne nouvelle. Si des apostoliques y ont mis la main, ils n’étaient point seuls, mais ils marchaient avec les apôtres et après eux.”
“ D’entre les apôtres, Jean et Mathieu nous insinuent la foi ; d’entre les apostoliques, Luc et Marc nous la confirme.” (2) .
St. Irénée, qui fut disciple de St. Polycarpe, disciple lui-même de St. J can, n’est pas moins catégorique. Ecoutonsle : “ Telle est, dit-il, la certitude de nos Evangiles, que les hérétiques leur rendent témoignage et en empruntent l’autorité pour confirmer leurs doctrines. Les Ebionites qui se servent du seul Evangile selon St, Mathieu, peuvent être convaincus par ce même
(1) Tertull. contra Marc, IV, II, V.
(2) Tortull contr, Marc, XIV, II.
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Evangile qu’ils ont des sentiments erronés sur Notre-Seigneur. Marcion, qui retranche plusieurs choses de l'Evangile selon St. Luc, peut être refuté par les endroits mêmes qu’il a conservés. Ceux qui distinguent Jésus d’avec le Christ pourraient se corriger s’ils lisaient avec amour de la vérité l'Evangile selon St. Mure, qu’ils admettent. Les disciples de Valentin reçoivent l’Evangile de St Jean dans toute son intégrité. Il est donc facile de leur prouver qu’ils ce trompent.” (1)
St-Irénée naquit en 140, juste 40 ans après la mort de St. Jean l’Evangeliste.
Ces différentes citations nous montrent qu’au troisième siècle et dans la dernière partie du deuxième, il était admis par les plus grands génies de cette époque que les quatre Evangiles avaient été écrits par les apôtres désignés plus haut comme leurs auteurs.
Ces hommes, qu’une ou deux générations seulement séparaient des temps apostoliques, étaient mieux renseignés, ce me semble, que les rationalistes modernes pour résoudre la question qui nous occupe.
D'ailleurs, dans la période qui sépare St. Irénée des évangélistes, les preuves de gyenuité ne manquent pas aux quatre premiers livres du Nouveau Testament.
(1) St-Iré. Hæres, lib. III, cap. IL,
St. Justin, né en l'an 103, nous parle des Mémoires des apôtres, appelés Evangiles, qu’on lisait de son temvs avec les écrits des prophètes, 1. dans les assemblées chrétiennes, Et, s’il ne dési- 1 |: sne pas les évangélistes par leurs noms, il nous laisse au moins pressentir de qui il veut parler en disant que ces mémoires “ ont été composés par les disciples du Christ ” c’est-à-dire, St. Mathieu et St. Jean, “ et leurs compagnons ”, c’està-dire St. Marc et St. Luc. À
Un disciple de St. Jean, Papias, mort vers l'an 180 de notre ère, raconte expressément, dans un passage conservé par Eusèbe, que Mathieu avait écrit en hébreu les discours (logia) du Sauveur. Ce mot logia ne désigne pas seulement un recueil de discours, comme on l’a prétendu, mais il comporte aussi la relation des faits, comme l’a fort bien démontré Mgr Freppel par l’examen des fragments de Papias, conservés par Eusèbe,
Le même Papias nous parle longuement de St. Mare, disciple de Pierre.
“Voici, ajoute-t-il, ce que disait Ariston :“Mare interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce qu’il tenait de lui et le conservait dans sa mémoire; mais il n’a pas écrit dans l’ordre chronologique ce qui avait été dit ou fait par le Christ, Car il n’avait pas entendu le Seigneur et ne l'avait pas suivi comme son disciple.” Papias
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explique ensuite comment il se fait que St, Marc n’a pas suivi l’ordre chronologique : “ Plus tard il s’attacha à Pierre qui donnait ses enseignements selon les besoins (de ses auditeurs) et non dans la pensée de faire une histoire suivie des logia (discours, oracles) du Seigneur.”
Ainsi, nous sommes fixés maintenant, par cette citation, sur le sens du mot logia. Nous croyons, avec Mgr Freppel, que l’auteur qui désigne aussi l’évancile de St. Mare sous le nom d'histoire des discours (logia) du Seigneur, comprend sous cette dénomination la relation des faits ; car, il ajoute que St. Marc dans son histoire des discours a écrit ‘ce qui avait été dit et fuit pur le Christ.
St. Mathieu et St. Marc, n’ont donc pas écrit, d’après Papias, un simple recueil de discours, mais bien une relation des paroles et des actes du Sauveur, en d’autres termes, l’Evangile tel que nous l’entendons.
Ce témoignage d’un écrivain qui vécut à la fin du premier siècle et au commencement du deuxième, est décisif et nous prouve à l’évidence l’authenticité des deux plus anciens évangiles écrits, l’un vers l’an 41 (celui de St. Mathieu), et l’autre vers l’an 47 (celui de St. Marc).
Quant à l'Evangile de St. Luc, rédigé entre les années 55 et 60, et celui de St. J ean, écrit entre 30 et 100, il nous semble que les témoignages in-
voqués jusqu'ici suffisent amplement pour dé. montrer qu'ils ne peuvent être attribués qu'a" .x auteurs reconnus par la tradition.
S'il reste des doutes à quelqu'un de mes lecteurs, je les renvoie à Muratori, auteur d’un ca- É tologue des livres canoniques reçus au Ile siècle par l'Eglise,
Sur ce catalogue, qui remonte probablement à l’an 142, les vers ont rongé les noms de St. Mathieu et de St. Luc, tout en laissant intacts leurs Evangiles, mais ils ont respecté ceux de St, Mare et de St. Jean qui, d’après le vénérable Canon, furent les auteurs du deuxième et du quatrième Evangile.
Concluons maintenant cette première ‘partie de notre démonstration par cette réflexion. S'il fallait aux auteurs profanes exhiber leurs lettres de créance avec un soin aussi minutieux que celui qu’exige Ja critique des livres saints, il n’en
est pas un seul, un peu ancien, qui pourrait défendre avec avantage son authenticité, I] faudrait proclamer le scepticisme au détriment des auteurs du moyen-âge, du siècle d’Auguste et de Périclès ; ceux du dix-septième échapperaient à grande peine, et, si J'en excepte Bossuet, Corneille, Racine, Molière et Lafontaine dont le génie ne saurait facilement s’escamoter, il fandrait aux autres une résurrection en bonne et due forme, un certificat de naissance et l’attes-
der in dis
154 La DIVINITÉ DU CHRISTIANISME
tation d’une dizaine de témoins oculaires pour décide l’école rationaliste de Thubinge à leur reconnaître la paternité de leurs œuvres
Les Évangiles ont été conservés intégralement. C'est-à-dire que le texte primitif est parvenu jusqu’à nous, au moins sans altérations notables,
La libre pensée voudrait vainement nous faire croire que le temps, les exigences de la polémique et la pieuse imagination populaire ont dénaturé les Evangiles, soit par des interpolations, soit par des ratures ou des additions.
Cette prétention est complètement démentic
par les découvertes de la science et les études approfondies du texte biblique.
* Toi, notre travail se trouve simplifié par les recherches laborieuses des savants plus ou moins hostiles à la Bible et par les doctes travaux des écrivains catholiques.
On s’est livré dans les deux derniers siècles à des recherches très minutieuses pour découvrir quel était le texte primitif du Nouveau Testament et surtout des Evangiles.
Le résultat de ce grand procès, fait par la science aux livres Saints, et où chacun de leurs versets et même de leurs expressions fut l’objet d’une enquête rigoureuse, a été le triom-
phe complet et définitif de la Vulgate qui est le texte autorisé de l’Eglise catholique.
Voici comment on a procédé : |
L’Evangile n’a pas été, comme les œuvres de certains auteurs, un dépôt encombrant chez un Hbraire ou un-pur ornement de bibliothèque. Il fut dès son origine répandu chez tous les peuples, traduit dans toutes les langues, lu, médité par tout le monde chrétien et cité par tous les Pères de l'Eglise.
On comprend de suite que le texte d’un pareil livre ne pouvait se perdre.
I1 subsiste dans les versions, les citations des Sts. Pères et les manuscrits.
10 Les versions ou traductions des Evangiles sont nombreuses dès les premiers temps du Christianisme. Les plus célèbres sont la vieille ltalique, vetus Italica, version latine citée par Tertullien et St. Irénée,antérieure pour le moins à l’an 150 de l’ère chrétienne ; la version syriaque, plus ancienne encore, dite Peschito, publiée Par le docteur Cureton, en 1858, d’après l’un des manuscrits syriaques enlevés aux monastères de Nitrie et déposés à Londres au Musée britannique ; les trois versions coptes ou égyptiennes du troisième siècle ; la version éthiopienne, qui remonte à l’époque de la propagation de la foi dans l’Abyseinie, et la version gothique du quatrièm> siècle ; enfin la version arménienne. qui est du cinquième siècle. :
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156 LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME
20 Les citations des Pères et des auteurs ecclésiastiques. Tous les ouvrages des premiers Pères de l’Eglise ne sont pas, il est vrai, parvenus jusqu’à nous ; mais, “ quoique la plupart de leurs travaux soient perdus, on compte encore du premier siècle à la fin du quatrième, plus de deux cents auteurs ecclésiastiques, grecs, latins, syriaques, de l'Asie Mineure, de l'Italie, de l’Afrique, de la Palestine dont il nous est parvenu.quelques écrits.” (1)
Or, presque tous ces écrivains citent le Nouveau Testament êt particulièrement les Saints Evangiles, On pourrait reconstituer ces derniers presque en entier avec ces citations, Et, chose admirable qui nous prouve à l’évidence l’authenticité de ces livres, c’est que, à l'instar des êtres animés que l’on retrouve à l’état de fossiles dans les couches géologiques qui cortespondent aux époques de leur création, on voit apparaître successivement les quatre évangiles, d’après leur ordre d’ancienneté, dans les écrits deg Pères apostoliques.
Ainsi, St. Barnabé, le plus ancien des auteurs ecclésiastiques ne cite que St. Mathieu ; St. Clément, qui écrivit quelques années plus tard, reproduit St. Mathieu et St. Marc ; St. Polycarpe cite St. Mathieu, St. Marc et St. Luc, ete. Ces
(1) Vigouroux, Manuel Biblique, vol. 3, page 17.
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trois écrivains ne font aucune allusion à l’Evangile de St. Jean qui n’avait pas encore paru.
“ Unissez, dit Mgr Bougaud, les neuf cent vingt-cinq textes cités par Tertullien, les quatre cent soixante-neuf textes de St. Irénée, les soixante-cinq textes de St. J ustin, les quarante textes des Pères apostoliques, vous reconstituez l'Evangile en entier ; à la manière de ces divines statues de l’art grec, l’Hercule Farnèse, l’Apollon du Belvédère, qui sont sorties de terre, fragmentées, mais presque complètes, et où les parties qui manquent ne font que mieux ressortir l’inimitable beauté de ce qui reste.”(1)
30 Les manuscrits, “ A défaut des minutes tracées par les. Apôtres nous avons des copies’ manuscrites plus ou moins anciennes. ... On connaît maintenant près de 2000 copies du Nouveau Testament, De ces manuscrits, une centaine au moins sont en lettres onciales et: généralement d’une époque antérieure au onzième siècle. Ce sont ceux qui attirent le plus l'attention et que l’on a le plus étudiés.
“ Deux remontent au quatrième siècle : le Codex Vaticanus qui est au Vatican depuis 1475 ct qui a été publié par le P. Vercellone (1869- 1871), celui du Sinaï, Codez Sinaiticus, découvert et publié par Tischendorf (1859-1863).
Tr ) Le Christianisme et les temps présents, vol. 2, page 36,
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“ Deux sont du cinquième, l’Alexandrin du musée britannique, acheté, en 1698, par Charks Ier, au patriarche d’Alexandric, Cyrille Lu- Car, et publié en 1707-1720 ; et le Codex regius, de la Bibliothèque nationale de Paris, palimpscste, publié en 1843.” (1)
Trois sont du sixième, celui de Cambridge, celui de Dublin et celui de Clermont. Les autres manuscrits, qui sont en lettres minuscules, re remontent pas au-delà du IXe siècle.
Comme on le voit, malgré la destruction d’un grand nombre de manuscrits G'i ont subi, Cozime tout ce qui passe, les injures du temps, il en reste un nombre assez considérable que la critique peut comparér entre eux et mettre en regard avec les citations des Pères et les différentes versions des Evangiles,
Maintenant, on comprendra facilement que, si, par l'étude comparée de tous ces textes, on ne découvre aucune altération notable des Evangiles, il faut de toute nécessité que ces livres soient aujourd’hui ce qu’ils ont toujours été.
Or, la critique a fait son œuvre, elle a relevé sans doute un grand nombre de variantes dans les différents textes des Evangiles. Mais “ des deux cent mille variantes que pourrait fournir l'étude des manuscrits des versions et des Pères, il n’y en a pus plus de 1800 à 2000 (dans tout
(1) Mai uel Biblique, vol. 3, page 20.
le Nouveau Testament) qui méritent attention; et sur ce nombre, il en est une douzaine au plus qui ont une certaine importance dogmatique, sans qu'aucune mette le moins du monde en péril la pureté de ia doctrine, Les autres sont Purement orthographiques ou grammaticales.” (1).
Il est véritablement étonnant que les copistes, les tradueteurs et ceux qui ont cité le Nouveau Testament, n’aient pas commis plus d’erreurs.
Quoi qu’il en soit, ,on retrouve partout, substantiellement du moins, dans ces différents textes et versions le sens complet de la Vulgate, et, sur les quelques milliers de versets qui se trouvent dans nos quatre Evangiles, il n’y en a seulement que douze en St. Mare, deux en St. Luc ct deux en St. Jean qui ne soient pas reconnus par la critique comme authentiques. Encore, est-il des doutes en leur faveur, et tout porte à présumer que de nouvelles découvertes vien-
‘dront dissiper les nuages et montrer que l’Eglise catholique a su garder fidèlement jusque dans ses moindres parties le dépôt précieux des Ecritures qu’elle reçut des Abpôtres.
Ce triomphe du texte évangélique de la version Vulgate contre les efforts d’une critique plus ou moins hostile nous permet de conclure à son intégrité.
{1) Manuel Biblique, 3 vol. page 925.
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Les Evangiles sont veridiques, Trois raisons nous portent à croire que les évangélistes ne EOus ont pas trompés dans leurs récits.
D'abord, ils étaient parfaitement renseignés sur les paroles et les actions du Christ dort ils se sont faits les historiens.
St. Jean et St. Mathieu vécurent en effet avec lui, en qualité d’apôtres, pendant trois années. Ils furent les compagnons de ses courses évangéliques, les disciples assidus de ses sublimes enseignements et les témoins émerveillés de ses prodiges.
St. Marc et St. Luc furent les disciples des apôtres. Ils partagèrent leurs travaux et re- Cueillirent de la bouche, l’un de St. Pierre, l’autre de St. Paul,les faits racontés dans leurs évangiles,
Ils écrivirent tellement sous leur inspiration que, d’après Tertullien, la narration de St. Mare est attribuée à Pierre et celle de St. Luc à l’apôtre des Gentils.
Etant parfaitement instruits des paroles et des actions du Christ, les évangélistes devaient, en leur qualité de “ témoins,” en faisant leurs récits, se tenir dans les limites de la plus stricte vérité. Le témoignage d’un seul ne vaut rien devant la loi: Unius testis nüullus testis. Mais celui de quatre témoins parfaitement rensei-
gnés, qui parlent dans le même sens,est présumé vrai devant toutes les cours de justice.
Et, qu’on ne vienne pas dire que les évangélistes ont trompé leurs lecteurs pour des motifs d'intérêt personnel, afin d’implanter sur la terre un culte religieux dont ils étaient les ministres |! L'imposture n’a jamais, que nous sachions, rêvé Pour récompense les persécutions et la mort.
“ Je crois, disait Pascal, des témoins qui se font égorger.”
Or, les écrivains qui ont écrit la vie du Christ n’ont reçu en ce monde, pour prix de leurs travaux, que pauvreté, humiliations, souffrance et martyre,
D'ailleurs, l’auraient-ils voulu, qu’ils n’auraient pu mentir.
L’Evangile, tel qu’il est, par les faits qu’il raconte, prouye, ou tend à prouver, la divinité de Jésus-Christ. C’est done un livre d’une im- Portance capitale. Il a toujours été le cauchemar des ennemis du nom chrétien et la base des Croyances des disciples du Christ.
T1 fut écrit du vivant de la Synagogue juive qui avait conduit au supplice‘le Galiléen Jésus, Parce qu’il s’était proclamé le Fils de Dieu, et qui, poursuivant le maître dans la personne des disciples, ordonnait que ces derniers fussent emprisonnés, fouettés et même lapidés.
Il fut écrit sous les yeux du paganisme qui voyait dans la doctrine nouvelle la censure de
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ses vices et la condamnation de ses erreurs du vivant des autres apôtres à qui une divinité menteuse du Christ n’aurait rapporté aucun profit ; enfin, à la demande du peuple chrétien qui ne trouvait dans les enseignements évangéliques qu’une religion de renoncement et, pour toute perpective en ce monde, que des instruments de torture et l’arène ensanglantée des cirques,
Comment, en de semblables conditions, les évangélistes auraient-ils pu altérer les faits ou fausser l’histoire ? —
Quelle clameur furieuse se serait alors élevée de la SÿYnagogue et du sein du paganisme !
Quelles protestations indignées de la part des autres apôtres et, surtont, quels reproches venus de tous les rangs de la société chrétienne !
Et, cependant, qu’a-t-on vu ? L'histoire est là pour nous l'affirmer. Le J udaïsme, à l’appa-
rition des Evangiles, ne fait pas entendre la moindre
dans l’om
la religion du Christ, mais, malgré leur puissance souveraine, tils n’osent déchirer une seule Page, que dis-je, retrancher une seule ligne du récit qui justifie leurs victimes.
autres apôtres continuent, sang s’inquié-
ter, leurs courses à travers le monde et portent
jusqu’à ses extrémités, les enseignements qu :
christianisme, pendant que le peuple chrétien, devenu légion, sur la foi des narrations évangéliques, oppose ses vertus aux vices monstrueux du paganisme et vole à la mort avec un courage qui lasse les bourreaux et décourage les Jersécuteurs,
Personne, dans les premiers temps de l’ère chrétienne, n’a donc élevé la voix contre les prétendus mensonges des Evangiles qui, d’un autre côté, n’ont pu passer inaperçus à cause de leur importance et de leur publicité.
Personne n’a protesté ou ne s’est inscrit en faux contre la narration des apôtres, parce qu’elle était conforme à la plus stricte vérité.
Amis ou ennemis, tous ont pris ce livre sous leur protection et, par leur silence, sont devenus solidaires de son témoignage, nous répondent de sa valeur historique.
Le débat est maintenant clos sur cette question qui semble bénéficier des droits de la prescription.
Messieurs Renan, De Wette, Bauer et autres sont June époque trop récente pour infirmer ou diminuer l'autorité des écrits apostoliques.
Libre à eux de s’en prendre à leurs amis de la Synagogue ou à leurs cousins du paganisme,qui ont stupidement luissé monter l'afuire des Evangiles, sans réclamer.
tubniienmnnes "PEN ter astres a
164 LA DIVINITÉ pu CHRISTIANISME .
Pour nous qui cherchons la vérité sans parti pris, nous croyons simplement ce qu’enseigne la grande voix de la traditior, c’est-à-dire, que pour tout homme de bonne foi, l'Evangile reconnu par l’Eglise catholique est un terrain solide où nous pouvons prendre pied pour étudier la qnestion souverainement importante de la divinité du Christ et de sa religion.
ve CHAPITRE V